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Entreprise: Carrefour, Casino: la Covid-19 a-t-elle été rentable pour la grande distribution?

Risque de salmonelles : Auchan rappelle de la saucisse sèche

  Risque de salmonelles : Auchan rappelle de la saucisse sèche La campagne concerne la marque Maison Milhau Nature qui produit de la "Saucisse sèche de foie 250g".L’ensemble des produits portant le code EMB 81 124 H et le numéro d’agrément sanitaire FR 81 124 012 CE sont retirés de la vente. Certains produits ont toutefois pu être achetés avant cette alerte et la marque demande à toute personne qui détiendrait un de ces lots de saucisse de ne pas les consommer et de les détruire ou de les rapporter en magasin pour se faire rembourser, détaille Auchan dans un communiqué.

Rayon de supermarché © AFP/Archives - DENIS CHARLET Rayon de supermarché

Après la publication de chiffres d'affaires en forte hausse pendant le confinement, les résultats semestriels de Carrefour et Casino, dévoilés les 28 et 30 juillet, étaient fortement attendus par le marché. Avec une question phare à la clé: la croissance exceptionnelle des ventes liée à la Covid-19 a-t-elle été rentable, malgré les surcoûts associés?

C'est une question qui a beaucoup agité les marchés financiers les derniers mois: in fine, la crise du coronavirus aura-t-elle été bénéfique pour la grande distribution? En pleine mutation, concurrencé de toutes parts, ce secteur s'est soudainement retrouvé dans une situation de monopole artificiel pendant le confinement. Mécaniquement, la fermeture des cafés, restaurants, cantines d'écoles et d'entreprises, et de certains marchés, a, pendant plusieurs semaines, dopé les ventes des Carrefour, Casino, Auchan, Intermarché, Leclerc, Système U, Lidl et Aldi. Les chiffres trimestriels dévoilés en avril en avaient apporté la preuve concrète: croissance comparable de 4,3% en France pour Carrefour, de 5,8% pour Casino. Reste que les analystes et investisseurs, comme les dirigeants eux-mêmes, avaient prévenu: cette période avait aussi généré son lot de nombreux surcoûts logistiques, matériels, de personnel. A l'époque, toutefois, il était encore trop tôt pour les chiffrer. C'est désormais chose faite.

Comment SNCF, Campanile et Club Med se démènent pour sauver vos vacances... et leurs marges

  Comment SNCF, Campanile et Club Med se démènent pour sauver vos vacances... et leurs marges Les Français s’apprêtent enfin retrouvent le chemin des vacances. Sans soupçonner les sommes d’énergie et les trésors d’ingéniosité que les professionnels du tourisme ont dû déployer. Coulisses. Pour préserver l’été des Français, tout se joue sur des détails. Et, parfois, au plus haut niveau de l’Etat. Selon Nicolas Dayot, le président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), c’est Emmanuel Macron, en personne, qui a pris, le 28 mai dernier, la décision d’autoriser les piscines des quelque 8.000 campings de France à rouvrir: «Le coordinateur du déconfinement à l'époque, Jean Castex, était réservé.

Surcoûts temporaires liés à la crise

En dévoilant leurs résultats semestriels respectivement les 28 et 30 juillet, Carrefour et Casino ont aussi dressé un bilan du coût de la Covid-19. Résultat? "Le virus, hormis la prime versée aux employés, a eu un impact à peu près neutre sur la marge des groupes", pointe Clément Genelot, analyste à Bryan Garnier. "Si l'on intègre cette prime, son impact est même négatif." Dit autrement, les ventes additionnelles liées à la pandémie n'ont pas été rentables. La présentation commentée par David Lubek, directeur financier du groupe Casino, détaille ainsi le calcul de façon explicite pour le périmètre France: "La crise sanitaire a généré un effet activité de + 80 millions d'euros qui a été plus que compensé par des surcoûts temporaires liés aux mesures prises en urgence pour assurer l’approvisionnement des populations dans des conditions dégradées."

Risque de Listeria, Carrefour rappelle des crêpes au sucre de canne

  Risque de Listeria, Carrefour rappelle des crêpes au sucre de canne Les paquets de crêpes Bio au sucre de canne de la marque Carrefour sont rappelés pour des soupçons de Listéria. Par mesure de précaution, la société Jarnoux qui fabrique des produits alimentaires rappelle un lot de crêpes au sucre de canne de la marque Carrefour Bio. Il s’agit de tous les lots commençant par 188, avec le code barre 3560070962723, estampille sanitaire FR 22 093 041 CE, avec une date de péremption au 26 juillet 2020.

Et de lister les fameux coûts: 27 millions pour la logistique, 28 millions pour les renforts de personnels, 38 millions pour protéger les collaborateurs et les clients et 37 millions pour la fameuse prime exceptionnelle aux hôtes de caisse. Bilan? Un impact négatif de 50 millions sur le résultat opérationnel courant en France, l'indicateur qui fait foi dans la grande distribution. Au total, sur le semestre, il chute de 28,7%, à 148 millions d'euros. Celui du groupe baisse de 15% à 386 millions d'euros. Mais si la Covid-19 tient une responsabilité dans cette dégradation des performances financières, pour Clément Genelot, "l'explication principale est à chercher ailleurs. J'en viens à la conclusion que Monoprix souffre, en raison des difficultés du textile."

De la même manière, à l'inverse, les bons résultats financiers de Carrefour ne sont pas à attribuer au coronavirus. "L'augmentation de la marge est due aux réductions de coûts engagées l'an dernier", note Clément Genelot. Si le ROC du groupe progresse de 29%, à 718 millions d'euros, au-delà des estimations des analystes, et qu'il augmente légèrement en France, de 120 à 125 millions d'euros sur un an, c'est en raison du vaste plan d'économies lancé par le PDG Alexandre Bompard. Le patron a d'ailleurs annoncé le réhausser de 2,8 milliards d'euros à 3 milliards en année pleine à fin 2020. Comme pour Casino, la facture de la pandémie se révèle salée. Le distributeur n'a pas dévoilé en détails le montant des coûts logistiques, de personnel et de matériel. Mais à elle seule, la prime aux hôtes de caisse lui a coûté 128 millions d'euros.

Lyon, Grenoble... où peut-on encore investir dans l'immoblier locatif en Rhône-Alpes ?

  Lyon, Grenoble... où peut-on encore investir dans l'immoblier locatif en Rhône-Alpes ? Après le confinement, certains secteurs de la région devraient conserver un beau potentiel de séduction pour les investisseurs. Etat des lieux. Accélération des ventes, raréfaction de l’offre puis hausse drastique des prix : le succès de l’investissement immobilier dans la région commençait à lui porter préjudice. Le confinement est venu changer la donne, avec un arrêt brutal des ventes et bien des incertitudes pour les mois à venir. Mais la pierre garde les attraits d’une valeur refuge, à condition de connaître les quartiers les plus solides.

D'autres effets indirects du coronavirus

Les mauvaises langues qui, en plein confinement, voyaient les distributeurs comme des profiteurs de crise ont donc tout faux. Avec le coronavirus, leurs poches ne se sont pas remplies de pièces sonnantes et trébuchantes. Bien au contraire, les effets négatifs de la pandémie sont protéiformes, et pour certains, indirects. "Casino est très présent à Paris, en Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d'Azur", rappelle Clément Genelot. "Or, les flux touristiques ont beaucoup diminué dans ces zones. Pour moi, le troisième trimestre est à risque. Par ailleurs, à cause du virus, le plan de cession de 4,5 milliards d'euros d'actifs risque de déraper: le groupe Casino, qui avait annoncé le clore au premier trimestre 2021, ne communique plus de date." Sans compter la baisse de pouvoir d'achat annoncée qui risque de raviver la guerre des prix entre distributeurs... et de rogner davantage encore leurs marges. Enfin, Carrefour subit un déclin de ses activités annexes: services financiers en baisse et plus risqués donc plus coûteux, billetterie à l'arrêt pendant le confinement, ventes d'essence en chute à cause des restrictions de déplacement en mars, avril et mai... Au total, l'impact négatif de ces activités connexes sur la marge atteint tout de même 120 millions d'euros.

Pour autant, le groupe a maintenu les objectifs financiers de son plan Carrefour 2022, quand Casino, à l'inverse, a indiqué qu'il n'était toujours pas en mesure de fixer de nouveaux objectifs financiers pour 2020. Les investisseurs s'en inquiètent, tout comme ils craignent de voir le niveau d'endettement de Casino augmenter, alors que sa maison mère, Rallye, mène toujours une course contre la montre pour se désendetter. Dans le même temps, alors que la perte nette de Carrefour s'est fortement réduite, de 458 millions d'euros l'an dernier, à 21 millions cette année, Casino, en face, a vu son résultat net passer dans le rouge: après un bénéfice de 12 millions au premier semestre 2019, le groupe affiche une perte nette de 87 millions pour le premier semestre 2020. De quoi expliquer que le cours de Bourse de Carrefour ait augmenté de 1,36% à 13,81 euros le 29 juillet vers 10h, quand celui de Casino chutait de 15,08% à 22,13 euros vers 11h30 ce jeudi 30 juillet.

Risque de listeria, mauvaise étiquette… Auchan rappelle du cabillaud, Casino du fromage de tête .
Les deux enseignes rencontrent plusieurs soucis avec certaines de leurs produits. Des rappels ont donc été diffusés auprès des consommateurs. De nouveaux produits alimentaires sont rappelés. À la suite d'un problème concernant l'étiquetage, Auchan a décidé de rappeler, jusqu'au 28 août prochain sa "barquette de filet de cabillaud 300 g Auchan Le Poissonnier", indique l'enseigne dans un communiqué. Le souci d'étiquetage porte sur la date limite de consommation, est-il précisé.

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