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Immobilier: «Airbnb partout, logements nulle part» : contre «les dérives» des meublés de tourisme, des collectifs font maison commune

Immobilier : propriétaires, que faire face au couac des diagnostics énergétiques ?

  Immobilier : propriétaires, que faire face au couac des diagnostics énergétiques ? Depuis leur mise en place au 1er juillet, de nombreuses anomalies ont été constatés sur les nouveaux diagnostics de performance énergétique (DPE). Des milliers de logements anciens ont été catégorisés, parfois à tort, comme des passoires thermiques. Face à ce gros couac, les propriétaires qui le peuvent sont incités à suspendre provisoirement la vente de leur logement. Explications Ce sont des anomalies qui pourraient coûter cher aux propriétaires, et surtout compliquer leurs transactions. Le 1er juillet dernier, le gouvernement lançait la nouvelle version du diagnostic de performance énergétique (DPE).

FILE PHOTO: The Airbnb logo is seen on a little mini pyramid under the glass Pyramid of the Louvre museum in Paris, France, March 12, 2019. REUTERS/Charles Platiau/File Photo/File Photo © Charles Platiau FILE PHOTO: The Airbnb logo is seen on a little mini pyramid under the glass Pyramid of the Louvre museum in Paris, France, March 12, 2019. REUTERS/Charles Platiau/File Photo/File Photo

La porte d’entrée marron ne paie pas de mine. Mais niché entre une bijouterie et une enseigne de restauration rapide sur la place de l’Opéra, à Paris, l’immeuble abrite bien le siège français du géant des meublés de tourisme Airbnb. C’est sur le pas de cette porte que, samedi, plusieurs collectifs ont décidé d’organiser une conférence de presse contre «les dérives des locations de courte durée» et pour réclamer leur plus strict encadrement, au milieu des touristes et des flâneurs. «Airbnb partout, logements nulle part», pouvait-on lire sur une banderole.

Comment stocker toutes ses affaires dans un petit appartement?

  Comment stocker toutes ses affaires dans un petit appartement? Manque d’espace dans les grandes villes «Ce n’est pas toujours évident, c’est sûr que j’aimerais avoir plus de place mais c’est difficile de trouver plus grand ici». Cela fait maintenant six ans que Coralie habite en région parisienne. Elle est passée de la chambre de bonne dans une ville cossue du 92 à la colocation avec sa meilleure amie en plein centre de Paris, avant de déménager dans un appartement de 26 mètres carrés dans une banlieue collée à la capitale.

Parmi les militants, Véronique Deschamps et Franck Rolland du collectif «Saint Malo, j’y vis, j’y reste». La commune d’Ille-et-Vilaine a mis en place l’une des réglementations les plus drastiques de France pour encadrer les locations de courte durée, avec notamment l’instauration de quotas de meublés touristiques à ne pas dépasser par quartier (12,5 % intra-muros, 1 % ailleurs), la limitation à une seule demande par propriétaire ou encore l’impossibilité pour les sociétés civiles immobilières (SCI) et les personnes morales de louer des appartements via les plateformes de type Airbnb et Abritel. Et pour cause : la pittoresque commune bretonne est confrontée au «développement exponentiel» des locations de courte durée, explique Franck Rolland, également l’un des organisateurs de l’événement. «On n’est pas contre les locations de tourisme, mais on est contre la massification, indique-t-il. C’est devenu de la véritable spéculation immobilière.»

Cinquième des locataires disent une santé blessée par des logements pauvres - Abri

 Cinquième des locataires disent une santé blessée par des logements pauvres - Abri La santé d'un cinquième locataire en Angleterre est en train de faire du mal à leur domicile, la recherche indique. © Dominic Lipinski La santé d'un cinquième des locataires en Angleterre est en train de faire du mal à leur domicile, des recherches indiquent (Dominic Lipinski / PA) environ 22% des locataires ont déclaré que leur santé physique ou mentale est blessée par des logements pauvres, selon l'abri de charité.

«J’ai vu débarquer des valises et des inconnus»

Véronique Deschamps, qui vit à Saint-Malo depuis quarante-deux ans, raconte subir une «souffrance» qui «a commencé en avril 2016», après qu’un propriétaire de son immeuble a converti un logement en meublé de tourisme. «J’ai vu débarquer des valises et des inconnus dans mon immeuble, relate l’ancienne coiffeuse. J’ai été estomaquée.» Elle évoque le bruit et le sentiment d’insécurité. Aussi, à cause de ces locations, «les prix augmentent et les gens sont obligés de s’installer en périphérie». «Les saisonniers ne trouvent plus de quoi se loger, donc certains commerçants ne trouvent plus de saisonniers», affirme-t-elle.

A Paris, Jeanne et Solène (1) du collectif Droit au logement (DAL) ont elles aussi eu à faire avec des nuisances causées par la présence de deux meublés de tourisme dans leur «petit immeuble de dix appartements appartenant au même propriétaire». Elles décrivent les allers-retours, «les valises qui défoncent les parties communes», les sollicitations des touristes, les insultes, les menaces parfois. Confrontées à l’indifférence du propriétaire, elles ont décidé de se mobiliser. D’autant plus que l’an dernier, les soirées se sont multipliées dans les locations saisonnières. «Ça a vrillé, tranche Jeanne. En deux mois, il y a eu six fêtes avec des dizaines de jeunes à chaque fois.» Alors, pour alerter, elles ont déployé une banderole sur leur immeuble et fait circuler une pétition. «Ça a marché», annoncent-elles, puisqu’une inspection a eu lieu. L’un des meublés, qui «n’était pas dans les clous» parce qu’il n’était pas enregistré auprès de la mairie, a cessé ses activités.

Avec la crise sanitaire, certaines villes choisissent de surtaxer les résidences secondaires

  Avec la crise sanitaire, certaines villes choisissent de surtaxer les résidences secondaires Marseille, Montpellier, Bordeaux, Sète, Biarritz, La Rochelle… Les villes où le nombre de résidences secondaires accroît les tensions sur le marché du logement décident de majorer leur taxe d’habitation, parfois jusqu’à 60 %. Un an et demi après le début de la crise sanitaire, qui a confiné la France pendant plusieurs mois, le marché des résidences secondaires est en plein essor. A tel point que les prix flambent dans de nombreuses communes très prisées et accentuent un peu plus les tensions sur le marché du logement. C’est particulièrement vrai sur les littoraux, ainsi que dans les grandes villes, notamment du sud de la France.

De son côté, Airbnb assure avoir pris le problème des fêtes à bras-le-corps. «Nous avons notamment introduit des mesures automatisées, qui permettent d’empêcher dans certaines circonstances les personnes de moins de 25 ans disposant de moins de trois commentaires positifs de réserver un logement entier à proximité de leur lieu de résidence», explique la plateforme. En un an, le dispositif aurait permis de bloquer plus de 240 000 personnes en France, pour réduire le nombre de fêtes non autorisées dans les logements.

L’hôtel de ville d’Anglet en location

Demeure la question de la pression locative. Emma Tosini, de l’association Alda («changer» en basque), est venue pour faire entendre la voix des habitants des quartiers populaires. «Le Pays basque est une zone de forte tension immobilière et locative, décrit la porte-parole d’Alda. On n’y compte que 15 000 logements sociaux, il n’y a qu’une attribution pour six demandes. Les logements du parc privé sont, quant à eux, transformés en meublés touristiques alors qu’ils pourraient être loués [par des personnes qui en ont besoin]. On estime qu’il y a entre 6 000 et 7 000 meublés de tourisme sur 41 000 logements.» Pour Emma Tosini, on peut expliquer ce «redéploiement d’Airbnb sur les territoires ruraux et littoraux» par le fait que plusieurs grandes villes et agglomérations, telles que Paris, Marseille ou Bordeaux, ont mis en place des mesures pour encadrer les locations saisonnières.

A Saint-Malo, la bataille fait rage pour encadrer « la spéculation immobilière » des locations Airbnb

  A Saint-Malo, la bataille fait rage pour encadrer « la spéculation immobilière » des locations Airbnb Plusieurs collectifs doivent prendre la parole ce samedi devant le siège parisien de la plate-forme de location en ligne © C. Allain / 20 Minutes Une plage de Saint-Malo, photographiée depuis les remparts. TOURISME - Plusieurs collectifs doivent prendre la parole ce samedi devant le siège parisien de la pl Leur ville est sans doute l’une de celle qui a pris la décision la plus radicale en France. Mais leur combat ne s’arrête pas là. Ce samedi, plusieurs collectifs prendront la parole devant le siège français de l’entreprise Airbnb à Paris.

L’association basque pointe aussi le manque de contrôle des logements par les plateformes. Pour illustrer son propos, elle a récemment inscrit sur Airbnb… la mairie d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques) comme bien à louer. L’annonce avait beau préciser l’adresse de l’hôtel de ville, cette «maison chaleureuse au cœur d’Anglet, une ville qui sait accueillir…», comme le décrivait l’annonce, a bien été enregistrée sur la plateforme via son système automatisé. Un écueil que la commune voisine de Biarritz souhaite éviter en imposant de faire valider les biens à louer par les services municipaux avant toute mise en ligne. Mais Airbnb s’oppose à cette obligation, estimant illégal le délai d’instruction par la mairie, et ne demande pas, pour l’instant, à ses hébergeurs biarrots de respecter cette procédure.

«Il n’y a aucun intérêt à visiter une ville qui perd ses habitants»

D’où qu’ils soient en France, tous les associatifs dénoncent l’impact des sociétés comme Airbnb et Abritel sur l’accès aux logements des locaux. «Nos enfants ne pourront plus vivre dans la ville qui nous a vus grandir», déplore Véronique Deschamps. «Je ne suis pas directement touché par les nuisances, mais je constate que les Parisiens sont contraints de venir dans ma ville pour pouvoir se loger, observe Vincent Aulnay, membre du collectif ParisVsBnb et vivant en banlieue parisienne. Aujourd’hui, si je veux devenir propriétaire il faudra que je m’installe plus loin.»

Quelques militants insistent sur le fait de ne pas être opposés à ce genre de locations «qui ont répondu aux demandes de touristes auxquels ne répondaient pas les hôtels, comme la possibilité de cuisiner, d’avoir des occupations pour les enfants, d’inviter ses amis et des conseils sur la commune visités», concède Franck Rolland. «Je veux juste que les gens comprennent qu’il n’y a aucun intérêt à visiter une ville qui perd ses habitants», affirme Véronique Deschamps.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Rénovation énergétique des logements : le mieux ennemi du bien .
Alors que se tient la COP 26, Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers, revient sur la stratégie la plus efficace pour mener à bien la rénovation énergétique des logements. La COP 26 de Glasgow est encore une étape décisive vers la maîtrise du réchauffement climatique : les pays les plus vertueux et les plus engagés vont tenter de convaincre les autres de se mettre au diapason. On voit bien que tous les États et toutes les nations ne marchent pas du même pas et que le chemin vers la protection planète  est semé d’embuches.

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