Actualités à la une

Immobilier: «Vivre et se loger» : 8 000 manifestants à Bayonne pour le logement au Pays basque

Logement : les propriétaires qui baissent leurs loyers pourraient être récompensés

  Logement : les propriétaires qui baissent leurs loyers pourraient être récompensés La ministre du Logement veut simplifier le dispositif "Louer abordable" qui existe depuis 2017 en modifiant notamment les plafonds de loyers et avantages fiscaux. Louer son bien tout en conservant une bonne rentabilité et en ayant des avantages fiscaux attrayants, telle est la proposition de la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, rapporte Le Figaro. Selon nos confrères, le ministère du Logement a en effet déposé un amendement au projet de loi de finances 2022, dont l'examen est prévu au mois de novembre.

Protestors hold placard reading © Gaizka Iroz Protestors hold placard reading "living and housing in the country " during a demonstration of several thousand people under the slogan "Living and housing in the Basque country" in Bayonne, southwestern France, on November 20, 2021. (Photo by GAIZKA IROZ / AFP)

Des syndicats, des associations identitaires, culturelles ou de solidarité, des collectifs de sans-abri mais aussi des familles ont marché dans le calme et en musique à Bayonne, sans rien lâcher sur une forte préoccupation dans la société basque : les conditions d’accès au logement dans l’agglomération qui recouvre tout le territoire, soit un bassin d’emploi de 310 000 habitants répartis entre 158 communes.

Immobilier : PTZ, Pinel, Louer abordable… comment évoluent vos aides financières en 2022

  Immobilier : PTZ, Pinel, Louer abordable… comment évoluent vos aides financières en 2022 Le projet de loi de Finances 2022, qui oriente les principaux choix budgétaires du gouvernement pour l’année prochaine, doit être adopté mardi 16 novembre en première lecture par les députés. Voici les principales mesures qui vont concerner les acheteurs, investisseurs, et propriétaires. à partir du 1er janvier prochain. C’est l’heure de faire l’inventaire. Après plusieurs semaines de débat, des centaines d’amendements proposés, rejetés ou adoptés dans l’hémicycle, les députés doivent finalement voter ce mardi, en première lecture, l’ensemble des réformes qui seront intégrées au projet de loi de Finances 2022 (PLF 2022).

La tension monte sur le sujet depuis plusieurs mois, après quelques tags ou occupations d’agences immobilières ou de logements vacants. Derrière l’image d’un littoral préservé, d’une succession de villages authentiques, le Pays basque butte depuis plusieurs années sur une dégradation chronique des conditions d’accès au logement pour les locaux.

«On ne deviendra pas propriétaires»

La région est attractive pour les vacanciers qui font exploser le marché de la résidence secondaire et du locatif de courte durée. Parallèlement, elle ne cesse de gagner des actifs (solde démographique de +3 000 habitants par an) grâce à une économie qui se développe et un cadre de vie qui fait rêver. La région capitalise sur l’économie du surf, attire autant les people que la Côte d’Azur et cultive son identité : langue, culture, produits fermiers, fêtes de Bayonne.

APL : le nouveau mode de calcul, un vrai casse-tête pour les jeunes actifs

  APL : le nouveau mode de calcul, un vrai casse-tête pour les jeunes actifs Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du calcul des aides au logement, les jeunes actifs ont du mal à anticiper l’évolution trimestrielle de leurs droits. Un manque de visibilité renforcé par les approximations du simulateur officiel de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), qui serait bien moins précis depuis la mise en place du nouveau système. Comme on pouvait s’y attendre, la réforme des aides personnelles au logement, les APL, a fait bien plus de perdants que de gagnants.

Dans la manifestation, Jean-Baptiste, 28 ans, ne descend pourtant pas souvent dans rue. «Je suis kiné dans un cabinet en ville. J’habite la petite commune côtière de Guéthary où je suis locataire avec ma copine. Il y a une résidence en construction dans notre rue : le promoteur affiche gaiement un T3 pour 700 000 euros. Un prix pareil, pour un T3… c’est pas non plus un château ! Avec des prix pareils, on ne deviendra pas propriétaire demain. Peut-être jamais.»

Avérée depuis plusieurs années sur la partie littorale, la tension gagne maintenant les communes de l’intérieur. «Même dans les villages de montagne, on ne compte plus les jeunes qui bossent à Bayonne ou Biarritz et qui rentrent tous les soirs chez papa et maman parce qu’ils ne trouvent rien», relate Jean-Pierre, la soixantaine et le béret venus de Saint-Palais, à 50 km de là. D’autres ont pris la direction de communes du sud des Landes, le département voisin, avec des distances domicile travail qui dépassent parfois 50 km.

Libéraliser le bail locatif : que vaut la proposition explosive du think tank Génération Libre ?

  Libéraliser le bail locatif : que vaut la proposition explosive du think tank Génération Libre ? Bail libre, nouvelles protections pour le locataire et possibilité pour le propriétaire de récupérer son bien en cas d’impayés… Le think tank libéral Génération Libre propose une refonte totale de la politique française du logement. Des propositions jugées risquées par plusieurs experts. L'élection présidentielle approche à grands pas et la crise du logement est toujours aussi pesante dans le pays. Pourtant, la question de l’habitat est quasiment absente de ce début de campagne, bien qu’elle soit l’une des préoccupations majeures des Français, avec l’emploi.

«Injustice qu’il faut dénoncer»

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement, a fait le déplacement. Il demande 30 % de logements sociaux, le respect des lois Dalo et la réquisition des logements vacants. «Il faut faire valoir un droit au logement stable, là où on vit. Réaliser des politiques d’urbanisme concertées avec les habitants. Nous allons prendre exemple de ce que vous faites ici pour le reprendre dans toute la France, par des locataires, des sans-logis, des mal-logés, par ceux qui ne peuvent plus acheter une maison pour loger leur famille. Nous espérons que tous ceux-là descendront dans la rue et de préférence avant l’élection présidentielle.»

Souvent visés pour manque d’anticipation intercommunale sur ce dossier, les élus tentent de reprendre la main. Pour Jean-René Etchegaray, le président UDI de la communauté d’agglomération et maire de Bayonne, «la difficulté d’accès au logement au Pays basque est une injustice qu’il faut dénoncer. C’est le jeu mortifère de la loi de l’offre et de la demande. L’intercommunalité vient de voter un programme local de l’habitat qui va permettre aux communes de recourir à tous les moyens juridiques (expropriation, préemption…) et financiers sous forme d’aides à la pierre. Mais il faudra aussi des réformes législatives ou réglementaires pour faire évoluer l’encadrement des loyers en zone tendue au Pays basque». Il réclame aussi une réforme «indispensable pour supprimer les avantages fiscaux scandaleux des propriétaires qui bénéficient de déductions sur les revenus des locations saisonnières. C’est une addition de politiques qui permettra d’endiguer cette spirale».

«Le marché continue de s’emballer»

L’élu d’opposition à Bayonne, Matthieu Bergé (PS), dénonce, lui, une politique publique qui a pris du retard. «Le programme local de l’habitat manque d’ambition même s’il a le mérite d’exister. S’il y a autant de monde dans la rue, c’est qu’il y a une urgence. Et le temps de mettre en place ce plan et que les projets se réalisent, le marché continue de s’emballer.»

En toile de fond, le problème du foncier disponible, avec une rivalité entre logement et terres agricoles trop rares : «Ce n’est pas dans notre culture de faire du vertical [des immeubles plutôt que des maisons, ndlr], reconnaît Mathieu Bergé. Mais il va bien falloir s’y mettre y compris dans les villages.»

Encadrement des loyers : 37 % de loyers abusifs à Paris, 43 % en Seine-Saint-Denis .
Selon notre enquête, réalisée à partir de 8 753 annonces, les plafonds de loyers définis par la loi sont fréquemment dépassés, et les honoraires des agences sont excessifs dans 20 % des cas. Le 1er décembre, l’encadrement des loyers est entré en vigueur à Montreuil, Bagnolet, Bondy, etc. Au total neuf communes de l’établissement public territorial Est Ensemble, au nord-est de Paris, rejoignent cette expérimentation déjà lancée à Paris, Lille, Lyon et Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de la loi ELAN de 2018. L’objectif est de limiter les loyers abusifs dans ces agglomérations sous tension.

Voir aussi