Immobilier: Immobilier : « Il ne faudrait pas rajouter une crise du logement à la crise de l’énergie », estime Laurence Batlle

Immobilier: la nouvelle donne de l'investissement locatif

  Immobilier: la nouvelle donne de l'investissement locatif Sur un marché contraint par l'inflation, des normes plus strictes et un crédit moins facile, l'adaptation est la règle. Cibler le logement étudiant, s'intéresser à l'ancien, saisir les opportunités des SCPI ou du crowdfunding… La pierre reste un choix rentable et très prisé. Nos conseils pour en profiter à plein. Avec une inflation prévue à plus de 5% en moyenne en France en 2022 selon les prévisions de l'Insee, et des pics prévus à plus de 7% en septembre, l'immobilier va voir sa dimension de valeur refuge se renchérir à nouveau chez les épargnants.

Laurence Batlle, présidente de Foncia ADB, analyse le défi que va représenter la rénovation énergétique des logements pour les prochaines années…

Laurence Batlle, présidente de Foncia ADB © Foncia Laurence Batlle, présidente de Foncia ADB 20 MINUTES AVEC - Laurence Batlle, présidente de Foncia ADB, analyse le défi que va représenter la rénovation énergétique des logements pour les prochaines années…

Après la crise du Covid-19 qui a rebattu les cartes du marché immobilier, le secteur se retrouve face à un nouveau défi colossal, celui de la rénovation énergétique des logements. Dans le cadre de son plan de lutte contre les passoires énergétiques, le gouvernement souhaite en effet qu’il n’y ait plus, d’ici à 2028, de logements de catégorie F et G sur le marché de la location. Ce qui suppose des investissements colossaux pour les propriétaires. Les poids lourds du secteur, comme Foncia, qui gère 60.000 immeubles en gestion de copropriété et 400.000 biens en location, entendent jouer un rôle de facilitateur et d’accompagnateur pour les plus petits propriétaires. 20 Minutes a interrogé la présidente de Foncia ADB (Administration de biens), Laurence Batlle.

Crise immobilière : comment provoquer la nécessaire baisse des prix

  Crise immobilière : comment provoquer la nécessaire baisse des prix Certains grands acteurs du logement continuent de minimiser les difficultés du secteur. Pour Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers, seul un discours franc permettra de conduire à l’indispensable baisse des prix pour relancer le marché. Comment nierait-on que le pays est en difficulté ? Les mots sombres du Président de la République, qui annoncent la fin de l’abondance, de l’insouciance et des évidences, ont pu certes choquer : l’essentiel des ménages, au cours des vingt dernières années, ne se sont pas laissé vivre.

Le gouvernement a souhaité s’emparer du sujet des passoires thermiques et a imposé un calendrier de rénovation énergétique aux propriétaires et aux copropriétés pour les prochaines années, où en est-on ?

Depuis le mois d’août, l’interdiction d’augmenter les loyers des appartements F et G lors du renouvellement de bail est en vigueur. À partir de janvier prochain, les appartements G +, c’est-à-dire les plus énergivores des G, à plus de 450 kWh/m2/an de consommation, seront interdits à la location : on ne pourra ni les louer, ni les relouer à la sortie du locataire. En 2025, ce sont les G qui subiront le même sort, puis les F en 2028. Au total, cela représente 17 % des résidences principales, soit un peu plus de 5 millions de logements et quand on inclut les résidences secondaires et les logements vacants, on arrive à près de 7 millions de logements, qui sont dits « passoires thermiques. » Nous sommes sur un enjeu extrêmement significatif de rénovation énergétique, avec des calendriers et des contraintes pesant sur les bailleurs qui ne sont pas les mêmes que ceux qui pèsent sur les copropriétés…

Leur logement est squatté, les retraités doivent vivre dans un camping-car

  Leur logement est squatté, les retraités doivent vivre dans un camping-car Alors qu'un couple de septuagénaires n'a pu regagner sa maison depuis deux ans et demi, la préfecture des Bouches-du-Rhône a été saisie en vue d'une expulsion. La locataire assure de son côté qu'elle veut partir rapidement.Bien qu'expulsable à partir du 14 septembre de cette année, la locataire a demandé une prolongation de six mois pour chercher un appartement : "Elle fait tout ce qu'elle peut pour retarder l'échéance", tance le retraité. Raison pour laquelle ils doivent toujours vivre dans leur camping-car.

C’est-à-dire ?

Par exemple, vous êtes investisseur, vous avez un appartement dans un immeuble équipé d’une chaudière au fioul, avec une façade qui est une véritable passoire thermique et une toiture mal isolée, vous pouvez changer vos fenêtres, mais vous ne pouvez ni changer la toiture ni changer la chaudière, car c’est une décision qui relève de la copropriété. Si les copropriétaires ne s’engagent pas dans ces travaux, votre logement restera dans l’étiquette énergétique F ou G et peut potentiellement tomber sous le coup d’une interdiction de location. D’ici à 2025, les copropriétés vont avoir l’obligation de réaliser un diagnostic de performance énergétique et d’établir un plan pluriannuel de travaux, mais n’auront pas l’obligation d’exécuter ce plan… Il y a donc là un sujet d’articulation entre les règlements pesants sur les investisseurs et ceux pesants sur les copropriétaires.

Le grand chaos de la politique du logement

  Le grand chaos de la politique du logement Le secteur du logement vit une crise majeure, renforcée par une production en berne et une inflation galopante. Il y a urgence à agir, prévient Henry Buzy-Cazaux, le président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers. Sans quoi la situation économique et sociale va devenir explosive. Rien ne va plus pour le logement dans notre pays. Où que l’on regarde, l’horizon est sombre, très sombre.

Comment les propriétaires bailleurs vont-ils faire face à ces nouvelles contraintes, et quelles conséquences peuvent-elles avoir sur le marché ?

Nous avons un premier cas en France d’un bailleur, en incapacité de relouer son logement, qui a assigné sa copropriété pour ne pas avoir travaillé à la rénovation énergétique. Il demande à la copro de prendre en charge son loyer. Par ailleurs, nous nous attendons à avoir un afflux de biens F et G sur le marché de la vente, même si ce n’est pas une tendance que l’on observe encore. Mais on commence déjà à sentir une légère décote sur ces biens. Il faut compter entre 15.000 et 40.000 euros pour une rénovation énergétique et nous avons entre 5 et 7 millions de passoires thermiques, cela veut dire entre 75 et 150 milliards d’euros à investir d’ici à 2028. Il va donc être essentiel, et c’est déjà ce que nous faisons de notre côté, d’accompagner les propriétaires bailleurs pour anticiper ces travaux et trouver des solutions de financement et d’incitation.

Mais il existe déjà des dispositifs d’aide ?

Ce sont des dispositifs complexes et l’on peut s’y perdre. C’est pourquoi nous accompagnons nos bailleurs et nos copropriétés dans la recherche d’aides et de subventions. Nous avons déjà 160 immeubles, soit 15.000 logements, en cours de rénovation actuellement, avec des subventions qui ont couvert entre 40 et 90 % du montant total de la rénovation, qui se monte parfois à plusieurs millions d’euros. Nous travaillons aussi avec nos banques partenaires, à monter de nouveaux instruments financiers pour aider nos copropriétés.

Crédit immobilier : des intérêts défiscalisés pour certains acquéreurs ?

  Crédit immobilier : des intérêts défiscalisés pour certains acquéreurs ? Il ne s’agit que d’un premier vote au sein d’un texte qui ne fait que commencer son parcours parlementaire. Mais il laisse envisager une amélioration de l’accès au crédit immobilier et L’article Crédit immobilier : des intérêts défiscalisés pour certains acquéreurs ? est apparu en premier sur Mieux Vivre Votre Argent.

Ce calendrier de rénovation énergétique est-il tenable ?

Le timing est extrêmement contraint, c’est même le plus contraint en Europe. Entre le volume à rénover, la capacité de financement, la capacité des énergéticiens et des professionnels du BTP – quand on sait qu’il y a par exemple huit à dix mois de délai pour avoir des huisseries – le calendrier me semble très ambitieux, et à un moment ou à un autre, il devra être aménagé. Il ne faut pas perdre l’objectif de rénover nos bâtiments, mais c’est une course de fond, pas un 100 mètres.

Quelle est la situation sur le marché de l’immobilier, avez-vous déjà un premier bilan pour l’année 2022 ?

Le marché continue de bien se porter, avec des volumes qui devraient atterrir aux alentours d’1,1 million de transactions sur l’année 2022, en retrait d’environ 10 % par rapport à 2021, mais il s’agissait d’une année extrêmement forte. 2022 restera comme une très bonne année. Sur les prix, nous sommes sur une poursuite de la hausse, d’un peu plus de 4 % en moyenne, avec des disparités géographiques assez sensibles. Quand Paris et la première couronne sont sur une stabilisation des prix, les métropoles de province sont en augmentation. C’est un marché à deux vitesses.

Mais Paris et l’Ile-de-France donnent généralement le ton, non ? N’est-ce pas inquiétant pour la suite ?

APL : la gauche obtient l’augmentation des aides au logement à l’Assemblée

  APL : la gauche obtient l’augmentation des aides au logement à l’Assemblée Les députés Nupes et Indépendants ont réussi à faire adopter en commission des amendements au projet de budget 2023 instaurant une augmentation des aides personnalisées au logement (APL), via une revalorisation de son forfait charges. Victoire pour la gauche, qui est passée en force pour obtenir une augmentation des aides personnalisées au logement (APL). Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale ont adopté ce jeudi 6 octobre la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2023.

Je ne dirais pas cela, car le Covid-19 a quand même rebattu les cartes. Les grandes métropoles et Paris attirent moins que les autres secteurs dorénavant. On le voit avec l’attrait pour les maisons individuelles, qui est toujours là, ce sont des biens qui partent rapidement et à des prix soutenus.

La crispation du marché ne va-t-elle pas venir du côté des banques, avec des taux d’emprunt qui remontent depuis le début de l’année ?

En volume, le nombre de prêts accordés a baissé de 10 à 11 % à fin juillet par rapport à juillet 2021. Les refus d’emprunt semblent s’accélérer dernièrement, notamment en raison d’un taux d’usure [taux maximal auquel un prêt peut être accordé] qui augmente faiblement, ce qui entraîne donc une réduction des marges des banques. Cela touche davantage les primo-accédants, donc les plus jeunes. Mais même si le taux d’emprunt a augmenté et va encore augmenter, il reste à des niveaux qui sont faibles historiquement. L’écart entre le taux d’emprunt et l’inflation reste très favorable au consommateur, donc dans cette ambiance un peu anxiogène, cela reste avantageux d’investir dans l’immobilier.

Malgré ce contexte, l’immobilier reste donc une valeur refuge ? Comment envisagez-vous 2023 ?

Oui, l’immobilier reste une valeur refuge, les prix ne baissent pas. Nous sommes certes dans une tendance « baissière » en matière de volume, mais l’évolution pour 2023 reste très compliquée à anticiper, car ce sera très lié à l’environnement géopolitique.

Outre les enjeux de rénovation énergétique, d’autres mesures, comme le permis de louer, l’encadrement des loyers, sont mises en place dans plusieurs métropoles. Sont-elles de bonnes mesures pour lutter contre les abus, ou bien cela vient-il crisper le marché de l’immobilier, comme le dénoncent certains ?

Immobilier à Lille : Les acheteurs veulent de l’espace, du vert et des prix raisonnables

  Immobilier à Lille : Les acheteurs veulent de l’espace, du vert et des prix raisonnables Après une période mouvementée correspondant à l’épidémie de Covid 19, le marché de l’immobilier semble se stabiliser à Lille. Pour autant, les prix demeurent élevés, d’autant que les biens convoités se font rares © M.Libert/20 Minutes En métropole lilloise, le acheteurs de biens immobiliers boudent les petites surfaces au profit de maisons avec un extérieur (illustration). IMMOBILIER - Après une période mouvementée correspondant à l’épidémie de Covid 19, le marché de l’immobilier semble se stabiliser à Lille.

Il faut garder en tête que le parc locatif privé en France représente presque 7 millions de logements, financés par des bailleurs privés, qui possèdent en moyenne 1,2 logement. On n’est pas sur « d’affreux capitalistes », mais des petits propriétaires qui comptent sur ces logements pour leurs retraites. Ils rendent donc une mission très importante en faveur du logement. Or, il y a beaucoup de contraintes qui pèsent sur leurs épaules aujourd’hui. Certaines sont normales : il est hors de question de louer des logements indécents, et il faut pénaliser sévèrement ceux qui ne respectent pas ces règles. Pour autant, la grande majorité sont des personnes raisonnables qu’il faut encourager. Il y a déjà une grande tension sur le marché locatif on le voit avec le taux de rotation des locataires qui s’effondre, car il y a moins de biens sur le marché, et parce que l’on construit moins de logements neufs. Il ne faudrait pas rajouter une crise du logement à la crise de l’énergie que nous traversons, ce qui pourrait arriver si l’on retire massivement les logements F et G du parc locatif.

Des aides au logement pour faire baisser le coût de votre loyer .
Elles sont nombreuses et parfois méconnues, les aides au logement peuvent grandement soulager le budget des étudiants — notamment leur loyer —, alors que se loger coûte de plus en plus cher. L’Etudiant vous propose d’y voir plus clair sur les aides auxquelles vous pourriez prétendre.La recherche d'un logement étudiant est souvent un moment compliqué à cause de certaines conditions. Il est parfois difficile de réunir l’argent d’un dépôt de garantie ou de disposer dans son entourage de garants répondant aux exigences des propriétaires.

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