France: "Je vis dans la peur" : Porte de la Villette, les riverains inquiets face au crack

Paris : après l’évacuation des consommateurs de crack, des riverains soulagés, mais les problèmes persistent

  Paris : après l’évacuation des consommateurs de crack, des riverains soulagés, mais les problèmes persistent L’opération d’évacuation, vendredi, des consommateurs de crack à Paris, dans le XVIIIème arrondissement, ne fait que déplacer le problème, regrettent certains riverains et politiques.Le 30 août, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a proposé au gouvernement l’ouverture de quatre nouvelles salles de soins et de repos pour toxicomanes dans Paris. Le projet a été validé par Jean Castex, le 15 septembre. Mais dans la mesure où «les sites ne seront pas opérationnels avant plusieurs semaines voire plusieurs mois», Gerald Darmanin a décidé d’évacuer. Six bus policiers ont acheminé les toxicomanes à la place Auguste Baron dans le XIXe arrondissement, vers la porte de la Villette.

Les consommateurs de crack qui se trouvaient du côté des jardins d'Eole et de Stalingrad ont été une nouvelle fois évacués, vendredi. En réalité, ils ont simplement été déplacés Porte de la Villette, au grand dam des riverains qui dénoncent l'insécurité et la misère, et réclament une solution pérenne. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP Les consommateurs de crack qui se trouvaient du côté des jardins d'Eole et de Stalingrad ont été une nouvelle fois évacués, vendredi. En réalité, ils ont simplement été déplacés Porte de la Villette, au grand dam des riverains qui dénoncent l'insécurité et la misère, et réclament une solution pérenne.

"Je vis dans la peur, c'est tout." Suzanna a les yeux cernés. Cette habitante du quartier de la Porte de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, a du mal à dormir depuis que plus d'une centaine de consommateurs de crack des jardins d'Eole et de Stalingrad ont été déplacés, en fin de semaine dernière, vers le square de son quartier. Sur décision de la préfecture, un mur bloque désormais l'accès l'accès piétonnier qui reliait Paris et Pantin, afin d'éviter son occupation. Pas de quoi rassurer les riverains.

Après l’évacuation de toxicomanes, la construction d’un mur entre Paris et Pantin suscite un tollé

  Après l’évacuation de toxicomanes, la construction d’un mur entre Paris et Pantin suscite un tollé Pour empêcher que les consommateurs de crack évacués du quartier des jardins d’Eole s’approchent des zones habitées, un double mur en parpaings a été construit pour boucher le tunnel qui y mène.Cette décision (l’opération d’évacuation a été menée par la préfecture de police sur instruction du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin) et les images des ouvriers s’activant à poser les blocs de parpaings ont suscité l’indignation.

"Je ne sais pas comment je vais faire pour rentrer chez moi, à part me téléporter, puisque ce square est le passage obligé", confie Suzanna. "Il n'y a pas de trottoir en face, il n'y a pas d'autre accès pour accès du métro jusqu'à chez nous. Mon mari m'accompagnait jusqu'ici mais il ne pourra pas le faire à chaque fois."

"C'est inhumain"

Pour les habitants du quartier, la coupe est pleine. "On a pu observer de nombreuses agressions. Ce sont les femmes qui sont ciblées, elles se sont pris des gifles, des coups de poing, elles se sont fait voler leur téléphone", s'énerve Stéphanie Benoit, riveraine et porte-parole du collectif anti-crack 93. Mais la misère la révolte également. Car ces toxicomanes, des hommes pour la grande majorité, n'ont pas d'abri, un seul point d'eau et quelques douches d'appoint.

"Ils vivent à ciel ouvert, ils n'ont aucun moyen de se protéger, c'est inhumain", pointe Stéphanie Benoit. "On craint pour notre sécurité mais aussi pour eux, puisque l'idée n'est pas non plus de voir des personnes mourir sous nos fenêtres." Les riverains ont prévu de manifester tous les mercredi pour demander une réelle prise en charge d'urgence de ces consommateurs de crack.

Drogues dans l’espace public : les positions des politiques sont-elles en cohérence avec la science? .
La question de la drogue dans l’espace public alimente le débat en cette période pré-électorale. Les positions des uns et des autres sont-elles en cohérence avec les connaissances scientifiques ?Le sujet des usagers de drogues dans l’espace public a réémergé dans le débat politique durant la campagne municipale parisienne de 2020. L’espace de discussion qui s’est ouvert, sur les réponses publiques, a montré qu’elles pouvaient elles aussi être perçues comme la cause même du "désordre urbain".

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