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France: Eric Zemmour, un habitué des tribunaux pour ses propos discriminatoires

Eric Zemmour : voici pourquoi sa sécurité est renforcée

  Eric Zemmour : voici pourquoi sa sécurité est renforcée S'il n'a toujours pas officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, la sécurité a été renforcée autour d'Éric Zemmour depuis peu. Ce qu'a rapporté L'Obs dans son nouveau numéro, paru ce jeudi 11 novembre en kiosque. Mais alors, pourquoi maintenant ? Your browser does not support this video Pendant chaque campagne présidentielle, les candidats bénéficient d'une protection particulière. S'il n'a toujours pas officialisé sa candidature, la sécurité autour d'Éric Zemmour a été renforcée depuis le début du mois, comme l'a rapporté L'Obs, dans son nouveau numéro, à découvrir ce jeudi 11 novembre en kiosque.

Eric Zemmour est poursuivi pour complicité de provocation à la haine raciale et d’injure raciale pour ses propos sur les mineurs isolés, qu'il avait traités de «voleurs, assassins et violeurs» l'an dernier. © Denis Allard Eric Zemmour est poursuivi pour complicité de provocation à la haine raciale et d’injure raciale pour ses propos sur les mineurs isolés, qu'il avait traités de «voleurs, assassins et violeurs» l'an dernier.

Retour à la case tribunal pour Eric Zemmour. Le presque candidat d’extrême droite est jugé ce mercredi au tribunal correctionnel de Paris pour des propos tenus en septembre 2020. Sur la question des mineurs isolés, après un attentat devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, Eric Zemmour avait ainsi déclaré sur CNews : «Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent.» Les associations SOS Racisme, la Licra et la Maison des potes sont parties civiles. Pour cette tirade, Eric Zemmour, qui ne sera pas présent à l’audience, est poursuivi pour complicité de provocation à la haine raciale et d’injure raciale. Un motif qui n’a rien de nouveau pour lui↓ : il est un récidiviste des formules polémiques qui tombent sous le coup de la loi. Il a déjà été poursuivi pour injure raciale, provocation à la haine et contestation de crime contre l’humanité.

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Soutien de figures politiques

Il faut remonter à 2011 pour retrouver la première comparution d’Eric Zemmour devant un tribunal. Alors éditorialiste au Figaro et sur RTL, il avait déclaré un an plus tôt sur le plateau d’une émission de Thierry Ardisson : «La plupart des trafiquants sont noirs et arabes.» Avant d’affirmer : «C’est comme ça, c’est un fait.» Jugeant ces propos discriminatoires, des associations antiracistes avaient décidé de porter l’affaire en justice.

L’éditorialiste d’extrême droite avait reçu, dans les jours précédant l’audience, le soutien de quelques figures politiques. Parfois de manière inattendue, à l’image de l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. «Sans doute M. Zemmour a-t-il, dans le feu de la discussion, utilisé une formulation excessivement brutale mais il n’a hélas, pas dit une chose matériellement inexacte», justifiait l’ancien ministre de l’Intérieur dans un courrier adressé au tribunal. Eric Zemmour est pourtant reconnu coupable de provocation à la haine raciale et condamné à payer une amende de 1 000 euros en février 2011.

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La cour d’appel a jugé que ces propos «visaient les musulmans dans leur globalité et constituaient une exhortation implicite à la discrimination». C’est, pour l’heure, la seule fois où il a été condamné de manière définitive par la justice, son recours en cassation ayant été rejeté en septembre 2019. L’avocat de Zemmour avait expliqué en septembre à CheckNews que ce dossier était toujours à l’étude, un nouveau recours ayant été formulé et accepté cette fois, par la Cour européenne des droits de l’homme.

Logorrhée sur les musulmans


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En 2016, la cour d’appel de Paris se penche sur une chronique diffusée sur RTL, dans laquelle Zemmour s’en prend aux «bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins et d’Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent». En première instance le tribunal l’avait relaxé en septembre 2015 au motif que les communautés visées ne l’étaient pas dans leur ensemble. En appel, il est encore relaxé.

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 HAIN DÉLOCTION ESSAIS DE PROBABLE-FROIS DE CANDIDAIRE DE L'ARRE-ROI PROBAISÉ Paris (AP) - Un pundit de télévision d'extrême droite qui devrait courir pour la présidence française se poursuit mercredi pour avoir prétendument incitant la haine raciale avec ses commentaires sur les enfants migrants non accompagnés . © Fourni par Associated Press Une femme passe devant une affiche d'une balle de talk-spectacle politique rigide Eric Zemmour Lecture en français "Notre atout" à Biarritz, au sud-ouest de la France, du jeudi 28 octobre 2021.

Il y a aussi les propos tenus dans les colonnes du journal italien Corriere della Sera en 2014. Il y déroule sa logorrhée affirmant que les musulmans «vivent entre eux, dans les banlieues» et que «les Français ont été obligés de s’en aller». Un an après, le tribunal correctionnel le condamne à 3 000 euros d’amende, peine confirmée en appel en novembre 2016. Mais la Cour de cassation ordonne pour un motif de forme un troisième procès devant la cour d’appel qui, en novembre 2018, le relaxe car «il n’est pas prouvé qu’Eric Zemmour […] savait que ce journal était publié en France».

Merah et ses victimes, «étrangers avant tout»

Rebelote en 2016. Eric Zemmour, invité de l’émission C à vous sur France 5, lâche que la France vit «depuis trente ans une invasion» par l’islam. Qu’elle est le théâtre d’un «jihad» qui vise à l’«islamiser». Le tribunal lui inflige alors 5 000 euros d’amende pour des propos «stigmatisant en des termes particulièrement violents et péremptoires» la communauté musulmane. Une culpabilité confirmée en appel. L’habitué des plateaux de CNews a toutefois saisi, en 2019, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), qui n’a pas encore rendu sa décision.

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Enfin des propos proférés en 2019 ont particulièrement choqué. Zemmour y assure, sur la chaîne du groupe Bolloré, que Pétain a «sauvé» les Juifs français. Il est relaxé quelques semaines plus tard, car ses propos ont été prononcés «à brûle-pourpoint lors d’un débat sur la guerre en Syrie», estime le tribunal.

«Nouveau palier dans l’ignominie»

Il y a quelques jours encore, Zemmour a récidivé. Au cours d’une conférence de presse improvisée devant le Bataclan samedi, jour anniversaire des attentats terroristes de 2015, il s’en est pris directement à François Hollande : «L’ancien président de la République a dit lui-même qu’il savait que des terroristes seraient infiltrés parmi les migrants et il n’a pas arrêté le flot des migrants. […] Donc François Hollande n’a pas protégé les Français et a pris une décision criminelle de laisser les frontières ouvertes.» Une déclaration qui a fait bondir les associations de victimes. Life for Paris, présidée par Arthur Dénouveaux, estime que le quasi-candidat «a franchi un nouveau palier dans l’ignominie en se comportant comme un profanateur de sépultures». Une «instrumentalisation politique» qui «scandalise au plus haut point» les rescapés de l’attentat et les familles endeuillées.

Autre provocation, sa comparaison établie par Zemmour entre Mohammed Merah et les enfants juifs tués à Toulouse en 2012, dont la famille demande que l’enterrement ait lieu à l’étranger. En Algérie pour Merah, en Israël pour les enfants juifs tués au sein d’une école confessionnelle Ozar Hatorah. «Assassins ou innocents, bourreaux ou victimes, ils ne choisissaient surtout pas la France, étrangers avant tout et voulant le rester par-delà la mort», écrit Zemmour dans son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot. Samuel Sandler, père et grand-père de trois victimes du terroriste a demandé «des excuses à Zemmour». Finalement, les deux hommes se sont téléphoné ce lundi. «Mon souhait est que l’on ne parle plus de mes enfants, qu’on arrête de parler du lieu de sépulture de mes enfants, qu’on respecte un peu aussi les victimes», a affirmé Samuel Sandler sur BFMTV.

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Des membres de LVF ont affirmé au site d’analyse des médias Arrêt sur images (ASI) qu’ils étaient présents à l’inauguration fin octobre du QG de l’équipe d’Eric Zemmour rue Goujon, dans le 8e arrondissement de Paris, photo et enregistrement à l’appui © UGO AMEZ/SIPA Eric Zemmour à Bordeaux le 12 novembre 2021, dédicace son dernier livre.

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