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France: Vidéo de candidature bafouant les droits d’auteur : la facture s’annonce salée pour Zemmour

« Elle tourne au fiasco » : la précampagne de Zemmour en plein trou d’air

  « Elle tourne au fiasco » : la précampagne de Zemmour en plein trou d’air L’essayiste est censé officialiser sa candidature à la présidentielle dans les tout prochains jours, avant un grand meeting de lancement dimanche. Et pourtant, entre polémiques, gestes déplacés et sondages en berne, rien ne va plus.A l’approche du meeting censé lancer la campagne, dimanche 5 décembre au Zénith de Paris, nombre de soutiens attendus manquent à l’appel. Philippe de Villiers a fait savoir qu’il ne viendrait pas, de peur que sa présence au côté du polémiste d’extrême droite « ne nuise à la réputation du parc du Puy du Fou ». « C’est un ami qui ne tient pas sa parole », déplore Zemmour.

  Vidéo de candidature bafouant les droits d’auteur : la facture s’annonce salée pour Zemmour © Copyright 2021, L'Obs

On allait voir ce qu’on allait voir. « Vous n’êtes pas prêt pour ce qui arrive », promettait depuis plusieurs semaines l’entourage d’Eric Zemmour au moment d’évoquer la forme que prendrait la déclaration de candidature du polémiste à l’élection présidentielle.

Eric Zemmour : une déclaration de candidature outrancière pour faire oublier les récents couacs

Début novembre, l’option d’une candidature lors d’un déplacement au Mont-Michel, soutenue par la direction de campagne et sa conseillère Sarah Knafo, semblait encore tenir la corde, écrivait « le Monde ». Comme en son temps Nicolas Sarkozy, qui avait choisi le rocher granitique pour lancer sa campagne victorieuse en janvier 2007. Ou, vingt ans plus tôt, en novembre 1987, Jean-Marie Le Pen, dont l’hélicoptère personnel, en provenance de la demeure familiale à la Trinité-sur-Mer, s’était posé à deux pas de l’abbaye. C’est finalement le format vidéo qui a été retenu, pour une séquence de 10 minutes – tournée il y a deux semaines dans un domicile privé –, montrant Eric Zemmour le nez collé à ses feuilles et dans un décor de bibliothèque renvoyant à son obsession gaullienne : même micro et même angle que pour la célèbre photo du général lors de son appel du 18 juin.

Candidature d’Éric Zemmour : de l’extrême gauche à l’extrême droite, une avalanche d’attaques

  Candidature d’Éric Zemmour : de l’extrême gauche à l’extrême droite, une avalanche d’attaques L’annonce par Éric Zemmour de sa candidature à l’élection présidentielle dans une vidéo publiée sur YouTube ce mardi 30 novembre 2021, a rapidement fait réagir le monde politique. Les premiers retours étrillent, tant sur le fond que sur la forme, sa déclaration de candidature. Mais l’utilisation d’images non autorisées a déclenché aussi un début de polémique dans la sphère publique. Les premières critiques du monde politique n’ont pas tardé, peu après l’annonce de la candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour à l’élection présidentielle.

Une sorte de bulle spatiotemporelle inédite dans l’histoire récente des déclarations de campagne, où la plupart des candidats cherchent avant tout à se mettre en scène dans le monde réel, au milieu de leurs électeurs. En fond sonore, le deuxième mouvement de la 7e symphonie de Ludwig Van Beethoven. Et tant pis si l’œuvre est considérée comme le symbole des sentiments contrariés du Viennois à l’égard de Bonaparte, dont Eric Zemmour est un fervent admirateur… Un choix de musique et de mise en scène calqué sur l’épilogue du film « Le Discours d’Un roi », (Tom Hooper, 2010) qui retrace la genèse puis la – difficile – déclamation du discours radiophonique du futur George VI pour l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne nazie en septembre 1939.

Candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle : on fait le point sur les procédures judiciaires contre le polémiste

  Candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle : on fait le point sur les procédures judiciaires contre le polémiste Depuis treize ans, Eric Zemmour a accumulé une dizaine de dossiers judiciaires contre lui. Certaines procédures sont toujours en cours, d'autres se sont soldées par des condamnations définitives, notamment pour "provocation à la haine raciale", ou par sa relaxe.C'est la fin d'un suspense qui régnait depuis plusieurs mois. Eric Zemmour a annoncé, mardi 30 novembre, sa candidature à l'élection présidentielle de 2022. Avec cette déclaration, le polémiste d'extrême droite se lance officiellement sur la scène politique, lui qui s'est d'abord fait connaître auprès du grand public sur les plateaux de télévision.

Pour se déclarer candidat, Zemmour choisit une musique antifrançaise de Beethoven

Quelques minutes après sa diffusion, le communicant Olivier Ubéda, qui met en scène la campagne du candidat, s’est chargé du service après-vente en direct sur BFMTV, louant le travail de ses équipes qui a permis au candidat de « maîtriser son message » :

« Cette vidéo est arrivée naturellement, il fallait la donner maintenant, c’était le bon timing. On attendait qu’il nous dise “go” »

Les adversaires politiques d’Eric Zemmour n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la séquence − qui a tout de même dépassé le million de vues sur YouTube en quelques heures : « sinistre » et « momifié » pour Olivier Faure, le discours d’un « pou qui se dresse sur la tête d’un géant », pour le député PS Boris Vallaud, une candidature « qui ressemble au discours de Nuremberg », selon l’ancien ministre de droite Dominique Bussereau. « Passéiste et crépusculaire », selon Marine Le Pen elle-même.

Présidentielle 2022 : Eric Zemmour « se place comme l’homme providentiel qui va essayer de rétablir l’âge d’or »

  Présidentielle 2022 : Eric Zemmour « se place comme l’homme providentiel qui va essayer de rétablir l’âge d’or » Pour « 20 Minutes », Benjamin Tainturier revient sur l'annonce de la candidature d'Eric Zemmour. Selon le spécialiste de la droite radicale, le candidat à l'Elysée a voulu dans sa vidéo « défendre une espèce d’image de France immémoriale » © Thomas SAMSON / AFP Eric Zemmour a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2022 dans une vidéo diffusée le 30 novembre 2021. INTERVIEW - Pour « 20 Minutes », Benjamin Tainturier revient sur l'annonce de la candidature d'Eric Zemmour.

Ces radicaux d’extrême droite qui s’investissent dans la campagne de Zemmour

Utilisation d’images illicite

Pêle-mêle, la vidéo montre des images tournées par le staff du candidat au fil des étapes de sa campagne de promotion de son livre « La France n’a pas dit son dernier mot » et des séquences issues de l’actualité. Tout est bon pour illustrer « ce pays que vous chérissez et qui est en train de disparaître », celui de « Notre-Dame de Paris et des clochers dans les villages » : la campagne polémique de promotion du Conseil de l’Europe célébrant le port du hijab, les joueurs du PSG un genou à terre pour protester contre le racisme ou encore l’agression du jeune Yuri à Paris en janvier dernier.

« Avec Zemmour, Bolloré et Facebook, vous avez en France l’équation qui a porté Trump au pouvoir »

« Depuis des années, un même sentiment vous étreint, vous oppresse, vous hante : un sentiment étrange et pénétrant de dépossession […]. Vous avez l’impression de ne plus être dans le pays que vous connaissez. »

A l’inverse, « vous vous souvenez du pays que vous avez connu dans votre enfance ; vous vous souvenez du pays que vos parents vous ont décrit ; vous vous souvenez du pays que vous retrouvez dans les films ou dans les livres », continue le candidat, alors que les images d’archives noir et blanc ou sépia défilent. On y aperçoit les visages de Georges Clemenceau, Charles de Gaulle et Jean Moulin, mais aussi de Jean Gabin, Alain Delon, Brigitte Bardot et Jean-Paul Belmondo, Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Georges Brassens ou encore Barbara… Autant de figures populaires qui n’ont rien demandé au polémiste. La vidéo est également entrecoupée de nombreux extraits de film, de « Jeanne d’Arc » de Luc Besson à « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard en passant par « Les Choses de la vie » de Claude Sautet.

Le clip de campagne d’Eric Zemmour décortiqué : 114 séquences « empruntées » et quelques contresens

  Le clip de campagne d’Eric Zemmour décortiqué : 114 séquences « empruntées » et quelques contresens L’analyse détaillée des six cent onze secondes de cette vidéo nous a permis de repérer que 39 % du temps est consacré à des images n’appartenant pas au candidat d’extrême droite. Depuis sa mise en ligne, mardi 30 novembre, la vidéo dans laquelle Eric Zemmour se déclare candidat à l’élection présidentielle a été visionnée plus de 2,6 millions de fois. Assis à son bureau, le polémiste d’extrême droite déroule ses arguments de campagne en utilisant de nombreuses images extraites de films, de concerts ou de reportages, censées appuyer son propos.

Sauf que quelques heures après l’annonce tant attendue, le média en ligne Les Jours publiait ce message sur son compte Twitter : « BFMTV et LCI ne diffusent plus la vidéo de Zemmour. Plusieurs extraits ont été utilisés sans l’accord des auteurs, c’est le cas du film Jeanne d’Arc (Gaumont), ou d’images du journaliste Clément Lanot. Les deux envisagent des poursuites. L’amateurisme est total. »

Interrogée par nos confrères de BFMTV, la société de production Studio Canal, dont les extraits de quatre films figurent dans le clip, a assuré ne pas avoir été contactée par l’équipe du candidat avant diffusion. Même chose chez Pathé ou Gaumont, dont le « Jeanne d’Arc » de Luc Besson et « Un Singe en hiver » d’Henri Verneuil sont utilisés pour servir le propos du candidat d’extrême droite. Sans parler des images d’un reportage de France 3 montrant des adolescents, mineurs donc, décorant un mur aux couleurs LGBT et qu’Eric Zemmour utilise pour dénoncer « les expériences égalitaristes des pédagogistes et docteurs Folamour des théories du genre et de l’islamogauchisme »…

Et si la candidature d’Eric Zemmour était une « bonne nouvelle » pour Marine Le Pen ?

« Pas d’exception au nom de la liberté d’expression »

Négligence ? Oubli ? Si la raison de ces manquements reste inconnue, les conséquences, elles, risquent d’être lourdes pour Eric Zemmour. Pour Benjamin Montels, avocat au barreau de Paris et docteur en droit spécialiste en droit de la propriété intellectuelle et en droit du numérique et des communications, il s’agit d’une « atteinte aux droits patrimoniaux d’auteur et une attaque au droit moral puisque cette intégration (des extraits de film) peut être considérée comme dénaturant le message de l’auteur ».

L'extrême droite de la France Zemmour détient le premier rassemblement en tant que candidat

 L'extrême droite de la France Zemmour détient le premier rassemblement en tant que candidat Polémicien de l'extrême droite Eric Zemmour préparait son premier rassemblement politique comme un concurrent officiel de la présidence française dimanche, après le lancement de la campagne controversée de la semaine dernière.

Et manifestement,l’équipe d’Eric Zemmour n’a pas pris le temps de demander les autorisations et donc de payer les droits d’auteurs. « Quand on procède à une incorporation dans une œuvre, on doit toujours demander l’autorisation au préalable à l’auteur. Il n’y a pas, contrairement à ce que certains peuvent penser, une exception générale au nom de la liberté d’expression », ajoute Benjamin Montels auprès de « l’Obs ».

D’un point de vue juridique, Eric Zemmour « risque donc une demande de suppression des extraits en question et une réparation du préjudice », précise l’avocat au barreau de Paris.

« C’est au juge de fixer les dommages et intérêts mais cette affaire peut même être emmenée sur le terrain pénal puisque la contrefaçon est un délit pénal qui peut aller jusqu’à 300 000 euros d’amende et 3 ans de prison ».

Du côté de l’équipe du désormais candidat, on assure néanmoins auprès de « l’Obs » que « tout a été réglé et est en cours de règlement pour les images ajoutées récemment ». Et d’ajouter :

« On fait les choses comme il faut. Idem pour les droits de la musique. Forfait payé. C’est le travail de l’équipe juridique/finances. Et ce sont des bons ».« On n’est jamais trop prudent » : Eric Zemmour, une campagne déjà sous très haute sécurité

Pourtant, l’INA, Radio France et France Télévisions ont assuré ce mardi soir dans une déclaration conjointe ne pas avoir été mis « au courant » de l’utilisation de leurs images dans la vidéo : « Il conviendra qu’il s’acquitte des droits des images reprises, comme tout le monde. » Le propriétaire du château d’Ussé, en Indre-et-Loire, qu’on aperçoit dans la déclaration de candidature s’est aussi dit « abasourdi ». « De la piraterie pure et simple », s’est-il offusqué sur Franceinfo.

Manifestation, journalistes hués... Un premier meeting de Zemmour agité

  Manifestation, journalistes hués... Un premier meeting de Zemmour agité Le candidat réunit ses troupes ce dimanche pour un meeting à Villepinte. Quelques heurts ont éclaté entre des manifestants anti-Zemmour et les forces de l'ordre.

Besson, Attali et Trierweiler contre-attaquent

« On peut régulariser cette situation en effet, mais il faudrait l’accord de tous les auteurs », détaille Benjamin Montels. Dans le cas des extraits de « Jeanne d’Arc » par exemple, il s’agit d’une coproduction entre Luc Besson et Gaumont : « Quand on fait une incorporation d’extrait dans une œuvre politique, ça passe toujours par une double autorisation du titulaire des droits patrimoniaux, en l’occurrence ici la société Gaumont, mais aussi du titulaire du droit moral conservé par l’auteur. »

Dans un communiqué, la société Gaumont indique avoir découvert dans le clip, « à sa grande stupéfaction », « des extraits de films de son catalogue, pour lesquels elle n’a accordé aucune autorisation », et se « réserve le droit d’engager des poursuites ». Luc Besson a lui annoncé à l’AFP avoir saisi son avocat « pour engager les poursuites nécessaires ». Quant à l’écrivain Jacques Attali, qui apparaît dans la vidéo, il a indiqué à l’AFP avoir adressé une mise en demeure au candidat de retirer sous 24 heures son image du montage. La journaliste et ex-Première dame Valérie Trierweiler a également appelé le candidat au retrait « immédiat » de son image.

Si YouTube n’a pour l’heure pas retiré la vidéo, les principales chaînes de télévision ont, en revanche, choisi de ne plus en diffuser d’extraits. Et pour cause, « du moment où on les informe que les droits d’auteurs manquent, le diffuseur, en tant qu’exploiteur de la vidéo, peut être condamné vis-à-vis des ayants droit », précise encore Benjamin Montels. Le polémiste pourra toujours, fidèle à son habitude, invoquer la liberté d’expression et crier à la censure.

Elysée 2022 : le comportement de Léa Salamé face à Eric Zemmour sidère les téléspectateurs .
Ce jeudi 9 décembre, Léa Salamé et Laurent Guimier recevaient Eric Zemmour sur le plateau de l'émission politique "Elysée 2022" (France 2). Au cours de la soirée, certains téléspectateurs ont pointé du doigt le comportement de la journaliste face au candidat à l'élection présidentielle.Soirée politique sur France 2. Ce jeudi 9 décembre, Léa Salamé et Laurent Guimier accueillait Eric Zemmour sur le plateau de l'émission Elysée 2022. Alors qu'il a récemment officialisé sa candidature à la prochaine élection présidentielle, l'écrivain et polémiste est venu aborder différents thèmes sociétaux ou économiques.

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