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France: Jean-Michel Blanquer a annoncé depuis Ibiza le protocole de la rentrée scolaire de janvier

Y a-t-il un problème avec Jean-Michel Blanquer ? On a posé la question à des enseignants

  Y a-t-il un problème avec Jean-Michel Blanquer ? On a posé la question à des enseignants Le monde de l’éducation s’attend à une grève « historique » jeudi 13 janvier pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire dans les établissements scolaires. En toile de fond, une personne cristallise les tensions : il s’agit de Jean-Michel Blanquer. Des enseignants expliquent pourquoi ils considèrent qu’il y a un problème avec le ministre de l’Éducation nationale. « Jean-Michel Blanquer met tout le monde d’accord sur une seule chose : l’appel à la grève de jeudi 13 janvier ». Avec cette phrase, Karin, professeure d’anglais dans un lycée de Charente-Maritime résume plutôt bien les choses.

Révélée par « Mediapart », lundi 17 janvier, cette information, confirmée par « Le Monde », affaiblit un peu plus encore le ministre de l’éducation nationale, confronté à une grève des enseignants, et met en difficulté l’exécutif à trois mois de la présidentielle.

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en visite à l’école élémentaire Jules-Ferry d’Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), le 3 décembre 2021. © Fournis par Le Monde Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en visite à l’école élémentaire Jules-Ferry d’Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), le 3 décembre 2021.

Les difficultés s’enchaînent pour Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l’éducation nationale, qui fait face à une fronde des enseignants contre le protocole sanitaire imposé dans les écoles depuis la rentrée, voit les critiques reprendre de plus belle après un article de Mediapart, qui a révélé, lundi 17 janvier, que le locataire de la rue de Grenelle se trouvait en vacances sur l’île d’Ibiza, en Espagne, au moment de finaliser ce protocole et d’accorder une interview au Parisien pour en dévoiler le contenu.

Grève du 13 janvier dans l’Éducation nationale : à quoi faut-il s’attendre ?

  Grève du 13 janvier dans l’Éducation nationale : à quoi faut-il s’attendre ? La mobilisation du personnel de l’Éducation nationale s’annonce « historique » pour la grève du jeudi 13 janvier 2022. Le premier syndicat du primaire a prévu que 75 % des enseignants du premier degré seraient grévistes et que la moitié des écoles seraient fermées. Il s’agit là d’une « mobilisation historique », selon le SNUipp-FSU qui a lancé un appel à la grève nationale pour le jeudi 13 janvier 2022.

Cet entretien (qui n’était accessible qu’aux abonnés), publié dans l’après-midi du dimanche 2 janvier, à seulement quelques heures de la rentrée, avait été critiqué pour son caractère tardif, ne permettant pas aux personnels scolaires d’avoir le temps de se l’approprier. Surtout, la lourdeur du dispositif et la multiplication des changements dans le protocole sanitaire ont conduit à un vaste mouvement de grève dans les écoles, qui a vu les parents d’élèves s’associer, le 13 janvier, à la colère des enseignants. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue jeudi 20 janvier, à l’appel des syndicats, pour réclamer des « réponses fortes » du gouvernement face « au chaos » engendré par la crise sanitaire.

La stratégie de Jean-Michel Blanquer à l’épreuve de la rentrée scolaire

« Insupportable, irresponsable »

L’opposition, elle, réclame déjà la démission du ministre de l’éducation. « Au lieu de préparer avec les enseignants et les parents d’élèves une rentrée sous Covid, le ministre organisait un coup médiatique les pieds dans le sable. Ce niveau de mépris et d’irresponsabilité n’est pas acceptable », a ainsi dénoncé sur Twitter le candidat écologiste à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, pour justifier cet appel à la démission. « Le retard dans la communication du protocole était officiellement lié à la nécessité de coller à la réalité de la rentrée. Quand l’improvisation naît d’un mensonge, la confiance n’est plus possible », a également tweeté le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui ajoute le hashtag « #blanquerdémission ».

École : Blanquer promet des masques FFP2 et des remplaçants en réponse à la grève

  École : Blanquer promet des masques FFP2 et des remplaçants en réponse à la grève Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi soir la mise à disposition de "cinq millions de masques FFP2" pour les enseignants de maternelle sur demande et "plusieurs milliers" de remplaçants "pour faire face à la crise", à l'issue d'une réunion avec les syndicats enseignants. Des réponses à la mobilisation du personnel scolaire. Les enseignants et autres personnels de l'Education nationale, exaspérés par la valse des protocoles sanitaires liés au Covid-19 , se sont mis massivement en grève jeudi et ont manifesté pour demander des avancées au gouvernement , qui leur a promis des masques F

L’élue écologiste Sandrine Rousseau a apporté sa voix aux critiques, tout comme le député La France insoumise (LFI) Bastien Lachaud, qui a fustigé l’attitude « insupportable, irresponsable » d’un ministre qui « se prélasse à Ibiza et présente » un protocole « inepte au dernier moment ». « Qu’il dégage et qu’il y retourne ! », s’est emporté sur Twitter l’élu proche de Jean-Luc Mélenchon. « Trop c’est trop. Jean-Michel Blanquer doit démissionner », a abondé sa collègue de LFI Mathilde Panot.

Au-delà, plusieurs syndicats d’enseignants, comme le SNES-FSU, ont également fustigé la « légèreté » et la « désinvolture » de M. Blanquer, accusé de faire preuve de « mépris pour l’ensemble de la communauté éducative ».

« C’était validé avec le premier ministre »

Contacté par Le Monde, le cabinet de Jean-Michel Blanquer assure que le séjour du ministre dans l’archipel des Baléares « ne l’a pas empêché de travailler, d’être à la manœuvre ». « L’interview avec Le Parisien a été faite en visioconférence le samedi, puis actualisée le dimanche avant publication. Cela n’a changé en rien l’heure de sortie du protocole, poursuit-on de même source. S’il avait été là [à Paris], il n’aurait rien fait de différent. Ce n’est pas le ministre qui fait la navette entre le ministère de la santé et nous, mais le secrétaire général, c’est comme ça depuis deux ans. » Le Haut Conseil de la santé publique n’avait rendu son avis sur le protocole que le 31 décembre 2021 dans l’après-midi, rappelle-t-on rue de Grenelle pour expliquer le retard dans les annonces gouvernementales.

VIDÉO - “Je ne suis pas parfait” : Jean-Michel Blanquer esquisse un mea culpa

  VIDÉO - “Je ne suis pas parfait” : Jean-Michel Blanquer esquisse un mea culpa Ce vendredi 14 janvier, Jean-Michel Blanquer était invité de la matinale de France Info. Interrogé sur la grève des enseignants survenue la veille, le ministre de l’Éducation a présenté ses excuses. Au lendemain d’une grève et d’une mobilisation massive des enseignants en France, Jean-Michel Blanquer, au coeur des critiques, était l’invité de 8h30 de la matinale de France Info ce vendredi 14 janvier. Questionné par le journaliste Marc Fauvelle sur un possible mea culpa de sa part, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a fini par céder.

Covid-19 : Jean-Michel Blanquer précise la procédure de testing pour l’école

Selon un conseiller de l’exécutif, M. Blanquer s’était envolé pour Ibiza le 28 décembre 2021, après avoir assuré une interview dans la matinale de France Inter, pour des congés qui avaient été décalés en raison de la réunion d’un conseil de défense sanitaire le 27 décembre. M. Blanquer est revenu à Paris le 2 janvier, à la veille de la rentrée des classes. « Qu’il soit physiquement dans son bureau, en Normandie ou là-bas, ça n’aurait rien changé », défend un proche. L’Elysée, comme Matignon, se refusent pour leur part à tout commentaire.

L’entourage de M. Blanquer tente de déminer la polémique en assurant que ce dernier avait l’accord du premier ministre, Jean Castex, pour travailler à distance. « C’était validé avec le premier ministre. Le ministre était en télétravail constant », affirme un proche. « Le ministre devait être à deux heures de Paris, il était à deux heures de Paris. Il n’était pas à Tombouctou », ajoute son cabinet. Une version qui n’est pourtant pas confirmée au sommet de l’Etat. « Matignon ne valide pas les congés des uns et des autres, corrige un conseiller de l’exécutif. On fixe une règle : qu’ils restent en Europe, qu’ils restent à deux heures de Paris, et qu’ils soient joignables en permanence. »

Bac : les épreuves de spécialités vont-elles être décalées à juin?

  Bac : les épreuves de spécialités vont-elles être décalées à juin? Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, devrait consulter cette semaine le conseil national de la vie lycéenne pour voir si le report des épreuves du bac est opportun. A quelques mois de la présidentielle, le dossier reste très sensible…

« En termes d’image, Ibiza, c’est cata »

Un autre conseiller affirme que Matignon, tout comme une partie de l’entourage de Jean-Michel Blanquer, avaient déconseillé au ministre de partir à Ibiza dans ce contexte d’explosion de la vague Omicron, qui menaçait de désorganiser le pays, ainsi que l’avait alerté le conseil scientifique. « La symbolique n’est pas heureuse. En termes de com’, maintenant, on rame », soupire un stratège du pouvoir.

Au sommet de l’Etat, plusieurs sources jugent nécessaire de soutenir « quoi qu’il en coûte » ce ministre fragilisé, afin de ne pas ouvrir une crise politique à moins de trois mois de l’élection présidentielle des 10 et 24 avril. Si le capital politique de Jean-Michel Blanquer se retrouve déjà très entamé depuis la rentrée, il n’est pas question que la polémique rejaillisse sur Emmanuel Macron, qui s’apprête à briguer un second mandat. « Tu ne lâches pas ton ministre de l’éducation à trois mois de la présidentielle. Tu ne prends pas ce risque-là. Donc tu serres les dents. Et tu fais bloc », explique un dirigeant de la majorité, tout en reconnaissant qu’« en termes d’image, Ibiza, c’est cata ».

Après la grève du 13 janvier, Jean-Michel Blanquer contraint au dialogue et à un changement de méthode

Un député proche de M. Blanquer résume le sentiment ambiant dans une partie de la majorité : « Est-ce que c’était une bonne idée son week-end ? Non. Est-ce qu’on coupe la tête d’un ministre parce qu’il est parti quatre jours, validés avec le premier ministre, et qu’il a télétravaillé ? Non. Est-ce qu’on peut serrer les dents et passer à autre chose ? Pas le choix. » La plupart des critiques émises depuis la rentrée se sont concentrées sur Jean-Michel Blanquer, désigné de toutes parts comme la cible. Même Emmanuel Macron avait reconnu que la communication de son ministre était défaillante. « Il faut plus d’anticipation et plus de temps aux rectorats pour communiquer avec les écoles », avait-il admis le 4 janvier dans un entretien au Parisien.

Jean-Michel Blanquer, un ministre de l’éducation pris dans la tempête Omicron

Lundi soir, Jean-Michel Blanquer se trouvait sur le plateau de « C à vous », sur France 5, juste avant la publication de l’article de Mediapart. « On est évidemment tous pressés de passer à autre chose », a-t-il déclaré. Il parlait bien entendu de la crise sanitaire.

Grève dans l'Education nationale : la mobilisation en net recul .
Le ministère n'a comptabilisé que 1,15% d'enseignants grévistes dans le premier degré (maternelle et élémentaire) et 2,18% dans le second degré (collège et lycée). © Fournis par franceinfo Une grève peu suivie. Des enseignants ont défilé, jeudi 20 janvier, pour une nouvelle journée d'action visant à protester contre la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 à l'école, face à un Jean-Michel Blanquer fragilisé par la révélation de ses vacances à Ibiza.

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