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France: « Anticiper les chocs à venir » : à Toulouse, le mastère qui change la vie des ingénieurs

Dupont à son tour positif

  Dupont à son tour positif Alors que le coronavirus touche durement le Stade Toulousain, un des nouveaux cas décelés ce jeudi en amont du match de Champions Cup contre Cardiff concerne Antoine Dupont. Ce dernier pourrait manquer le début de la préparation du XV de France pour le Tournoi des 6 Nations.En effet, ce résultat met de manière immédiate fin aux espoirs d’Antoine Dupont de retrouver les terrains dès ce samedi face à Cardiff.

Dans ce cursus proposé à l’INP, des étudiants et des ingénieurs en reconversion questionnent le sens de leur métier au regard des enjeux écologiques, dans une perspective qui mêle sciences humaines et sciences dures.

Ancien ingénieur chez Airbus, Frédéric Berthelot, 42 ans, n’aurait jamais imaginé un jour se retrouver à plancher sur une question d’éthique à l’Institut national polytechnique (INP) de Toulouse. « Est-il juste d’être obligé de choisir entre emploi et environnement dégradé ? » : avec trois autres de camarades de promo, le quadra réfléchit aux termes du débat.

« L’opposition pensée telle quelle n’est pas juste, d’autant plus que la notion d’emploi induit celle de rémunération. Ce qui peut empêcher de penser le travail comme une activité au service des communs, régénératrice pour la planète. (…) Il s’agit donc d’une fausse question, nous avons toujours le choix… Tant que nous en assumons les conséquences », commente l’ingénieur revenu sur les bancs de l’école. Lui-même est bien placé pour le savoir. Après vingt ans de carrière chez le géant de l’aéronautique, il a demandé à être rattaché au plan social du constructeur pour intégrer en septembre 2021 le mastère spécialisé éco-ingénierie de Toulouse INP.

Grève à la SNCF. De fortes perturbations attendues lundi dans le Sud-Ouest

  Grève à la SNCF. De fortes perturbations attendues lundi dans le Sud-Ouest Une grève des aiguilleurs de l’axe Sud-Ouest devrait fortement perturber le trafic SNCF lundi 24 janvier 2022. Seuls 15 % des TGV entre Bordeaux et Paris rouleront. Une grève des aiguilleurs en Nouvelle-Aquitaine va très fortement perturber le trafic ferroviaire dans le Sud-Ouest de la France lundi 24 janvier, avec notamment l’annulation de 85 % des TGV entre Paris et Bordeaux et un trafic régional « très perturbé », a annoncé la SNCF ce vendredi 21 janvier 2022.

« On apprend à penser collectivement et à réfléchir aux changements à opérer en profondeur. » Frédéric Berthelot, ancien ingénieur chez Airbus

Cette formation s’adresse depuis huit ans à des professionnels en reconversion ainsi qu’à des étudiants en fin de cursus ingénieur. Elle ne délivre donc pas à proprement parler de titre d’ingénieur. Son intérêt est plutôt d’ouvrir les étudiants – ingénieurs pour la plupart – aux enjeux de la transition écologique. Le mastère est construit dans une approche transdisciplinaire qui tranche, à écouter les élèves, avec tout ce à quoi ils ont été habitués jusqu’à présent.

« En ingénierie, on fait, on conçoit, on se spécialise. Chaque petit problème est analysé, traité indépendamment, explique Frédéric Berthelot. Là, au contraire, on apprend à penser collectivement, de manière systémique, et à réfléchir aux changements à opérer en profondeur. Comme il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, cela nous permet d’exprimer des questionnements, des tiraillements, que nous avions jusqu’alors intériorisés. »

Le «cannibale des Pyrénées» s’échappe de prison et agresse une femme à Toulouse

  Le «cannibale des Pyrénées» s’échappe de prison et agresse une femme à Toulouse Un homme identifié comme le «cannibale des Pyrénées» s'est échappé d'un hôpital psychiatrique où il était interné et a agressé une femme en pleine rue, à Toulouse. © SYSPEO/SIPA Le parquet de Toulouse a ouvert vendredi une enquête pour «tentative de meurtre» après l'agression d'une septuagénaire par Jérémy Rimbaud, l’homme surnommé le «cannibale des Pyrénées» qui s'était enfui de l'hôpital psychiatrique où il est interné.

« Enseigner la complexité »

Cours d’éthique donc, mais aussi d’économie, de sciences de l’environnement, d’épistémologie, ou encore, comme plus tôt dans la matinée, d’anthropologie de la nature… Cette multiplication des points de vue « pour enseigner la complexité », c’est toute l’ambition de la formation. « Notre responsabilité est de préparer au mieux les élèves à absorber, anticiper et imaginer des chocs qui peuvent avoir des conséquences en cascade. La crise du Covid-19 en est le meilleur exemple, considère Roman Teisserenc, responsable pédagogique du mastère. Les entreprises doivent prendre conscience de l’intérêt de former des ingénieurs capables de vivre dans l’incertitude et ouverts aux sciences humaines et sociales. Sinon je crains que le défi environnemental ne soit pas relevé et que le métier d’ingénieur ne rencontre une crise des vocations », poursuit-il.

Toulouse : qui est le «cannibale des Pyrénées» et comment a-t-il pu s'échapper ?

  Toulouse : qui est le «cannibale des Pyrénées» et comment a-t-il pu s'échapper ? Une histoire qui fait froid dans le dos. La semaine dernière, un homme surnommé "le cannibale des Pyrénées" a tenté d'agresser une femme au centre de Toulouse, qui a pu être secourue par son voisin. L'agresseur venait de s'échapper de l'hôpital psychiatrique de la ville, où il avait été interné en 2013. C'est un voisin qui a réussi à éviter le pire. Mercredi dernier, Jérémy Rimbaud, surnommé "le cannibale des Pyrénées", a tenté de s'en prendre à une femme dans le centre de Toulouse .

La promotion compte autant d’hommes que de femmes, de 21 à 48 ans, dont les deux tiers en reconversion

Des ingénieurs, comme Frédéric Berthelot, « qui s’interrogent sur leur utilité, notamment au regard des enjeux environnementaux », Roman Teisserenc en a rencontré plus d’un. « Il était facile au sortir de la seconde guerre mondiale de trouver du sens à son métier, explicite-t-il. Il fallait reconstruire des ponts et nourrir les Français. Aujourd’hui, avec la logique productiviste poussée à outrance, certains ont l’impression de travailler uniquement pour leur entreprise et non plus pour le bien commun. » Le premier confinement a ensuite agi « comme un accélérateur ». Résultat, depuis la rentrée 2020, le nombre de dossiers de candidature a augmenté, et les effectifs du mastère ont doublé, passant de 24 à 50 étudiants. Cette année, la promotion compte autant d’hommes que de femmes, âgés de 21 à 48 ans, dont les deux tiers sont en reconversion.


Vidéo: La raison d’être ce n'est pas de la com' [Benoît Heilbrunn] (Dailymotion)

Les écoles d’ingénieurs, confrontés aux « problématiques environnementales », font leur transition écologique

« Avec le recul, je peux dire que j’ai autant appris auprès des professeurs que de mes camarades de promo, confie Evanie Fort, 38 ans, ex-étudiante. La maturité et l’engagement des plus jeunes m’ont particulièrement bluffée. » Dès le début de l’année, le groupe part en excursion deux jours à la montagne pour souder le groupe et libérer la parole. Une étape importante pour poser les bases d’un collectif. « Il est important de se sentir entouré le jour où vous mettez un coup de pied dans la porte, souligne Caroline Mouille, 24 ans, étudiante de la promotion 2020. Car quand vous vous apercevez de l’état de dégradation de la biodiversité, des ressources naturelles, de la gestion des déchets, cela peut générer beaucoup d’émotions. »

Coronavirus à Toulouse : Le trafic des TER perturbé à cause de l'épidémie

  Coronavirus à Toulouse : Le trafic des TER perturbé à cause de l'épidémie Comme le reste de la population, les conducteurs de la SNCF sont touchés par l’épidémie de Covid-19 ces derniers jours © Fred Scheiber / SIPA En gare Matabiau, à Toulouse (Illustration). SNCF - Comme le reste de la population, les conducteurs de la SNCF sont touchés par l’épidémie La SNCF n’est pas épargnée par l’épidémie de Covid-19 qui sévit en France. En particulier dans la région Occitanie où l’Agence régionale de santé dénombrait vendredi dernier pas moins de 30.

« Etre humbles face aux enjeux »

« J’ai toujours ressenti une forme d’éco-anxiété, mais je me la cachais en tentant d’adopter de bons gestes au quotidien », admet-elle. Ce n’est que lorsqu’elle intègre le collectif Pour un réveil écologique, créé à la suite du manifeste signé par plus de 33 000 étudiants engagés pour le climat en 2018, puis la formation proposée par Toulouse-INP, qu’elle réussit « à mettre des mots dessus ». Estelle Baguena, 41 ans, ex-ingénieure dans le secteur bancaire et camarade de promo de Caroline Mouille, abonde : « Ce mastère nous apprend à être humbles face aux enjeux soulevés. Il n’y a pas de solution technique miracle. Il faut donc accepter de replacer l’humain, le collectif, la gestion des émotions au cœur des solutions. »

« Il me semblait important de repasser par la case académique. » Estelle Baguena, ex-ingénieure, 41 ans

Avec cette formation, les horizons professionnels de chacun s’élargissent. Estelle Baguena, par exemple, a demandé à sa banque un congé sabbatique pour suivre la formation, puis pour travailler au sein d’une association de lutte contre le gaspillage alimentaire. « Je souhaitais évoluer vers un poste qui avait plus d’impact, explique-t-elle. Pour me légitimer auprès de ma hiérarchie ainsi qu’à mes propres yeux, il me semblait important de repasser par la case académique. » Aujourd’hui, elle ne sait pas si elle retournera dans le secteur bancaire à l’issue de son contrat. « Je suis très ancrée dans l’idée que la refonte du système doit être globale et passera par une multitude de chemins différents. Mais je ne sais pas encore quelle y sera ma place », indique-t-elle.

Toulouse : Le chauffard de 15 ans prend tous les risques dans sa fuite et se retrouve bloqué dans les bouchons

  Toulouse : Le chauffard de 15 ans prend tous les risques dans sa fuite et se retrouve bloqué dans les bouchons Le jeune conducteur a été interpellé mardi soir à Toulouse © Alexandre GELEBART/REA Coincé dans la circulation, le chauffard a pu être rattrapé par les policiers, qui l’ont interpellé (illustration du périphérique est de Toulouse). CONDUITE - Le jeune conducteur a été in Mardi soir, vers 20 heures, des policiers de la compagnie départementale d’intervention de Toulouse remarquent un véhicule qui circule en faisant des embardées, dans le quartier Casselardit. Ils décident de le contrôler, mais ce dernier refuse de s’arrêter.

Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs

Pour d’autres, il n’y a plus de doutes : c’est à l’échelon local qu’ils se sentiront « plus utiles ». « Les territoires sont des lieux d’expérimentation et de reprise du pouvoir parfaits pour accélérer la transition écologique », estime Evanie Fort. Quitte donc à ne plus travailler pour de grandes entreprises et parfois à voir baisser son salaire. Elle-même se projette chargée de mission environnement au sein d’une collectivité et ne se préoccupe plus de voir ses revenus « divisés par 2,5 ». « J’ai évidemment évalué l’impact financier sur mon budget, décrit-elle. Mais je gagne tellement plus en confort de vie et en alignement avec moi-même que cela va bien au-delà du matériel. »

Remise en question

Plus prosaïquement, Pauline Tatout, 23 ans, pense d’abord « à rembourser [son] prêt étudiant ». Mais « plus à n’importe quel prix et en accord avec [ses] convictions », dit-elle. Titouan Kernéïs, 22 ans, actuellement à la recherche d’un stage pour boucler son mastère, envisage très sérieusement de s’orienter vers les low-tech. « J’aimerais trouver des solutions de technologies simples, peu onéreuses, avec des matériaux de récup’ et facilement réparables. » Lui comme Nicolas Liénard, 23 ans, souhaitent « d’abord s’intéresser aux problèmes et aux besoins des individus, avant de développer un outil qui y répondrait ».

Le mastère spécialisé, un bon moyen de relancer sa carrière

Certains vont même jusqu’à remettre en question leur statut d’ingénieur. « Ce que je n’aurais jamais imaginé auparavant, confie Marion Coutance, 26 ans, diplômée en 2020. Mais j’essaie toujours aujourd’hui de m’extraire de certains de ses conditionnements comme la pseudo-objectivité, l’optimisation et l’efficacité permanente. » Elle hésite par exemple à reprendre des études de philo ou à devenir guide en moyenne montagne « pour apporter de l’émerveillement et faire prendre conscience de notre interdépendance au monde du vivant ». Rester ingénieur n’est plus non plus, pour Frédéric Berthelot, l’ex-salarié d’Airbus, une fin en soi. « Les solutions techniques, on les trouvera. Par contre, ce qu’il manque, aujourd’hui, c’est penser, d’un point de vue sociologique, à la société dans laquelle nous voulons vivre. »

Le mastère spécialisé, un quadra qui se porte bien .
Pour répondre aux besoins des entreprises et à la demande des étudiants, les grandes écoles misent de plus en plus sur le mastère spécialisé, une formation lucrative et qui nécessite peu d’investissements. C’est un quadragénaire agile, très adaptable. Chaque année, des milliers d’étudiants et de jeunes actifs le sollicitent avec entrain, mais seuls les meilleurs sont reçus. Il s’agit du mastère spécialisé (MS). Alors qu’il était considéré comme un ovni au début des années 1980, 403 sont aujourd’hui labellisés par la Conférence des grandes écoles.

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