France: Le Maroc prêt à accueillir l’imam du Nord menacé d’expulsion, selon Gérald Darmanin

Policiers agressés à Lyon : la nouvelle polémique autour de Gérald Darmanin en quatre actes

  Policiers agressés à Lyon : la nouvelle polémique autour de Gérald Darmanin en quatre actes Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’agression de trois policiers à Lyon mercredi 20 juillet 2022 a suscité de nombreuses réactions, dont celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. À l’annonce de l’arrestation d’un suspect, le ministre a immédiatement affirmé qu’il serait expulsé. Une position qu’il a maintenue, malgré le fait que l’homme ait été mis hors de cause depuis. Sa position a été vivement critiquée dans l’opposition. Gérald Darmanin de nouveau pointé du doigt. Dimanche 24 juillet 2022, le ministre de l’Intérieur a affirmé sur Twitter qu’un suspect arrêté pour des violences commises sur des policiers à Lyon, serait expulsé.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l’expulsion d’un imam du Nord. © JULIEN DE ROSA / AFP Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé l’expulsion d’un imam du Nord.

Alors que le ministre de l’Intérieur avait annoncé l’expulsion d’un imam du Nord, la semaine passée, il a ajouté ce mardi 2 août que le Maroc lui avait accordé un laissez-passer consulaire.

Gérald Darmanin a annoncé ce mardi 2 août que le Maroc avait délivré un « laissez-passer consulaire, il y a 24 heures », pour « expulser manu militari » de France Hassan Iquioussen, un prédicateur réputé proche des Frères musulmans, vivant dans le Nord.

Expulsé « sans possibilité de retour »

Répondant à une question du député RN Sébastien Chenu à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a remercié le Maroc pour la délivrance de ce laissez-passer, laissant entendre que l’expulsion se ferait vite, dès que le prédicateur aurait été interpellé.

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  Hauts-de-France : un imam menacé d'expulsion pour incitation à la haine Hassan Iquioussen, imam dans la région de Valenciennes, doit être expulsé par arrêté ministériel. Dans ses prêches, il appelle à la haine et la violence, notamment contre la communauté juive, selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Ce que l'intéressé et son avocate contestent. © Fournis par franceinfo Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi 28 juillet 2022 sur Twitter l'expulsion d'Hassan Iquioussen.

Rappelant qu’il avait signé l’arrêté d’expulsion de Hassan Iquioussen, Gérald Darmanin a fait valoir que ce dernier était inscrit au « FPR », le fichier des personnes recherchées.

« Nous l’avons convoqué au commissariat de police et dès que les policiers ou les gendarmes auront interpellé Hassan Iquioussen, il sera expulsé du territoire national sans possibilité de retour », a-t-il dit.

Un recours formulé

L’avocate de Hassan Iquioussen, Me Lucie Simon, a annoncé sur Twitter avoir saisi le tribunal administratif de Paris « en référé ».

« Le droit au recours effectif est garanti par la Constitution, l’expulsion de Hassan Iquioussen ne saurait avoir lieu avant qu’un juge impartial ne se prononce sur sa légalité », a indiqué Me Simon.

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  La loi séparatisme a-t-elle rendu possible la procédure d’expulsion visant l’imam Hassan Iquioussen? Selon plusieurs experts interrogés par CheckNews, ce n’est pas la loi portée par Gérald Darmanin qui aurait permis d’amorcer une procédure d’expulsion du prédicateur, contrairement à ce qu’avance le ministre.Accusé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin de tenir «depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France, contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes», le prédicateur islamiste Hassan Iquioussen fait l’objet d’un arrêté d’expulsion vers le Maroc, dont il a la nationalité (malgré sa naissance en France, il n’a pas souhaité être naturalisé).

Ce recours « n’est pas suspensif » de l’expulsion, « mais il est d’usage d’attendre la décision du juge », a-t-elle, sans plus de détails sur la localisation de son client.

Protestations dans le Nord

L’annonce de l’expulsion à venir, faite jeudi dernier sur Twitter par Gérald Darmanin, a suscité une série de protestations.

Dans un communiqué, 31 mosquées des Hauts-de-France ont apporté leur soutien au prédicateur, estimant qu’il était victime d’une « erreur manifeste d’appréciation ».

Tout en lui attribuant « une vision particulièrement conservatrice de la religion » et des conceptions que « nombreux trouvent rétrogrades », la section des Hauts-de-France de la Ligue des Droits de l’Homme a pointé que les raisons « invoquées par l’exécutif remontent à une vingtaine d’années, soit une époque antérieure à plusieurs renouvellements de son titre de séjour ».

« Ces procédures douteuses doivent interpeller tous les démocrates soucieux de préserver notre État de droit », a estimé pour sa part le député Nupes-LFI de la 8e circonscription du Nord, David Guiraud, accusant Gérald Darmanin de vouloir « saturer les ondes » avec « un discours sécuritaire et répressif ».

Installé près de Valenciennes

Ce prédicateur est très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur sa chaîne YouTube suivie par 169 000 personnes et sa page Facebook aux 42 000 abonnés.

Né en France, à Denain, et vivant près de Valenciennes, Hassan Iquioussen, âgé de 57 ans, avait décidé à sa majorité, selon Gérald Darmanin, de ne pas choisir la nationalité française. Lui affirme avoir renoncé à 16 ans sous l’influence de son père à la nationalité française, et avoir ensuite tenté en vain de la recouvrer.

Le ministre a rappelé les motifs de son expulsion, à savoir des propos antisémites, des thèses complotistes et contre l’égalité entre les femmes et les hommes et pour avoir qualifié de « pseudo-attentats » les attentats survenus en 2015 en France.

Repoussé, le projet de loi immigration de Gérald Darmanin se précise .
Depuis un mois, le ministre de l’Intérieur avance ses pistes repressives visant les immigrés. Nombre d’associations y voient des obstacles sur la voie de leur intégration.«Aujourd’hui, un étranger qui a commis des actes graves n’est pas expulsable dès lors qu’il remplit certaines conditions, comme une arrivée sur le territoire national avant l’âge de 13 ans. Je vais être explicite : nous voulons permettre l’expulsion de tout étranger reconnu coupable d’un acte grave par la justice, quelle que soit sa condition de présence sur le territoire national», a d’abord déclaré Gérald Darmanin dans une interview au Monde, le 9 juillet.

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