France: Le béluga qui s'est égaré dans la Seine refuse de manger

Béluga dans la Seine : les espoirs de sauver le cétacé égaré s'amenuisent

  Béluga dans la Seine : les espoirs de sauver le cétacé égaré s'amenuisent Repéré en début de semaine dans la Seine, le béluga ne s'alimente toujours pas ce dimanche et présente des signes de maladie, laissant "peu d'espoir" à une issue heureuse. Pour l'instant, l'option de l'euthanasie est "écartée" car "prématurée", souligne Lamya Essemlali, présidente de l'association Sea Shepherd France. Cinq jours après avoir été découvert dans la Seine, le béluga, qui vit dans des eaux froides habituellement, ne s'alimentait toujours pas dimanche et présentait des signes de maladie, laissant "peu d'espoir" à une issue heureuse.

Le béluga est une petite baleine blanche qui vit habituellement dans les eaux arctiques. © Jean-François MONIER / AFP Le béluga est une petite baleine blanche qui vit habituellement dans les eaux arctiques.

Le béluga qui s'est perdu dans la Seine refuse de se nourrir. Il est entré dans une écluse vendredi 5 août 2022 au soir, à 70 km de Paris, le plaçant dans une situation de stress supplémentaire, selon les équipes de sauvetage qui espèrent encore réussir à le faire manger.

Des équipes de l'ONG Sea Shepherd à la recherche du béluga égaré dans la Seine. © Jean-François MONIER / AFP Des équipes de l'ONG Sea Shepherd à la recherche du béluga égaré dans la Seine.

Le béluga, repéré mardi dans la Seine, est entré dans une écluse vendredi 5 août 2022 au soir, à 70 km de Paris, une situation qui représente un « risque de stress supplémentaire » pour ce cétacé, qui refuse de se nourrir.

Béluga dans la Seine : des vitamines vont être administrées au cétacé

  Béluga dans la Seine : des vitamines vont être administrées au cétacé Alors qu'il ne s'alimente plus depuis plusieurs jours, des vitamines vont être administrées au béluga qui se trouve dans la Seine à environ 70 kilomètres de Paris pour qu'il retrouve de l'appétit, a annoncé la préfecture de l'Eure. Les tentatives de le nourrir, avec des harengs morts puis des truites vivantes, n'auraient pas abouti.Le béluga, un cétacé de quatre mètres dont la présence dans la Seine est exceptionnelle, continuait toujours de ne pas s'alimenter samedi, alors qu'il se trouve dans une écluse d'une dimension d'environ 125 m sur 25 m depuis vendredi. "C'est un individu assez décharné et qui semble avoir des difficultés d'alimentation", a dit Isabelle Dorliat-Pouzet.

L'écluse dans laquelle est rentré le béluga, une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux froides, est désormais fermée et interdite à la navigation jusqu'à nouvel ordre, selon la préfecture de l'Eure.

Mais cette situation peut également représenter « un risque de stress supplémentaire que l'on ne veut pas prendre », a prévenu auprès de l'AFP la présidente de l'ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali.

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Refus de s'alimenter

Elle a déploré que « les tentatives de nourrissage dans le fleuve n'ont pour l'instant pas intéressé le béluga » mais qu'il reste un espoir que « ce soit différent dans l'écluse ».

« On aimerait bien qu'il mange, mais s'il ne réagit pas positivement ça va devenir compliqué », a-t-elle poursuivi au sujet de l'animal, désormais isolé dans l'écluse de Notre-Dame de la Garenne près de Vernon, à 70 km au nord-ouest de la capitale.

Un béluga perdu dans la Seine, à plus de 80 kilomètres des côtes

  Un béluga perdu dans la Seine, à plus de 80 kilomètres des côtes Un nouveau cétacé a été repéré dans la Seine mardi, après une orque en juin. Il s’agirait d’un béluga, habitué aux eaux glaciales, qui aurait remonté le fleuve depuis la Manche sur plus de 80 kilomètres.Le béluga, une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux froides est aussi appelé baleine blanche. Ce cétacé, qui peut mesurer jusqu’à 5 mètres de long, vit habituellement en groupe dans les eaux glaciales de l’océan Arctique et dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec. Le communiqué de la préfecture précise qu’il «arrive à des individus isolés d’errer dans des eaux plus méridionales».

Elle s'est montrée pessimiste sur les suites possibles si l'animal ne se nourrit pas: « les vétérinaires spécialisés dans les bélugas nous disent qu'il faut agir vite, son état de maigreur étant très avancé, et le sortir de l'eau pour lui prodiguer des soins s'annonce très difficile ».

Opération sauvetage compliquée

Gérard Mauger, vice-président du Groupe d'Etude des Cétacés du Cotentin (GEEC) a continué d'observer le béluga vendredi. « Il a le même comportement qu'hier, très fuyant. Il fait de très courtes apparitions en surface, suivies de longues apnées », a indiqué M. Mauger.

En s'approchant à une cinquantaine de mètres, « on a fait des enregistrements acoustiques, avec nos moteurs coupés, mais il n'a pas fait d'émissions sonores », a-t-il regretté.

Quatre embarcations étaient vendredi sur zone, selon M. Mauger, celle du Sdis (Service Départemental d'Incendie et de Secours), de l'OFB (Office français de la biodiversité), de Sea Shepherd et de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer).

Un béluga repéré dans la Seine : trois questions sur sa présence, sa santé et l’opération de sauvetage

  Un béluga repéré dans la Seine : trois questions sur sa présence, sa santé et l’opération de sauvetage Très amaigri, le cétacé aperçu dans le fleuve mardi est un béluga, une petite baleine blanche qui vit habituellement dans les eaux arctiques. Une orque s’était déjà aventurée dans la Seine en mai. Explications avec l’ONG Sea Shepherd. © Fournis par Le Monde Des membres de l’ONG Sea Shepherd recherchent un béluga repéré alors qu’il remontait la Seine, près d’une écluse, à Courcelles-sur-Seine (Eure), le 5 août 2022. La mort tragique d’une orque dans la Seine avait déjà suscité l’émotion en mai. C’est désormais un autre cétacé qui concentre l’attention de Sea Shepherd France, une ONG de défense et de protection des océans.

Une orque en mai

Début juillet, Sea Shepherd avait annoncé avoir observé dans l'estuaire du Havre un cétacé présenté comme un rorqual.

En mai, c'est une orque qui s'était retrouvée en difficulté dans la Seine entre Rouen et Le Havre. Les opérations pour tenter de sauver le cétacé avaient échoué et l'animal était finalement mort de faim.

La nécropsie -un examen post-mortem réalisé sur un animal- avait confirmé la « mauvaise condition physique » de l'orque, une femelle immature de plus de quatre mètres et de 1100 kg. Elle avait permis de découvrir une balle logée à la base du crâne du mammifère.

« Aucune certitude » n'avait pu être établie sur le lien entre la munition et la mort de l'orque, les experts privilégiant « l'hypothèse selon laquelle l'animal est mort d'inanition ».

Ce triste dénouement, « c'est ce que l'on souhaite éviter avec le béluga. Pour nous, il faut faire un test ADN rapidement pour connaître son origine et effectuer un rapatriement », a souligné Mme Essemlali.

Urgence de nourrir le béluga

« L'urgence est déjà de le nourrir avec des poissons morts, des harengs congelés probablement, pour éviter qu'il ne s'épuise car le milieu n'est pas très accueillant pour lui », avait estimé Mme Essemlali.

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s'agit du second béluga connu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948.

En 1966, un autre individu avait remonté le Rhin jusqu'en Allemagne et en 2018, un béluga avait été observé dans l'estuaire de la Tamise en Angleterre, rappelle Pelagis.

« Ces cas d'errance restent inhabituels et inexpliqués, avec probablement des raisons multiples comme l'état de santé, l'âge (les subadultes se dispersant plus facilement), l'isolement social, les conditions environnementales, etc », poursuit l'observatoire.

Le béluga repéré dans la Seine finalement localisé à proximité d'une écluse au nord-ouest de Paris .
La préfecture de l'Eure va tenter de maintenir l'animal sur place pour effectuer des observations. © Fournis par franceinfo Le béluga repéré mardi dans la Seine a été localisé jeudi 4 août à proximité d'une écluse, à environ 70 km au nord-ouest Paris, où les autorités vont tenter de le maintenir pour effectuer des observations, a annoncé la préfecture de l'Eure. Le béluga, une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux froides, se trouve "aux environs de Vernon", a précisé la préfecture.

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