France: Réforme des retraites : la CFDT s’opposera «par tous les moyens» à un passage en force

Au ministère du Travail, dialogue social à sens unique

  Au ministère du Travail, dialogue social à sens unique Olivier Dussopt a présenté ce lundi aux syndicats et au patronat sa feuille de route vers le «plein-emploi». Les centrales en sont sorties dubitatives, d’autant que l’Elysée reste déterminé à faire sa réforme des retraites d’ici l’été 2023.Le petit raout était organisé au ministère du Travail, à Paris VIIe, autrement dit dans «la maison du dialogue social» (dixit un conseiller ministériel), et plus précisément dans la «salle des Accords», rendue fameuse par les négociations qui s’y sont tenues en mai 1968.

Laurent Berger s'oppose à une réforme des retraites via amendement. (Archives) LP/Olivier Lejeune © LP/Olivier Lejeune Laurent Berger s'oppose à une réforme des retraites via amendement. (Archives) LP/Olivier Lejeune

Un passage en force sur la réforme des retraites braquerait les syndicats, à commencer par la CFDT. Le syndicat « s’opposera par tous les moyens » à une réforme des retraites qui passerait par un amendement au Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), y compris en quittant la table des discussions du Conseil national de la refondation (CNR), a affirmé dimanche son secrétaire général Laurent Berger. « (S’)il y a un amendement dans le PLFSS sur les retraites, la CFDT, de facto, elle sort du CNR et des discussions sur tous les sujets », a mis en garde Laurent Berger sur France Inter. « Oui nous sortirons parce qu’il y aura déloyauté », a insisté le patron du premier syndicat français, dénonçant par avance une « mesure brutale » qui montrerait une « forme de mépris des organisations syndicales ».Le président de la République Emmanuel Macron a promis durant sa campagne de porter l’âge légal de la retraite à 65 ans. L’exécutif n’a pas exclu que la réforme soit adoptée rapidement, via le PLFSS présenté le 26 septembre en Conseil des ministres et examiné ensuite au Parlement.

Retraites: le discours de la méthode de François Bayrou

  Retraites: le discours de la méthode de François Bayrou Plaidoyer pour un "réformisme démocratique": François Bayrou a réitéré dimanche sa mise en garde à Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, l'appelant à se donner "trois ou quatre mois" pour faire "un pas décisif" vers une méthode "plus respectueuse". Avec "un travail de concertation", "je pense qu'on fait un pas décisif dans une méthode plus respectueuse", celle du "réformisme démocratique", a insisté M. Bayrou."On n'est pas aux pièces", a insisté le président du MoDem en clôture des Universités d'été du parti à Guidel (Morbihan).

Bayrou aussi opposé à un passage en force

Dans une interview au Parisien, ce dimanche, le patron du MoDem François Bayrou a également mis en garde contre une telle méthode, bien qu’il soit allié à Emmanuel Macron. « Si on se lance dans cette voie-là, alors nous sommes certains de coaliser d’abord les oppositions entre elles, puis de diviser la société française », justifiait-il, appelant à « rassembler » plutôt qu’« opposer ». La CFDT, qui ne participera pas à la manifestation à l’appel de la CGT le 29 septembre, est prête à unir ses forces avec les autres organisations syndicales sur le sujet des retraites, a prévenu Laurent Berger : « S’il y a un passage par le PLFSS, la CFDT, avec les autres organisations syndicales (…) on réagira ensemble (…) On réagira par tous les moyens qui sont ceux du mouvement syndical. » « Personne ne veut un passage en force », assure Séjourné « Il y aura un débat au Parlement » sur la réforme des retraites, a martelé dimanche Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance, soulignant que l’activation de l’article 49.3, qui permet l’adoption d’un texte sans vote, représenterait « aussi une forme de risque pour le gouvernement ». Et le cadre du parti majoritaire d’assurer : « Personne ne veut un passage en force sur cette réforme des retraites. » Mais le ministre du Travail, Olivier Dussopt, s’est fait moins clair sur France 3 ce même jour, n’excluant pas une mesure dans le PLFSS en octobre. Le passage de la mesure à l’Assemblée, « ça peut être en octobre, comme ça peut être au printemps. (…) cela fait partie des procédures possibles », a-t-il dit, précisant vouloir réserver la « primeur de l’information » aux partenaires sociaux qu’il doit rencontrer lundi.

« Gauche des allocs » : quand le Parti communiste entretient le mythe de la paresse des pauvres .
En réaction aux propos de Fabien Roussel à la Fête de l’Humanité, le sociologue Serge Paugam rappelle qu’il n’existe pas de frontière étanche entre le travail et l’assistance.Que recouvrent en réalité les « allocs » ? L’expression inclut aussi bien les revenus de l’assistance et des minima sociaux versés au titre de la solidarité nationale que les revenus l’assurance, c’est-à-dire issus des cotisations salariales. En englobant ces deux sources distinctes de revenus, c’est tout le socle de la protection sociale française qui est visé : aussi bien les indemnités chômage, les allocations familiales, les congés maladie que les minima sociaux.

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