France: Décès d'Élizabeth II: une nostalgie passagère pour la monarchie

Mort de la reine Élizabeth II : Retour sur son évolution physique !

  Mort de la reine Élizabeth II : Retour sur son évolution physique ! La reine Elizabeth II s'est éteinte ce jeudi 8 septembre. L'occasion de revenir sur son évolution physique et ses 70 ans de règne.« Un nouvel âge d’or »

Elizabeth II et Emmanuel Macron © Jack Hill / POOL / AFP Elizabeth II et Emmanuel Macron

EDITO-  Ce qui fascine avec la monarchie britannique, c'est la pérennité, la stabilité, en ces temps de changements permanents à un rythme de plus en plus accéléré. Et si l'on avait raté le coche d'une monarchie constitutionnelle?

Succès d'audience, tirages exceptionnels… L'intérêt que manifestent les Français à l'égard des cérémonies organisées outre-Manche à l'occasion des funérailles d'Elisabeth II et de l'avènement de Charles III serait la marque d'une nostalgie pour la monarchie. D'une "envie de prince", comme disait Charles de Gaulle, d'un chagrin jamais apaisé depuis la mort de Louis XVI. Notons au passage que la France n'a pas l'apanage de cet engouement. Un peu partout dans le monde, on est fasciné par les décors, les costumes, l'étiquette, un cérémonial totalement suranné, mais délicieusement raffiné.

« Après Elizabeth II, une monarchie modeste et rétrécie », selon Simon Kuper

  « Après Elizabeth II, une monarchie modeste et rétrécie », selon Simon Kuper Le journaliste et écrivain britannique, chroniqueur au « Financial Times » et auteur cet été d’une série d’articles très remarquée dans « Le Monde », revient dans un texte très personnel sur le profil de la reine et les risques de désunion qui menacent désormais son pays, le Royaume-Uni. Dans ce film amateur fou qui date probablement de 1933, Elizabeth a environ 7 ans. Elle joue dans le jardin avec sa sœur cadette Margaret, sa mère et son oncle, le prince Edouard. Tous font un salut nazi devant la caméra. C’est un tableau de l’époque : en 1933, bon nombre de Britanniques de la haute société admiraient le nouveau « Führer » anticommuniste.

Une plongée dans un autre monde, entre Game of Thrones et Downton Abbey. Au-delà du faste, ce qui fascine également avec la monarchie britannique, c'est la pérennité, la stabilité, en ces temps de changements permanents à un rythme de plus en plus accéléré, où les gouvernements passent, mais aussi les entreprises, les marques, les objets quotidiens, les modes. Durant soixante-dix ans, la reine a porté les mêmes chapeaux, les mêmes manteaux, les mêmes sacs à main, a reçu les Premiers ministres dans le même décor, à la même heure… C'est rassurant, apaisant, comme le grenier d'une maison de famille. Mais ces événements ont un retentissement particulier en France, ils provoquent une sorte d'introspection non avouée: et si l'on n'avait pas guillotiné le roi?

Le Canada aimait sa reine mais plus vraiment la monarchie

  Le Canada aimait sa reine mais plus vraiment la monarchie Les Canadiens sont restés jusqu'au bout attachés à Elizabeth II, leur reine, mais la relation avec la monarchie s'est de plus en plus distendue et le décès de la souveraine jeudi va rouvrir un débat sur le système politique, estiment des experts. Tout nouveau citoyen canadien devait jusqu'ici, lors d'une cérémonie, prêter "sincère allégeance à Sa Majesté la reine Elizabeth II, reine du Canada, à ses héritiers et successeurs"."Le Canada est une exception monarchiste au milieu d'un continent plutôt républicain", rappelle Marc Chevrier, professeur de sciences politiques à l'université du Québec à Montréal.

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À la recherche de l'équilibre des pouvoirs

Et si l'on avait raté le coche d'une monarchie constitutionnelle? Car ce qui manque en France, c'est une forme d'immanence (aux Etats-Unis, Dieu et la bible jouent ce rôle). Certes, la Ve République a souvent été qualifiée de monarchie républicaine, car elle a doté le chef de l'Etat de pouvoirs considérables, tout en instaurant un apparat censé rappeler les rites royaux, comme le collier de grand maître de la légion d'honneur qui fait office de couronne. Mais ce simulacre ne reprend pas la fonction principale du roi, ou de la reine, dans une monarchie constitutionnelle: la présence d'une autorité impartiale, ancrée dans la tradition. Le président de la République procède d'une élection, il est choisi par un camp. Il ne peut être à la fois chef de l'exécutif et arbitre, protecteur de tous. Trop soucieuse de singer la monarchie, la Constitution a oublié ce qui fait la stabilité d'autres peuples: l'équilibre des pouvoirs. Une monarchie à l'anglaise, avec ce que cela implique de privilèges d'un autre temps (droit d'aînesse, primogéniture masculine, titres héréditaires, élite sociale…) ne saurait séduire un peuple qui a fait la Révolution à plusieurs reprises et semble attaché plus que tout à la république. En revanche, une évolution permettant l'élection d'un président garant (comme en Allemagne, en Italie, en Israël…) et la désignation d'un chef de l'exécutif issu du Parlement redonnerait sens et vitalité à la démocratie.

Mort d'Elizabeth II. Au Canada, Justin Trudeau refuse de "débattre" de la place de la monarchie .
Le Canada fait partie des pays où la mort de la reine Elizabeth II peut relancer le débat sur une éventuelle sortie du système de monarchie constitutionnelle. Ce dimanche 18 septembre, le Premier ministre Justin Trudeau a fait savoir à Radio-Canada qu'il ne comptait pas "débattre" sur le sujet, décrivant un système qui "fonctionne".Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé ce dimanche 18 septembre de rouvrir le débat constitutionnel sur la place de la monarchie britannique, dont le souverain est automatiquement le chef d'État du Canada.

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