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France: Eric Arella, grand flic devenu malgré lui le symbole d'une fronde policière

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Eric Arella, patron évincé de la PJ de la zone Sud, dans son bureau à Marseille le 23 septembre 2020 © Christophe SIMON Eric Arella, patron évincé de la PJ de la zone Sud, dans son bureau à Marseille le 23 septembre 2020

Grand flic respecté par ses troupes et ses partenaires judiciaires pour son professionnalisme et son intégrité, Eric Arella, patron évincé de la PJ de la zone Sud, est devenu malgré lui le symbole de la fronde policière contre la réforme de la police judiciaire.

"Tout le monde est abasourdi", confiait vendredi à l'AFP un cadre de l'office central de la PJ après l'annonce de cette éviction, au lendemain de la spectaculaire manifestation à l'Evêché, le célèbre hôtel de police de Marseille, de quelque 200 enquêteurs hostiles à la réforme, à l'occasion de la venue du directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux.

L'éviction du patron de la PJ Sud, en pleine réforme, provoque un tollé

  L'éviction du patron de la PJ Sud, en pleine réforme, provoque un tollé L'éviction vendredi du patron de la police judiciaire pour le sud de la France, au lendemain d'une action de ses troupes contre la réforme de la PJ, a suscité l'indignation générale d'une institution habituellement taiseuse, faisant descendre des centaines de policiers dans la rue. - "Merci patron" - Après le limogeage d'Eric Arella, des centaines d'officiers se sont rassemblés dans toute la France vendredi. A Marseille, ils étaient environ 200 à crier des "bravo", "merci patron" au passage de la voiture d’Éric Arella.

Eric Arella fait un signe aux policiers de la PJ rassemblés le 7 octobre 2022 à Marseille © NICOLAS TUCAT Eric Arella fait un signe aux policiers de la PJ rassemblés le 7 octobre 2022 à Marseille

L'onde de choc de la mise à l'écart d'Eric Arella s'est répandue avec d'autant plus de force que ce policier de 63 ans est une figure de la PJ. Il y a exercé durant 37 ans, dans tous les services, entre Marseille et la Corse, passant du proxénétisme à la brigade criminelle et aux stupéfiants, avant de grimper dans la hiérarchie.

Grand, mince, le sourire économe, le grand patron des enquêteurs des 21 départements de la zone sud pouvait sembler froid: pourtant "c'est quelqu'un qui a marqué toutes ses fonctions par sa grande humanité, sa bienveillance, ce qui n'est pas toujours le cas chez les grands chefs", a confié à l'AFP un membre de son service.

Limogeage du directeur de la PJ de Marseille, en pleine réforme : "Si je me rends compte qu'il n'y a strictement rien d'amendable, on claquera la porte", affirme David Le Bars

  Limogeage du directeur de la PJ de Marseille, en pleine réforme : Pour le Syndicat des Commissaires de la Police nationale, le dialogue doit "être largement plus ouvert dans les jours à venir" sur la réforme, "sinon la crise risque d'être compliquée.""Si je me rends compte qu'il n'y a strictement rien d'amendable, je vous le dis, on claquera la porte au nom des commissaires de police", affirme vendredi 7 octobre sur franceinfo David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des Commissaires de la Police nationale après le limogeage d'Éric Arella, patron de la police judiciaire de la zone sud, après la manifestation d’officiers jeudi à Marseille contre la réforme de la police judiciaire.

Des policiers de la PJ applaudissent au passage de leur ancien chef, Eric Arella, évincé de son poste de patron de la zone Sud, le 7 octobre 2022 à Marseille © NICOLAS TUCAT Des policiers de la PJ applaudissent au passage de leur ancien chef, Eric Arella, évincé de son poste de patron de la zone Sud, le 7 octobre 2022 à Marseille

"Arella est un des rares chefs respectés par ses hommes, respectueux de ses hommes. Sa seule faute, c'est sa loyauté, dire la vérité à ses chefs, ça plaît pas", commentait vendredi auprès de l'AFP un commissaire de police judiciaire.

Fin connaisseur du ban et de l'arrière ban de la criminalité, des trafiquants de drogue des quartiers nord de Marseille, où il a été collégien, aux bandes mafieuses corses, Eric Arella était aussi féru des techniques policières, ayant été sous-directeur de la police technique et scientifique à Ecully près de Lyon.

- Policier, "un travail d'équipe" -

Un poste qu'il occupait lors de sa nomination en 2015 au prestigieux poste de directeur interrégional de la police judiciaire (DRPJ) à Marseille, en remplacement de Christian Sainte, alors nommé à la tête du légendaire Quai des Orfèvres.

« Tout le monde est abasourdi » : ce que l’on sait de l’éviction du patron de la PJ de la zone Sud

  « Tout le monde est abasourdi » : ce que l’on sait de l’éviction du patron de la PJ de la zone Sud Le patron de la police judiciaire de la zone sud de la France, Eric Arella, a été démis vendredi 7 octobre de ses fonctions, au lendemain d’une manifestation à Marseille contre la réforme de la PJ. Quelques heures après l’annonce de son éviction, des officiers de la PJ se sont réunis dans plusieurs villes de France pour montrer leur mécontentement. « C’est une honte, on lui fait porter le chapeau. Il a toujours été loyal. Et ce sont la quasi-totalité des responsables qui sont contre cette réforme.

A l'heure de son départ, ses collaborateurs ont salué auprès de l'AFP "un homme digne, droit, avec une élégance morale". "Quelqu'un sur qui on pouvait compter, qui savait résister à la pression", a souligné l'un d'entre eux.

"Une carrière exemplaire, un grand monsieur de la PJ", a salué Philippe Frizon, numéro 2 de la PJ à l'Evêché, où M. Arella aura notamment eu à superviser le travail de ses troupes sur les deux attentats terroristes de Nice. "Un très grand serviteur de l'Etat, dans le sens noble du terme", a évoqué en écho la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens, en regrettant "une immense perte pour la police judiciaire".

Des membres de la PJ manifestent leur soutien à Eric Arella, patron évincé de la PJ de la zone Sud, le 7 octobre 2022 à Bordeaux © Thibaud MORITZ Des membres de la PJ manifestent leur soutien à Eric Arella, patron évincé de la PJ de la zone Sud, le 7 octobre 2022 à Bordeaux

"Comme tout le monde, il s'est exprimé en interne sur la réforme de la PJ, mais de manière constructive, sans hostilité, en mettant en avant de possibles améliorations", a souligné un de ses proches.

En 2020, ce grand flic taiseux et peu disert avec la presse avait confié à l'AFP sa conception de son métier, à l'occasion de la remise d'un nouveau prix du polar à Marseille, le prix de l'Evêché.

Policier, "c'est un travail d'équipe. Le type qui va faire son enquête tout seul sans jamais prévenir ni le procureur de la République ni sa hiérarchie, c'est injouable, il va se faire virer", souriait-il, à propos de l'image du flic solitaire véhiculée par la littérature et le cinéma.

Homme "chaleureux et au sens de l'humour prononcé", selon les propres termes de Frédéric Veaux, alors directeur central adjoint de la PJ, en 2015, M. Arella va désormais quitter Marseille pour Paris... à la DGPN.

pr/ol/sp

Police judiciaire : des centaines de policiers et magistrats rassemblés contre la réforme .
Pour convaincre Gérald Darmanin de renoncer à la réforme de la police judiciaire, des centaines d'enquêteurs se sont rassemblés lundi partout en France, avec le soutien de magistrats et d'avocats. La réforme prévoit de placer tous les services de police du département sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet. "Touche pas à ma PJ" : des centaines d'enquêteurs de police judiciaire hostiles à la réforme de leur filière se sont rassemblés lundi partout en France pour tenter, avec le soutien de magistrats et d'avocats, de convaincre Gérald Darmanin de renoncer à son projet.

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