France: Corrida : dans quels pays et sous quelles conditions la pratique de la tauromachie perdure-t-elle dans le monde ?

A Paris, des militants parodient une corrida pour demander son abolition

  A Paris, des militants parodient une corrida pour demander son abolition Près de 200 militants issus d'une dizaine d'associations et partis animalistes ont parodié symboliquement une corrida avec des humains à Paris samedi, pour demander l'abolition de cette pratique en France et soutenir une proposition de loi en ce sens attendue le 24 novembre. La proposition de loi d'Aymeric Caron, rejetée en commission parlementaire, viendra quand même le 24 novembre devant un hémicycle où le sujet divise tous les bords politiques.Le gouvernement sera représenté aux débats par la secrétaire d'Etat en charge de la Ruralité, Dominique Faure, plutôt que le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, passionné de corrida et donc plus clivant.

Tradition importante ou spectacle barbare d'un autre temps, la corrida cristallise toujours autant les tensions. La France n'est pas le seul pays où la pratique de la tauromachie est autorisée. Tour d'horizon.

  Corrida : dans quels pays et sous quelles conditions la pratique de la tauromachie perdure-t-elle dans le monde ? © Fournis par franceinfo

La proposition de loi du député LFI Aymeric Caron visant à interdire la corrida sera examinée dans l'hémicycle jeudi 24 novembre, mai elle a peu de chances d'aboutir. En commission des lois, les députés ont en effet soutenu mercredi 16 novembre les amendements RN et LR pour supprimer le seul article du texte.

Tradition à défendre ou pratique barbare à bannir, la France n'est pas le seul pays à se poser la question. Sur la carte du monde, la corrida est présente, ou a été présente, en Espagne, au Portugal et en Amérique latine avec des différences concernant le point le plus sensible : la mise à mort ou non du taureau. Tour d'horizon.

Pro et anti corrida dans la rue avant un vote à l'Assemblée

  Pro et anti corrida dans la rue avant un vote à l'Assemblée "Oui à la corrida" contre "Corrida basta": défenseurs et adversaires de la tauromachie se sont mobilisés, samedi à travers la France, avant un vote de l'Assemblée nationale sur une proposition de loi visant à abolir cette pratique. De Dax à Béziers en passant par Auch ou Bayonne, villes de tradition taurine, les partisans de la corrida, soutenus par de nombreux élus de tous bords, se sont fait entendre pour défendre leur "patrimoine" et leurDe Dax à Béziers en passant par Auch ou Bayonne, villes de tradition taurine, les partisans de la corrida, soutenus par de nombreux élus de tous bords, se sont fait entendre pour défendre leur "patrimoine" et leur "richesse culturelle" face à la proposition de loi port

Les pays où la tauromachie avec mise à mort reste autorisée

En Espagne, où est née la tradition tauromachique, la corrida est déclarée "bien d'intérêt culturel" depuis 2013 et en 2019, dernière année avant la pandémie de Covid-19, 2,5 millions de personnes ont assisté à un évènement taurin. Cependant, la Catalogne a interdit la corrida dès 2010 ; décision ensuite annulée par le Tribunal constitutionnel espagnol. Mais dans les faits, il n'y a plus de corridas en Catalogne, en particulier à Barcelone, longtemps l'une des arènes majeures d'Espagne. L'opinion espagnole est divisée et la cause animale progresse. Depuis 2021, Gijon (Asturies) a interdit la corrida.

Au Mexique, la corrida a été déclarée protégée comme patrimoine culturel dans sept Etats sur 32 – déclarations contestées par les anticorridas devant la Cour suprême. Comme dans tous les pays de l'Amérique latine, la tradition remonte à la conquête espagnole, au XVIe siècle. A Mexico se trouvent même les plus grandes arènes du monde (50 000 places). Pourtant, cette tradition vieille de 500 ans pourrait s'éteindre. En juin 2022, un juge fédéral a suspendu les corridas dans la ville de Mexico. Et cinq Etats ont déjà interdit cette pratique, qui génère 80 000 emplois directs dans le pays, selon ses défenseurs.

Clôture de la COP27, coup d’envoi du Mondial 2022, manifestations des pro- et anti-corrida… les cinq infos à retenir du week-end

  Clôture de la COP27, coup d’envoi du Mondial 2022, manifestations des pro- et anti-corrida… les cinq infos à retenir du week-end Si vous n’avez pas suivi l’actualité pendant ce week-end, voici ce qu’il faut retenir de ces dernières quarante-huit heures. Vous avez un peu décroché de l’actualité lors des deux derniers jours ? Nous vous résumons les principaux titres à retenir. © Fournis par Le Monde Lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde au Qatar, à Doha, le 20 novembre 2022. La Coupe du monde organisée au Qatar a débuté dimanche avec la cérémonie d’ouverture et un match perdu par le pays hôte face à l’Equateur (2-0).

En Colombie, la corrida reste populaire mais le président Gustavo Petro, entré en fonction en août 2022, est un anti-taurin revendiqué. Un projet de loi qui propose d'interdire cette activité de manière définitive est en préparation au Congrès. Et les mises à mort sont déjà interdites à Bogota.

Au Pérou, l'opposition aux corridas grandit mais la tradition taurine reste bien ancrée. Ce pays des Andes compte 199 arènes, contre seulement 80 stades de football. En février 2020, la Cour constitutionnelle a rejeté une action collective réclamant l'interdiction de la corrida et des combats de coqs, également très populaires.

Les pays où les corridas avec mise à mort sont partiellement interdites

Au Venezuela, les corridas avec mise à mort restent autorisées mais une loi de 2010 soumet l'organisation de spectacles publics avec des animaux à une autorisation des municipalités. Les villes de Caracas, Maracaibo, San Felipe ou Maracay, entre autres, ont ainsi publié des décrets anticorrida. Et en 2020, sept spectacles tauromachiques seulement se sont tenus.

"Je leur crache au visage" : la violente charge de Yann Moix contre les défenseurs de la corrida

  Dans sa chronique diffusée ce mardi matin sur Europe 1, Yann Moix n’a pas caché sa haine à l’encontre de tous ceux qui refusent d’interdire la corrida. Faut-il interdire la corrida ? Si cette question divise les Français et les députés, pour Yann Moix la réponse est claire comme de l’eau de roche : c'est un immense "oui" comme il l’a clamé haut et fort ce mardi matin sur Europe 1.

En Equateur, dès 2011, une consultation sur les spectacles taurins avec mise à mort avait dégagé une majorité pour leur interdiction, mais avec de fortes disparités locales. Les partisans de la corrida n'ont pas désarmé et ont multiplié les recours jusque devant la Cour constitutionnelle équatorienne. Depuis 2021, la capitale Quito a banni "tout spectacle public ou privé impliquant la souffrance, la maltraitance, la mort ou toute atteinte au bien-être animal".

Les pays où la tradition tauromachique a disparu

Au Chili, en Argentine, à Cuba et en Uruguay, la corrida avec mise à mort est interdite et a disparu depuis longtemps. Dans certaines de ces anciennes colonies espagnoles, l'interdiction était un signe d'émancipation, dès les indépendances entre 1806 et 1830. Dans beaucoup de ces pays subsistent des formes de spectacles taurins, plus proches du rodéo d'Amérique du Nord ou des courses landaises ou camargaises du sud de la France.

Les pays qui préfèrent les variantes sans mise à mort

Au Portugal, la corrida s'appelle "tourada" et elle a plusieurs particularités : elle se pratique le plus souvent à cheval et il n'y a pas de mise à mort du taureau, interdite depuis près d'un siècle. Cela dit, les cavaliers plantent quand même des banderilles. Depuis l'an dernier, les "touradas" sont interdites au moins de 16 ans au Portugal. À noter que la "tourada" se pratique aussi aux Etats-Unis, en Californie, où vivent 350 000 personnes d'origine portugaise.

Interdiction de la corrida : le député LFI Aymeric Caron retire son texte et critique « l’obstruction » .
Dans une ambiance agitée, le député engagé pour la défense des animaux a dû retirer son texte en dénonçant des centaines d’amendements d’« obstruction ». Il a promis une autre « proposition de loi transpartisane » sur le sujet. « Je dois bien me rendre à l’évidence, nous ne pourrons pas abolir la corrida aujourd’hui », a regretté Aymeric Caron. « Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une fin, mais ce n’est qu’un début. » Il a annoncé un nouveau texte transpartisan à venir. « La corrida sera bientôt abolie dans ce pays, je le promets.

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