France: Au Mali, la junte interdit les activités des ONG françaises

La Côte d'Ivoire annonce officiellement le retrait progressif de son contingent au sein de l'ONU au Mali

  La Côte d'Ivoire annonce officiellement le retrait progressif de son contingent au sein de l'ONU au Mali Selon une lettre de son ambassadeur aux Nations unies, la Côte d'Ivoire retirera progressivement sa contribution militaire et policière à la force de maintien de la paix des Nations Unies au Mali (Minusma), après qu'une quarantaine de soldats ont été arrêtés au Mali, en juillet, accusés d'être des mercenaires La Côte d'Ivoire va progressivement retirer sa contribution militaire et policière à la force de maintien de la paix des Nations Unies au Mali (Minusma), après qu'une quarantaine de soldats ont été arrêtés au Mali, en juillet, accusés d'être des mercenaires La Côte d'Ivoire va progressivement retirer sa contribution militaire et policière à la force de

Sur fond de tensions diplomatiques, Bamako entend répliquer à la suspension de l’aide publique au développement (APD) décidée par Paris fin octobre

Dans le camp de déplacés de Faladié, à Bamako, le 9 novembre 2022. © Fournis par Le Monde Dans le camp de déplacés de Faladié, à Bamako, le 9 novembre 2022.

Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du « Monde Afrique » depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du « Monde Afrique ».

Les ONG françaises s’attendaient à une riposte de la junte mais elles étaient loin de s’imaginer que le coup porté serait aussi fort. Au point de leur être fatal ? Le 21 novembre, le gouvernement malien a annoncé « interdire, avec effet immédiat toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire ».

Mali: après les retraits britanniques et ivoiriens, quel avenir pour la force de la Minusma?

  Mali: après les retraits britanniques et ivoiriens, quel avenir pour la force de la Minusma? Au Mali, après le Royaume-Uni, c'est la Côte d'Ivoire qui va retirer progressivement ses soldats de la Minusma. Les deux pays cesseront de contribuer à la force onusienne de maintien de la paix, et ils cesseront de le faire plus tôt que prévu. Ces deux retraits en annoncent-ils d'autres ? Que disent-ils de l'avenir de la Minusma et de ses plus de 13 000 Casques bleus au Mali ? Les retraits du Royaume-Uni et de la Côte d'Ivoire ne sont qu'uneLes retraits du Royaume-Uni et de la Côte d'Ivoire ne sont qu'une demi-surprise. Ils surviennent plus tôt que prévu et constituent clairement une rupture avec les autorités de Bamako, mais après une série de précédents récents.

Pour Bamako, cette mesure est une réplique à la suspension de l’aide publique au développement (APD) en direction du Mali décidée par Paris fin octobre. La décision française – énième épisode d’un processus de rupture diplomatique avec son allié d’hier enclenché par l’arrivée au pouvoir de la junte à la suite du double coup d’Etat d’août 2020 et de mai 2021 – n’avait pas fait l’objet de communication publique de Paris.

Elle avait en revanche été confirmée par le collectif d’ONG françaises Coordination Sud, dans une lettre envoyée à Emmanuel Macron le 15 novembre et qui avait par la suite fuité sur les réseaux sociaux. Les signataires, 35 organisations françaises actives au Mali, réclamaient au président français de « revoir [sa] position ». Selon eux, cette mesure de suspension de l’aide au développement – estimée à environ 100 millions d’euros par an – met en péril « plus de 70 projets » menés dans ce pays pauvre où « 7,5 millions de personnes ont besoin d’assistance », sur une population de quelque 20 millions de personnes.

Coupe du monde 2022 : comment le Qatar a étouffé toute contestation sociale sur son sol

  Coupe du monde 2022 : comment le Qatar a étouffé toute contestation sociale sur son sol Dans le désert, difficile d'entendre la voix des travailleurs immigrés ayant œuvré sur les chantiers du Mondial. Malgré quelques avancées sociales mises en avant par les autorités qataries, les ONG dénoncent le non-respect des droits humains dans le pays. A force, May Romanos connaît le chemin par cœur. Les six heures trente de vol depuis Londres, l'aéroport international Hamad de Doha, la route express Ras Abu Abboud... "Je ne dirais pas que nous sommes considérés comme des ennemis par les autorités du Qatar.

Un « casse-tête »

Paris avait commencé à fermer les robinets de l’aide en février. Alors que près d’un millier de mercenaires du groupe de sécurité privée russe Wagner venait de débarquer sur le territoire malien, Emmanuel Macron avait décidé de suspendre tous les financements français qui transitaient par l’Etat malien.

Mali : Paris suspend sa coopération militaire avec Bamako afin de faire pression sur la junte

« Nous ne voulons pas que notre aide au développement soit détournée, financièrement, pour financer Wagner, mais aussi politiquement, pour que la junte se prévale de projets de développement financés par les contribuables français, afin de se crédibiliser auprès de la population malienne », précise le ministère des affaires étrangères.

L’aide purement humanitaire de la France au Mali, environ 10 millions d’euros par an, n’était pas concernée par cette suspension. Mais, dans sa riposte du 21 novembre, la junte malienne a décidé de l’interdire, elle aussi. « Nous prenons note et regrettons la décision des autorités de transition maliennes », a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué, au lendemain de l’annonce de la décision de la junte.

Birmanie: Innwa, la banque proche de la junte qui échappe aux sanctions

  Birmanie: Innwa, la banque proche de la junte qui échappe aux sanctions Depuis qu’elle a pris le pouvoir par la force en février 2021, la junte birmane contourne les sanctions économiques. Des fuites de documents volés à une banque du pays montrent que celle-ci, bien qu’appartenant à des acteurs proches du pouvoir, continue ses opérations internationales comme si de rien n’était. « Les fichiers fuités de la banque Innwa montrent clairement comment elle est utilisée comme outil par les militaires birmans pour leur business et pour soutenir directement les unités militaires impliquées dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Depuis, le ministère a pris contact avec les autorités maliennes afin de mieux cerner les contours de l’application de cette interdiction, qui demeurent flous. « On est dans le brouillard total », déclare un salarié d’une ONG française installé à Bamako. Nos ONG entières sont-elles invitées à plier bagage ou cette interdiction concerne-t-elle seulement les projets financés par la France ? Beaucoup d’entre nous reçoivent de l’argent de plusieurs pays. C’est un casse-tête », raconte-t-il, sous couvert d’anonymat.

Faire profil bas

Une autre inconnue demeure : les ONG maliennes et étrangères recevant des financements de Paris vont-elles aussi devoir suspendre leurs activités ?

En attendant que des précisions soient apportées par la junte, la plupart des ONG françaises implantées au Mali ont été invitées par Paris à suspendre leurs activités. Depuis, elles font profil bas. Toutes espèrent que le plaidoyer qu’elles entendent présenter prochainement devant les autorités maliennes aboutira à un rétablissement de leurs activités dans le pays.

Mali : la France suspend son aide au développement dans un contexte d’isolement croissant de Bamako

Le Quai d’Orsay, lui, semble bien plus pessimiste quant à l’issue de cette crise. Selon nos informations, le ministère des affaires étrangères a fortement incité les ONG à rapatrier par eux-mêmes leurs travailleurs français, lors d’une réunion qui s’est tenue conjointement à Paris et à Bamako, le 22 novembre. Leur sécurité ne serait plus garantie. Le ministère n’a toutefois pas ordonné une évacuation du personnel humanitaire français présent au Mali – estimé à une quarantaine de personnes

Les alliés de la France en Afrique et contre le terrorisme .
Frappé sur son sol à plusieurs reprises, depuis une dizaine d'années, lors d'attentats dramatiques, la France a douloureusement pris la mesure de la menace terroriste islamiste. Les gouvernements successifs ont ainsi mis en place un arsenal législatif et judiciaire afin d'anticiper et d'agir efficacement contre de potentielles attaques. En 2017, le gouvernement d'Edouard Philippe faisait ainsi voter la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a institué des mesures prophylactiques de prévention contre ce phénomène, qui étaient autrefois contenues dans l'état d'urgence [1].

Voir aussi