Monde: Affaire Huawei : échange de bons otages entre la Chine et le Canada

Huawei Executive atteint les procureurs américains

 Huawei Executive atteint les procureurs américains Le directeur financier des télécommunications chinoises Huawei a conclu un accord avec des procureurs pour résoudre les frais de notre part qui la voyaient détenus au Canada depuis près de trois ans, le département de la justice des États-Unis a indiqué vendredi.

Après avoir vécu les «moments les plus sombres» de son existence dans sa propriété de luxe de Vancouver, la haute dirigeante de Huawei est sur le chemin du retour en Chine. © Jennifer Gauthier Après avoir vécu les «moments les plus sombres» de son existence dans sa propriété de luxe de Vancouver, la haute dirigeante de Huawei est sur le chemin du retour en Chine.

Pendant près de trois ans, le régime communiste chinois s’est défendu de toute «diplomatie des otages». Pourtant, après l’annonce du retour de Meng Wanzhou en Chine, il n’aura fallu que quelques heures pour que les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor quittent à leur tour le territoire chinois. Les deux Canadiens avaient été arrêtés en décembre 2018, soupçonnés de «menace contre la sécurité nationale». Ces arrestations étaient alors apparues comme des mesures de rétorsion prises par Pékin contre Ottawa, qui avait procédé à l’interpellation de Meng Wanzhou deux semaines plus tôt, à la demande de Washington. La justice américaine accusait la directrice financière de Huawei d’avoir escroqué la banque HSBC en mentant sur les relations commerciales de Huawei en Iran, faisant ainsi courir à la banque le risque de violer les sanctions américaines contre Téhéran. Les autorités chinoises dénonçaient de leur côté une «détention arbitraire» ainsi qu’un acte politique visant à affaiblir le géant chinois des télécommunications. Depuis, la Chine et le Canada se sont enlisés dans une crise diplomatique sans précédent, sur fond de guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Meng Wanzhou, "princesse" de Huawei et visage de la "Guerre froide 2.0"

  Meng Wanzhou, Elle dit avoir commencé tout en bas de l'échelle à Huawei avant de devenir connue sous le surnom de "princesse" du groupe: c'est par Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications et fille de son président, que la grave crise diplomatique entre Ottawa et Pékin est arrivée. A 49 ans, Mme Meng est au cœur d'une saga diplomatico-judiciaire longue de près de trois ans qui semble approcher de son épilogue: alors que la Chinoise était visée par une procédure d'extradition vers les Etats-Unis, la justice américaine a entériné vendredi un accord entre Washington et Huawei qui va lui permettre de rentrer dans son pays contre "un report

En résidence surveillée d’un côté, coupés du monde 1 020 jours de l’autre

Dans un communiqué publié alors qu’elle était à bord d’un avion pour rejoindre la Chine, Meng a tenu à remercier «sa mère patrie et le peuple» chinois. «Sous la direction du Parti communiste chinois, mon pays d’origine devient jour après jour plus fort et plus prospère. Sans une patrie forte, je n’aurais pas ma liberté aujourd’hui», écrit la fille du fondateur de Huawei, tout en revenant sur les «moments les plus sombres» de sa vie en résidence surveillée dans sa luxueuse villa de Vancouver.


Vidéo: «Ils sont en route pour rentrer chez eux»: deux canadiens détenus en Chine libérés (Le Figaro)

En comparaison, les «deux Michael», comme les a surnommés la presse canadienne, ont été coupés du monde tout au long des 1 020 jours passés en détention. Michael Kovrig, ancien diplomate en poste à Pékin devenu consultant, n’a par exemple appris l’existence de la pandémie de coronavirus qu’en octobre 2020, après une visite consulaire de diplomates canadiens. Michael Spavor, homme d’affaires spécialiste de la Corée du Nord, a été condamné en août dernier à onze ans de prison pour espionnage lors d’un procès à huis clos alors qu’aucune décision n’avait été annoncée pour Michael Kovrig, lui aussi jugé lors d’une audience expéditive.

Affaire Huawei: la dirigeante Meng Wanzhou remise en liberté par la justice canadienne

  Affaire Huawei: la dirigeante Meng Wanzhou remise en liberté par la justice canadienne Une juge de Vancouver a remis en liberté la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, et clôturé la procédure d'extradition, vendredi 24 septembre. La fille du fondateur du géant chinois des télécoms avait été arrêtée fin 2018 et vivait en liberté surveillée au Canada, alors que les États-Unis voulaient la juger notamment pour « fraude bancaire ». Après un accord Washington-Huawei, Meng Wanzhou peut désormais rentrer en Chine. C'est la fin,C'est la fin, pour Meng Wanzhou, d'une escale bien plus longue que prévu au Canada. Le 1er décembre 2018, la directrice financière de Huawei est arrêtée à l'aéroport de Vancouver, à la demande des autorités américaines.

La presse chinoise fait très peu état de la libération des deux Canadiens mais se félicite du retour de Meng Wanzhou. Le Global Times, quotidien nationaliste, vante les «efforts soutenus» des autorités chinoises et espère que cette décision pourrait «aider à réchauffer les relations gelées entre la Chine et le Canada et atténuer les frictions entre la Chine et le Etats-Unis».

Meng Wanzhou est attendue dans la soirée à Shenzhen, ville du sud de la Chine où se trouve le siège de Huawei. Reste à savoir si la «princesse» - son petit nom au sein du groupe de télécommunications - devra respecter la stricte quarantaine de deux semaines imposée à tout nouvel arrivant sur le sol chinois.

La Chine s'attend à plus de conformité aux États-Unis après Huawei 'Hostage Diplomatie' Win .
© CCTV / AFP via Getty Images Cet écran Grab fabriqué à partir de vidéos libérés le 25 septembre 2021, par le radiodiffuseur d'État chinois CCTV affiche Huawei Executive Meng Wanzhou en faisant des étapes. Hors d'un avion à l'arrivée à la suite de sa libération, à Shenzhen, au Guangdong, en Chine.

Voir aussi