Monde: TRIBUNE. « Le pouvoir polonais viole et la constitution, et les traités ! »

Règles de la Cour que les lois de l'UE s'affrontent avec la Constitution polonaise

 Règles de la Cour que les lois de l'UE s'affrontent avec la Constitution polonaise Varsovie, Pologne (AP) - La Cour constitutionnelle de la Pologne a décidé que certaines lois de l'Union européenne étaient en conflit avec la constitution de la Pologne. © Fourni par un fichier de presse associé - Dans ce mercredi 20 décembre 2017 Photo de fichier, le tribunal constitutionnel de la Pologne est vu à Varsovie, en Pologne.

Jaroslaw Kurski, vice-rédacteur en chef du quotidien « Gazeta Wyborcza ». Agata Jakubowska, agence Gazeta © DR archives Jaroslaw Kurski, vice-rédacteur en chef du quotidien « Gazeta Wyborcza ». Agata Jakubowska, agence Gazeta

Jaroslaw Kurski est vice-Rédacteur en chef du quotidien polonais Gazeta Wyborcza, fondé en 1989 et principal quotidien de l’opposition. Au lendemain de la décision du tribunal constitutionnel polonais de déclarer certains éléments des traités européens contraires à la constitution, son journal titrait à sa Une : « Polexit », ou la version polonaise du Brexit. Il lance un appel aux Européens à mesurer le risque qui pèse sur la Pologne et l’Europe.

Le parti au pouvoir en Pologne s’est faussement attribué le nom de Droit et Justice mais, depuis six ans, il viole ouvertement le droit et se moque de la justice. Et, il fait sortir à petits pas la Pologne de l’Union européenne. Il remet en question les principes fondamentaux inscrits dans les traités, signés et acceptés par le président défunt Lech Kaczynski – frère du leader du parti Droit et Justice – Jarosław.

« Polexit » : six questions sur le bras de fer entre la Pologne et l’Union européenne

  « Polexit » : six questions sur le bras de fer entre la Pologne et l’Union européenne Le tribunal constitutionnel polonais a décidé, jeudi 7 octobre, que certains articles des traités européens seraient incompatibles avec la constitution du pays et saperaient sa souveraineté. Une telle attaque contre la primauté du droit européen fragilise l’UE et certains médias polonais parlent désormais de la possibilité d’un « Polexit », la sortie de la Pologne de la construction européenne. Les juges du Tribunal constitutionnel ont dénoncé jeudi l’ingérence de la Cour de justice de l’Union européenne dans le système juridique polonais​.

Le jeudi 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel – institution factice composée de juges marionnettes, proches du parti en question – a déclaré, sur ordre de Jarosław Kaczynski, que la Constitution polonaise devait primer sur le droit européen. Or, ce pouvoir viole et la Constitution, et les traités ! Néanmoins, le message adressé au peuple est on ne peut plus clair : on n’abandonnera pas notre souveraineté aux bureaucrates de Bruxelles ! C’est la même rengaine que vous entendez en France de la part de Marine le Pen et, maintenant, d’Eric Zemmour.

« Polexit »

L’arrêt du Tribunal constitutionnel signifie, en réalité, le Polexit car il désavoue ouvertement les principes qui constituent le cœur de l’Union européenne et qui concernent tous ses membres. Tous les pays de l’UE sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne de Justice, sauf le gouvernement polonais qui les rejettent. Tous les pays membres doivent respecter le principe de l’indépendance des juges et des tribunaux, sauf le gouvernement polonais qui le bafoue. Il en est de même du principe de la séparation des pouvoirs que notre gouvernement a liquidé il y a longtemps.

COMMENTAIRE. Pologne : la tentation du Brexit ou la rupture par le droit

  COMMENTAIRE. Pologne : la tentation du Brexit ou la rupture par le droit En affirmant que certains articles des traités européens seraient incompatibles avec la Constitution polonaise, le tribunal constitutionnel polonais vient, jeudi 7 octobre, de provoquer une fracture majeure dans les relations entre Varsovie et Bruxelles. Certains analystes ont déjà rebaptisé cette annonce en « Polexit judiciaire ». Derrière le conflit de juridiction, c’est la poussée souverainiste qui est à l’œuvre en Pologne. Avec un effet domino potentiel imprévisible. Explications.Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut rappeler que la bataille juridique en cours a commencé à Varsovie.

Le parti de Kaczynski, ses militants, ses acolytes et les membres de leurs familles, se sont accaparé l’État. Ils dominent le parlement, le gouvernement, les tribunaux et les médias publics. Il existe, certes, quelques journaux et une station de télévision indépendants. Il existe aussi quelques juges et procureurs honnêtes mais ceux-là sont persécutés ou font l’objet de procédures disciplinaires. Combien de temps encore les derniers bastions de la liberté résisteront-ils ?

Cela nous amène au cœur du problème. Pourquoi cela ? Pourquoi Kaczynski s’est-il décidé de conduire le pays vers une collision frontale avec l’UE ? Il se trouve que Kaczynski a beaucoup à perdre. Il attend de l’UE une somme d’argent colossale : au total plus de 160 milliards d’euros du Plan de relance européen. Mais à une condition : respecter les principes de l’État de droit que le pouvoir actuel bafoue sans retenue.

Varsovie dit vouloir rester dans l'UE, face à une vague de critiques

  Varsovie dit vouloir rester dans l'UE, face à une vague de critiques Le gouvernement polonais a assuré vendredi que la Pologne souhaitait rester dans l'Union européenne, alors qu'il était confronté à des réactions de plus en plus vives contre une décision de justice qui, selon des analystes, pourrait conduire au "Polexit".La décision de la Cour constitutionnelle polonaise a contesté la primauté du droit européen sur le droit polonais, jugeant plusieurs articles des traités européens "incompatibles" avec la Constitution du pays.

Il y a des pays qui ont une mafia, en Pologne c’est la mafia qui détient le pays​, comme l’affirmait l’ancien premier ministre Leszek Miller. L’arrêt du pseudo-tribunal constitutionnel formulé par les pseudo-juges est une tentative désespérée de garantir l’impunité à ce pouvoir. Dans ce cas, il s’agit de protéger les hommes du pouvoir et leurs basses œuvres. En un mot, il s’agit du maintien du pouvoir à tout prix. Même au prix de la sortie de la Pologne de l’UE.

La Pologne otage des nationalistes

Incontestablement, sans argent de l’UE, le parti Droit de Justice aura plus de mal à gagner les futures élections. Mais le pouvoir n’a pas de prix. C’est pourquoi on distribuera de nouveau de l’argent pour fidéliser l’électorat au prix d’un endettement grandissant de l’État. L’inflation est déjà galopante – 6 % et risque d’atteindre même 10 % à la fin de 2022. L’UE sera accusée de tous les maux comme elle l’est depuis quelques années par les médias pro gouvernementaux.

De plus, aidé par le dictateur biélorusse Loukachenko qui envoient des immigrés sur la frontière est du pays, le pouvoir en place est prêt à recourir à toutes les phobies xénophobes. Le gouvernement a déjà décrété l’état d’urgence dans les régions frontalières avec la Biélorussie, tout en interdisant l’accès des médias à la zone concernée. Il pratique une politique de refoulement, empêchant les immigrés – dont les femmes et les enfants – de présenter des demandes d’asile et les forçant à revenir en Biélorussie.

Dans cette affaire scandaleuse, il se fait le défenseur de la nation menacée par les hordes de musulmans dépravés. Dernièrement, lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur a montré une vidéo qui aurait été trouvée dans le téléphone d’un immigré montrant des scènes de pornographie zoophile. Il se trouve qu’il s’agissait d’images venant d’un film pornographique circulant dans le net.

La Pologne est l’otage des nationalistes antieuropéens qui détestent l’Europe car ils ne la comprennent pas et ne la connaissent pas. La seule chose qu’ils aiment c’est son argent !

Des manifestations ont lieu ce dimanche pour défendre la Pologne européenne. Seules notre détermination et notre résistance peuvent nous permettre d’écarter les nationalistes du pouvoir. Ils sont tout aussi dangereux pour la Pologne que pour l’UE. Kaczynski n’est pas seul en Europe. Il a ses sosies. En France aussi.

LEAD 1-La Pologne sur le gril à Strasbourg après la remise en cause du droit européen .
POLOGNE-UE/VON DER LEYEN (LEAD 1, TV):LEAD 1-La Pologne sur le gril à Strasbourg après la remise en cause du droit européen (Actualisé avec suite du débat au Parlement) par Jan Strupczewski et John Chalmers BRUXELLES, 19 octobre (Reuters) - Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a été la cible de critiques répétées mardi lors d'un débat tendu au Parlement européen, au cours duquel la présidente de la Commission a averti que la décision du Tribunal constitutionnel polonais contestant la primauté du droit européen ne resterait pas impunie. "Vos arguments n'avancent pas.

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