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Monde: Bateaux de pêche arraisonnés, ambassadrice convoquée, menace de contrôles renforcés… La tension monte entre Londres et Paris

UK Bateau détenu par France au milieu des droits de pêche Rang

 UK Bateau détenu par France au milieu des droits de pêche Rang Un chalutier britannique a été saisi par la France et une autre a reçu un avertissement verbal, au milieu d'une rangée croissante sur les droits de pêche post-brexit. © Getty Getty Images La rangée a commencé après que le Royaume-Uni et le Jersey ont rejeté des dizaines de licences pour les bateaux françaises pour pêcher dans leur eaux Le ministre maritime français Annick Girardin a déclaré que les navires étaient avertis lors des chèques du Havre du jour au lendemain.

Près de 70 navires normands et bretons ont fait entendre jeudi leur voix face à Jersey pour dénoncer des autorisations de pêche données au compte-gouttes par les autorités de l’île. A Granville, le 6 mai. © Cyril Zannettacci Près de 70 navires normands et bretons ont fait entendre jeudi leur voix face à Jersey pour dénoncer des autorisations de pêche données au compte-gouttes par les autorités de l’île. A Granville, le 6 mai.

Diviser pour mieux régner. Décidément, Boris Johnson est fidèle à la stratégie qu’il avait déployée au cours des négociations sur le Brexit. Cette fois, il l’applique au large, dans les eaux britanniques. Dans un communiqué paru ce vendredi, Londres menace de mettre en place des «contrôles rigoureux sur l’activité de pêche de l’UE dans les eaux territoriales du Royaume-Uni». La mesure concernerait certes l’ensemble des 27, mais elle vise avant tout la France, avec laquelle le ton monte de plus en plus autour de l’octroi des licences de pêche.

Conflit sur la pêche post-Brexit. La France n’aura « aucune complaisance » avec le Royaume-Uni

  Conflit sur la pêche post-Brexit. La France n’aura « aucune complaisance » avec le Royaume-Uni Invités de CNews et de RTL, Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes, et Annick Girardin, ministre de la Mer, ont détaillé les mesures prises par la France contre le Royaume-Uni dans le cadre d’un conflit sur la pêche. « Il faut parler le langage de la force », estiment-ils.Alors que la France va interdire aux bateaux de pêche britanniques de débarquer à partir du mardi 2 novembre dans le cadre d’un conflit autour de la pêche, Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes, a prévenu sur CNews qu’il n’y aura « aucune tolérance ni aucune complaisance » avec le gouvernement britannique.

A tel point qu’Emmanuel Macron et Boris Johnson devront s’entretenir sur le sujet en marge du G20, prévu ce week-end à Rome. L’Allemagne, de son côté, a aussi appelé les deux pays à résoudre leur différend en reprenant les négociations. Avant d’accompagner le président à la COP26, qui démarre ce dimanche à Glasgow, Catherine Colonna, ambassadrice de France au Royaume-Uni, devrait même opérer un petit détour par les bureaux du Foreign Office. Elle y a été convoquée dans la soirée de jeudi pour venir s’expliquer sur le durcissement de la position française vis-à-vis de l’octroi des licences de pêches et l’ultimatum posé au 2 novembre, avant d’envisager des mesures de rétorsion.

Jugeant «injustifiées» les actions envisagées par la France, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a donné pour instruction à sa secrétaire d’Etat chargée de l’Europe, Wendy Morton, de «convoquer l’ambassadrice française».

Pêche : mesures de rétorsion, « déception »… La nouvelle passe d’armes entre Paris et Londres en 5 actes

  Pêche : mesures de rétorsion, « déception »… La nouvelle passe d’armes entre Paris et Londres en 5 actes La France a annoncé mercredi qu’elle ferait appliquer des mesures de rétorsion dès le 2 novembre si le nombre de licences de pêches accordées aux pêcheurs français restait insuffisant. Une menace qui a déclenché de nouveaux échanges tendus entre Paris et Londres.Si le nombre de licences accordées aux pêcheurs français pour travailler dans les eaux britanniques reste insuffisant, la France a annoncé mercredi que des mesures de rétorsion entreraient en vigueur dès le 2 novembre la semaine prochaine.

«Nous répétons que le gouvernement a accordé 98 % des demandes de licences de la part de navires de l’Union pour pêcher dans les eaux du Royaume-Uni et, comme nous l’avons clairement indiqué, nous examinerons tout élément de preuve pour ceux qui restent», souligne dans un communiqué un porte-parole du gouvernement britannique, citant de nouveau un chiffre contesté par la France, qui parle de 90 % de licences accordées.

Le Royaume-Uni joue en partie sur les chiffres, dans la mesure où il évoque l’ensemble des eaux britanniques et l’ensemble de la flotte de chalutiers européens, y compris les énormes navires, alors que le contentieux en cours concerne une zone de pêche beaucoup plus réduite, autour des îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey, des côtes anglaises et uniquement des chalutiers français, pour la plupart de très petite taille, qui pêchent là depuis plusieurs siècles.

Conflit sur la pêche post Brexit. Boris Johnson et Emmanuel Macron discuteront en marge du G20

  Conflit sur la pêche post Brexit. Boris Johnson et Emmanuel Macron discuteront en marge du G20 Alors que les sujets de conflits sont nombreux entre le Royaume-Uni et la France, leurs deux dirigeants discuteront en marge du G20 à Rome, a annoncé le porte-parole de Boris Johnson. Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson doivent s’entretenir en marge du G20 ce week-end à Rome, sur fond de vives tensions exacerbées par le dossier de la pêche post-Brexit, a indiqué vendredi Downing Street.

«Les torts ne sont pas vraiment partagés, a estimé vendredi matin le commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton. La bonne foi n’est pas du côté britannique». «Je comprends parfaitement la position des autorités françaises sur ce dossier, même l’exaspération», a-t-il ajouté, interrogé sur France Info. Pour Thierry Breton, «la France est légitime» dans son action.

«Manœuvre politique»

Dans l’accord sur le Brexit, conclu à l’arraché le 24 décembre 2020, le Royaume-Uni s’était engagé à autoriser les chalutiers européens à continuer, sous certaines conditions, à pêcher dans les eaux britanniques. La plupart des bateaux étrangers pêchent dans une zone au-delà de douze milles nautiques des côtes britanniques.


Vidéo: Une cinquantaine de bateaux de pêche français ont manifesté jeudi devant l'île de Jersey, au cœur d'une dispute post-Brexit entre Paris et Londres sur l'accès aux eaux poissonneuses de l'île anglo-normande, le 7 mai 2021 (AFP)

La dispute en cours entre Londres et Paris concerne une zone spécifique de six à douze milles nautiques au large des côtes de Jersey et anglaises. Le gouvernement britannique avait promis de renouveler les licences des chalutiers français qui pêchaient les années précédentes dans cette zone spécifique, à condition d’en apporter la preuve raisonnable. Dans ces zones disputées, Londres et Jersey ont accordé un peu plus de 210 licences définitives, mais Paris en réclame encore plus de 200.

Pêche post-Brexit : avant une rencontre Macron-Johnson, Londres menace de renforcer les contrôles de bateaux européens

  Pêche post-Brexit : avant une rencontre Macron-Johnson, Londres menace de renforcer les contrôles de bateaux européens Pêche post-Brexit : avant une rencontre Macron-Johnson, Londres menace de renforcer les contrôles de bateaux européens« Nous nous attendons à ce que le Premier ministre et le président Macron se rencontrent rapidement en marge du G20 », a déclaré un porte-parole du dirigeant britannique, sans pouvoir donner plus de détails sur la date et l’horaire prévus.

Depuis des mois, les échanges se tendent entre les deux nations. Et, jeudi, le gouvernement de l’île de Jersey s’est dit «extrêmement déçu par l’annonce du gouvernement français», qui a menacé d’interdire à compter de mardi le «débarquement des navires de pêche britanniques dans les ports désignés», un «renforcement des contrôles» sanitaires et douaniers sur les «camions à destination et en provenance du Royaume-Uni».

Parallèlement, la France rendait publique l’interpellation de deux chalutiers anglais pêchant en baie de Seine, dans les eaux françaises. Selon le ministère français de la Mer, le premier bateau a été sanctionné pour «entrave au contrôle» et le second bateau, qui «ne figurait pas sur les listes de licences accordées au Royaume-Uni» par la Commission européenne et la France, a été dérouté vers le port du Havre après avoir initialement refusé d’obtempérer face à la demande de contrôle de la gendarmerie maritime.

Le propriétaire du chalutier dérouté a raconté à l’AFP qu’il s’agissait d’un «malentendu» et dénoncé une «manœuvre politique». Du côté de la baie de Granville, les pêcheurs français estiment que ces «contrôles n’ont que trop tardé». Ceux-ci sont en fait saisonniers et se produisent chaque année, mais l’ampleur prise par ces récentes interpellations témoigne de la tension en cours.

Brexit : Vives tensions entre la France et le Royaume-Uni avant une rencontre entre Johnson et Macron

  Brexit : Vives tensions entre la France et le Royaume-Uni avant une rencontre entre Johnson et Macron Le président français et le Premier ministre britannique doivent s’entretenir en marge du G20, à l’heure où les sujets de discorde s’accumulent entre les voisins Pêche, immigration illégale par la Manche, Brexit en Irlande du Nord… Le torchon brûle entre la France et son voisin britannique, à l’aube d’une rencontre entre Emmanuel Macron et Boris Johnson ce week-end, en marge du G20.

«Langage de la force»

Dans la matinée de jeudi, les déclarations menaçantes s’étaient multipliées, avec la ministre française de la Mer, Annick Girardin, évoquant sur RTL «un combat en cours», alors que le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, estimait que le gouvernement britannique ne comprenait que le «langage de la force». Dans la journée, des appels au calme avaient été lancés, venant d’abord du Parlement britannique, où le ministre de l’Environnement, George Eustice, enjoignait à «rester calme» et à «une désescalade», affirmant que sa «porte restait toujours ouverte» aux discussions. Une heure après, le Premier ministre français, Jean Castex, répliquait en se disant lui aussi «ouvert en permanence aux discussions, matin, midi et soir», mais, nuançait-il, «les Britanniques doivent respecter leurs engagements».

En fin d’après-midi, un signal d’apaisement supplémentaire émergeait de Jersey, avec l’annonce que son gouvernement octroyait dès ce vendredi une licence de pêche définitive à 113 bateaux français et une provisoire, valable jusqu’au 31 janvier 2022, à 49 autres chalutiers.

Et puis, en début de soirée, la tension remontait d’un cran, avec l’annonce de la convocation de l’ambassadrice française. Alors que le secteur de la pêche représente une part infime dans les économies britanniques (0,1 % du PIB) et française (0,06 % du PIB), l’ampleur de la dispute témoigne de la dégradation terrible des relations entre les deux pays depuis des mois, liée au Brexit et à une perte de confiance aiguë entre les anciens partenaires européens.

Les tensions avec le Royaume-Uni ne sont pas limitées à la France. Vendredi, de nouvelles discussions doivent se tenir entre Londres et l’Union européenne, autour du protocole nord-irlandais, autre point aigu de friction. L’ambiance ce week-end, à Rome, pour le G20, puis à Glasgow, pour la COP26, s’annonce tendue.

Mis à jour : à 17 h 50 avec les menaces de contrôles renforcés, la rencontre de Macron et Johnson en marge du G20 et l’appel lancé par Berlin.

Licences de pêche : les discussions entre Londres et Paris se poursuivront la semaine prochaine .
Le gouvernement britannique a annoncé que les discussions entre la France et le Royaume-Uni au sujet des licences de pêche post-Brexit vont se poursuivre « en début de semaine prochaine. » Le secrétaire d’État David Frost et son homologue français Clément Beaune se sont réunis ce jeudi 4 novembre à Paris.Les discussions entre la France et le Royaume-Uni au sujet des licences de pêche post-Brexit vont se poursuivre « en début de semaine prochaine », a annoncé jeudi 4 novembre le gouvernement britannique à l’issue d’une réunion à Paris entre les secrétaires d’État britannique David Frost et français Clément Beaune.

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