Monde: COP26 : le retour en grâce du nucléaire

Cop26: derrière le vernis, des comportements anti-sobriété qui dérangent

  Cop26: derrière le vernis, des comportements anti-sobriété qui dérangent ENVIRONNEMENT - L’envers du décor. À partir de ce dimanche 31 octobre, et comme chaque année, l’ensemble des dirigeants de la planète, des associations, des scientifiques et des professionnels se retrouvent sous l’égide des Nations unies pour évoquer la lutte contre le changement climatique et la préservation du climat. Une 26e Conférence des parties (ou Cop) qui se tient cette année à Glasgow, en Écosse. Sauf que derrière le vernis d’une cause noble et des engagements qui devraient être pris par la communauté internationale demeure toute la complexité logistique et économique de l’organisation d’un tel événement.

cop 26, climat, réchauffement climatique, énergie, nucléaire, atome, uranium © Mourad ALLILI / MAXPPP cop 26, climat, réchauffement climatique, énergie, nucléaire, atome, uranium

Le retour du fils prodigue. La COP26, qui se déroule ces jours-ci à Glasgow (Écosse), est notamment marquée par un retour en grâce de l'énergie nucléaire, longtemps boudée ou combattue par les militants écologistes. Face à l'urgence d'agir contre le réchauffement climatique, l'énergie propre, fiable et permanente fournie par l'uranium finit par convaincre. Rafael Mariano Grossi, patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), s'en est réjoui auprès de l'Agence France-Presse (AFP) : « Nous n'étions pas les bienvenus, mais ça a changé. »

PHOTOS - Kate Middleton et William casual chic pour leur 1er engagement pour la COP26

  PHOTOS - Kate Middleton et William casual chic pour leur 1er engagement pour la COP26 À l’occasion de leur premier engagement pour la COP26 et de leur visite des scouts, lundi 1er novembre, Kate Middleton et le prince William sont apparus dans des looks décontractés. La reine Elizabeth II étant en pleine convalescence, après une hospitalisation qui a inquiété ses proches, ce sont Kate Middleton et le prince William, mais aussi le prince Charles, qui ont fait le déplacement jusqu’à Glasgow, en Écosse.

« Cette COP est peut-être la première où l'énergie nucléaire a une chaise à la table, où elle a été considérée et a pu échanger sans le fardeau idéologique qui existait avant », dit à l'AFP Rafael Mariano Grossi, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Après les années post-Fukushima, qui ont vu les réticences croître et des pays se détourner, « le vent tourne », assure-t-il.

Argument principal, sur fond de climat déréglé : des émissions de CO2 très limitées, liées à l'extraction d'uranium et au béton des centrales. « L'énergie nucléaire fait partie de la solution au réchauffement. Ce n'est pas la panacée, elle peut ne pas être pour tout le monde, mais elle fournit déjà plus de 25 % de l'énergie propre. Sans elle, on n'y arrivera pas », assène M. Grossi.

Famille royale dans 'Fine Tuning' Effort comme Meghan Markle et Harry 'Sortir de la photo'

 Famille royale dans 'Fine Tuning' Effort comme Meghan Markle et Harry 'Sortir de la photo' \ © Getty Royal Family News Meghan Markle Prince Harry Prince Charles William CoP26 Auteur royal Angela Levin a discuté de la collaboration à tricoter Récemment entre membres senior de la Famille royale . Prendre à Twitter comme la deuxième journée de COP26 se terminant, l'expert a déclaré: «Ce que nous voyons en ce moment H [Arry] et M [Eghan] Sortez sur le cadre de la photo est une réglage raffinée pour assurer le Royal Séjour de la famille se soutenait les uns des autres.

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Dès son arrivée à la tête de l'AIEA, le diplomate argentin a décidé de porter la cause. « Ma première COP était à Madrid [COP25, fin 2019, NDLR]. J'y suis allé malgré l'idée générale que le nucléaire n'y serait pas bienvenu. Aujourd'hui, non seulement il n'est pas malvenu, mais il intéresse beaucoup. »

Réacteurs centenaires

À Glasgow, il a vu ministres et décideurs, participé à des conférences, expliqué que ces technologies peuvent remplacer des énergies fossiles ou aider à s'adapter (applications de la recherche nucléaire aux semences, moustiques, etc.). L'atome porte des risques majeurs : accident, sort irrésolu de déchets hautement radioactifs pendant des milliers d'années, coûts élevés. Autant d'arguments qui mobilisent sans relâche certaines ONG. Mais pour le patron de l'agence de l'ONU, les critiques ne tiennent pas.

COP26 : face à l’urgence climatique, des milliers de manifestants attendus à travers le monde

  COP26 : face à l’urgence climatique, des milliers de manifestants attendus à travers le monde De Sydney à Paris en passant par Mexico, plus de 200 manifestations sont organisées pour exiger des responsables politiques réunis à Glasgow des mesures fortes en pleine crise climatique.De Sydney à Paris en passant par Londres, Nairobi ou Mexico, plus de 200 événements sont aussi prévus, selon la coalition d’organisations à l’origine de la mobilisation. Il s’agit d’exiger la « justice climatique » et des mesures immédiates pour les communautés déjà affectées par le dérèglement climatique, surtout dans les pays les plus pauvres du Sud.

« Il faut regarder les faits », dit-il. « En France c'est plus de 70 % (de l'électricité), aux États-Unis 20 %, en Russie pareil? Le nucléaire ne s'arrête jamais, il fournit une articulation avec d'autres sources, dont les renouvelables ». Pour lui, « les accidents sont rares, et quand vous regardez les statistiques en termes de conséquences, bien en deçà de ce que génèrent d'autres sources d'énergie ». Mais de nouveaux réacteurs pourraient-ils être déployés assez vite pour le climat ? « Il faut commencer par préserver la flotte existante », dit-il. Mais jusqu'à quand les prolonger ?

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« Nous voyons des centrales prévues pour 60 ans avec les normes les plus strictes appliquées par les régulateurs nationaux et supervisées par l'AIEA. Quoi de plus efficient qu'un équipement qui vous approvisionne pendant près de 100 ans ? Quand je dis 100, c'est un peu une provocation, mais peut-être pas, car cela pourrait bien être le cas. Regardez Beznau, la doyenne, en Suisse, lancée dans les années 1960 : une machine très solide. Et nous en avons beaucoup. C'est une question de rigueur sur la sécurité. Car personne ne veut d'accident. »

COP26 ressemble à une défaillance historique après que les plus gros pollueurs du monde soignés le sommet et même les nations riches n'ont pas réussi à livrer

 COP26 ressemble à une défaillance historique après que les plus gros pollueurs du monde soignés le sommet et même les nations riches n'ont pas réussi à livrer © Evan Vucci / piscine via Reuters President Joe Biden à la COP26, le 2 novembre 2021. Evan Vucci / Piscine Via Reuters Boris Johnson dit qu'il est prudemment optimiste quant à un accord sur le changement climatique chez Glasgow's COP26 Summit. Sans une telle affaire, COP26 devrait être jugé jugé comme une défaillance historique. La réticence des pays, y compris la Chine, de s'inscrire aux nouveaux objectifs des risques rendant le sommet d'un échec.

Dans les travées de la COP26, des militants de « Nuclear for climate » ? certains, professionnels du secteur ? se font entendre. « Parlons nucléaire ! » invite sur son tee-shirt bleu Callum Thomas, un Britannique au rang d'observateur des négociations au titre du Japan Atomic Industrial Forum : « Beaucoup voient les prix du gaz quadrupler, et regardent la faisabilité du nucléaire. »

Pour tout le monde ?

Le monde est tellement en retard sur ses objectifs climatiques et la transition énergétique à mettre en place pour éliminer les hydrocarbures, que les arguments peuvent faire mouche. Certains scientifiques le prônent. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prend tout ce qui est bas-carbone. Dans la plupart des scénarios du Giec (les experts climats de l'ONU) pour limiter le réchauffement à + 1,5 °C, la part du nucléaire a crû ; mais les experts climat de l'ONU soulignent aussi qu'un déploiement « peut être contraint par des préférences sociétales ».

Les pays, de fait, sont divisés. Auckland et l'Allemagne disent non, la Pologne compte dessus face au charbon, l'Inde discute avec le français EDF pour la plus grande centrale au monde, la Chine compte le plus grand nombre de réacteurs, et l'UE bataille sur sa liste des investissements jugés « durables ». Nombre d'institutions ne financent pas non plus les projets nucléaires, comme la Banque mondiale, à laquelle M. Grossi a récemment rendu visite.

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Au vu des coûts et capacités nécessaires, tout le monde peut-il en outre y prétendre ? « Oui », répond le diplomate. À la COP, « des pays en développement en particulier sont venus nous demander de les aider. »

« Les pays voient dans les petites unités une alternative intéressante, qui va dans les centaines de millions (de dollars) et pas les milliards », souligne le patron de l'AIEA, qui propose aussi des programmes par étapes pour accompagner les nouveaux arrivants. Canada ou encore États-Unis développent de petits réacteurs, dits SMR (« small modular reactors »). Seule la Russie pour l'instant a mis en service une centrale flottante utilisant cette technologie.

COP26 : quels sont les points du texte les plus critiqués après l'accord trouvé à Glasgow ? .
Les 196 pays de la COP26 ont adopté, samedi, un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète. Accord qui n'est pas jugé à la hauteur de l'urgence par les associations de défense de l'environnement.Ils ont fini par trouver un accord. Les 196 pays de la COP26 ont adopté, samedi 13 novembre, à Glasgow, en Ecosse (Royaume-Uni), un pacte pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète. Mais les critiques fusent déjà sur les limites de ce texte. Franceinfo passe en revue les principaux points qui posent problème.

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