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Monde: Memorial, pilier russe des droits humains, menacé de dissolution

Vers une dissolution de l’ONG qui défend les droits humains : « La conscience de la Russie menacée »

  Vers une dissolution de l’ONG qui défend les droits humains : « La conscience de la Russie menacée » Memorial, c’est son nom, a été fondée à Moscou en 1987 par le dissident Andreï Sakharov. Cette ONG est devenue une authentique mémoire des crimes du stalinisme et, plus généralement, des persécutions politiques. Ce qui la rend « gênante », nous dit Galia Ackerman. Le parquet de Moscou et le parquet national russe veulent la dissoudre, et l’accusent d’avoir violé une loi très contestée sur les « agents de l’étranger ».Comme prisonnier d’un étau que l’on serre toujours davantage, l’espace de liberté de la société civile russe se réduit au fil des mandats de Vladimir Poutine. La nouvelle cible du régime s’appelle Memorial, déjà attaquée par le passé.

Siège de l'ONG Memorial à Moscou, le 15 novembre 2021 © Alexander NEMENOV Siège de l'ONG Memorial à Moscou, le 15 novembre 2021

La Cour suprême russe doit se prononcer jeudi sur la liquidation de la structure clé de l'ONG Memorial, pilier de longue date de la défense des droits humains en Russie, dont l'interdiction marquerait un tournant.

Cette décision viendrait couronner des mois de pressions contre les voix critiques du pouvoir en Russie, avec notamment la fermeture de médias indépendants et d'ONG classées "agents de l'étranger" par la justice. L'opposant Alexeï Navalny a lui été emprisonné et son mouvement démantelé pour "extrémisme".

Oleg Orlov dans les locaux de l'ONG Memorial,  à Moscou, le 15 novembre 2021 © Alexander NEMENOV Oleg Orlov dans les locaux de l'ONG Memorial, à Moscou, le 15 novembre 2021

Créé en 1989 par des dissidents soviétiques dont le prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, Memorial a commencé son travail en documentant les crimes staliniens et le Goulag, avant de se lancer dans la défense des droits humains et des prisonniers politiques, deux activités à hauts risques.

pm pèse sur le différend sur le mémorial des enfants tués dans les housses d'housse

 pm pèse sur le différend sur le mémorial des enfants tués dans les housses d'housse Le Premier ministre Scott Morrison a pesé une bataille permanente pour les familles de quatre enfants tués par un chauffeur ivre à Sydney , qui ont eu sa proposition pour un mémorial à leurs décès rejetés. Antony, Angelina et Sienne Abdallah, et leur cousin Veronique Sakr, ont été tués en février dernier lorsqu'un pilote ivre s'est labouré dans un groupe de sept enfants alors qu'ils ont marché pour acheter de la crème glacée dans des housses.

Archives de l'ONG Memorial à Moscou, le 15 novembre 2021 © Alexander NEMENOV Archives de l'ONG Memorial à Moscou, le 15 novembre 2021

L'ONG s'est distinguée par ses enquêtes sur les exactions russes en Tchétchénie, qui ont coûté la vie à sa collaboratrice Natalia Estemirova, assassinée en 2009. Plus récemment, elle a mis en cause des paramilitaires de l'opaque groupe "Wagner" pour des crimes de guerre présumés en Syrie.

Devenue au fil des années le principal groupe russe de défense des droits, l'organisation s'est vite retrouvée dans le collimateur des autorités.

Mais elle fait désormais face à la plus grande menace de son existence: le Parquet général russe a exigé le 8 novembre la liquidation de son entité centrale, Memorial International, qui coordonne le travail du réseau de l'ONG.

POINT DE VUE. « Le Memorial et le destin de la nation russe »

  POINT DE VUE. « Le Memorial et le destin de la nation russe » « L’intention des autorités russes de fermer Memorial, l’une des plus anciennes organisations non gouvernementale russes (1), a provoqué une vague d’indignation en Russie et dans le monde. Galia Ackerman, historienne, rédactrice en chef de Desk Russie (desk-russie.eu), a sélectionné et traduit pour Ouest-France deux réactions fortes parmi des centaines, voire des milliers. »« Lorsque le champ politique fut vidé de toute opposition et de toute alternative idéologique possible, Memorial restait le gardien de l’histoire alternative et de la mémoire historique dans la conscience de la nation.

Cette dernière possède une structure décentralisée, composée de dizaines d'entités indépendantes à travers la Russie et à l'étranger.

Conformément à la loi russe, la Cour suprême étudie cette demande de dissolution car Memorial International est enregistré en tant qu'organisation internationale.


Vidéo: Le procès de la \ (BFMTV)

S'ajoutant à l'inquiétude, les avocats de l'ONG ne pourront pas faire appel de la décision de la Cour devant d'autres tribunaux en Russie.

- Offensive juridique -

Si les Européens et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits humains ont appelé à l'arrêt des poursuites, le Kremlin a lui souligné que Memorial avait "depuis longtemps" des problèmes avec la loi russe.

L'un de ses responsables, Oleg Orlov, a expliqué mardi à l'AFP que la dissolution de Memorial International compliquerait "fortement" le travail de l'ONG en la privant de base juridique pour embaucher des employés, recevoir des fonds ou entreposer ses archives.

Cour de Russie à envisager la fermeture du groupe de droits de haut niveau Memorial

 Cour de Russie à envisager la fermeture du groupe de droits de haut niveau Memorial La Cour suprême de la Russie examinera jeudi une demande de fermer le mémorial, le groupe de droits le plus en vue du pays et un pilier de sa société civile.

Rassemblement devant le tribunal municipal de Moscou contre la dissolution de l'ONG Memorial, le 23 novembre 2021 © Dimitar DILKOFF Rassemblement devant le tribunal municipal de Moscou contre la dissolution de l'ONG Memorial, le 23 novembre 2021

Selon lui, de "nombreuses questions juridiques" restent toutefois en suspens et dépendront des modalités décidées par la Cour suprême.

Le Parquet reproche à Memorial International d'avoir enfreint à de multiples reprises la loi sur les "agents de l'étranger", à laquelle il est soumis depuis 2016

Selon la loi, les "agents de l'étranger" doivent afficher ce qualificatif dans toutes leurs publications et effectuer de lourdes démarches administratives.

En principe, la Cour suprême ne peut pas interdire par une seule décision l'ensemble des structures de Memorial en Russie, car elles possèdent leurs propres entités juridiques et il faudrait donc les fermer une par une.

Les membres de l'ONG craignent néanmoins que la justice ne trouve un subterfuge pour liquider arbitrairement l'ensemble du réseau.

Parallèlement, le Parquet de Moscou a exigé la liquidation du Centre de défense des droits humains de Memorial, une entité qui fournit notamment une assistance aux prisonniers politiques, aux migrants et aux minorités sexuelles.

Mis en cause pour des enfreintes à la loi sur les "agents de l'étranger", ce centre fait aussi face à des poursuites plus graves: il est accusé d'apologie de "l'extrémisme et du terrorisme" pour avoir publié une liste de prisonniers membres de mouvements religieux interdits en Russie.

rco/pop/ybl

Ukraine : Moscou espère un «contact» entre Poutine et Biden «ces prochains jours» .
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