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Monde: Congo Hold-up: comment sont financées les plus belles tours de Kinshasa?

Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique

  Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Parmi les principaux responsables présumés figurent l’ancien président Joseph Kabila et son premier cercle. Fruit du travail de 19 médias partenaires associés au consortium européen EIC et de cinq ONG spécialisées, elle est basée sur l’analyse de millions de documents bancaires et transactions qui ont fuité d’une banque africaine : la BGFI.

Le Congo World Trade Center à Kinshasa en RDC. © RFI Le Congo World Trade Center à Kinshasa en RDC.

La fuite de millions de documents bancaires et transactions à la BGFI Bank révèle plus d’un secret sur le fonctionnement interne de certaines entreprises. Pendant quatre ans, Modern Construction et plusieurs de ses sociétés sœurs avaient leurs comptes logés dans cette banque. On doit à ces entreprises deux des plus belles tours de Kinshasa : Kiyo Ya Sita ou le Congo Trade Center.

De nuit, impossible de rater Kiyo Ya Sita. Plantée sur le bouillonnant boulevard du 30 juin, en plein cœur de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), cette tour de 16 étages devient multicolore et s’affiche à tout point de vue : son nom, 364, son numéro sur le boulevard, les numéros de ses promoteurs…

Congo Hold-up: comment l’ONG The Sentry a pu tracer l’argent des Kabilas

  Congo Hold-up: comment l’ONG The Sentry a pu tracer l’argent des Kabilas Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Une enquête qui démontre comment la famille Kabila a « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité d'une banque, la BGFI RDC, dont Francis Selemani - le frère de l’ancien président - était le directeur général. Michelle Kendler-Kretsch,  chercheuse pour l’ONG The Sentry, a collaboré à l’enquête. Michelle Kendler-Kretsch : Avec les documents en notre possession, nous avons pu suivre l’argent.

À l’origine, c’est un projet du banquier congolais Pascal Kinduelo, qui est aussi le président du conseil d’administration de la BGFI Bank et d’autres sociétés liées au clan de l’ancien président Joseph Kabila. En pleine année électorale, en 2011, M. Kinduelo s’associe à un jeune entrepreneur indien, Harish Jagtani, pour créer Industrie financière et immobilière (IFI). Cet homme d’affaires, à l’époque implanté depuis moins d’une quinzaine d’années au Congo, était surtout connu pour sa société de fret aérien Services Air et pour ses liens d’amitié avec l’ancienne première dame Olive Lembe di Sita. Plusieurs de leurs proches assurent que cette tour, littéralement appelée le « reflet de Sita », est dédiée à l’ancienne première dame. De la rue à Kinshasa aux milieux huppés de la capitale congolaise, on attribue même volontiers à « Maman Olive » tout ou partie de la propriété de ce luxueux immeuble. M. Jagtani dément.

Congo Hold-up: la caisse noire de la Banque centrale du Congo

  Congo Hold-up: la caisse noire de la Banque centrale du Congo La Banque centrale de la République démocratique du Congo a ouvert à la BGFI Bank un compte qui a servi à verser 76 millions de dollars à la famille et aux associés de l’ancien président Joseph Kabila, puis a maquillé son bilan officiel pour masquer certains paiements. Une enquête de Médiapart avec le consortium EIC, RFI et ses partenaires. En République démocratique du Congo, comme ailleurs, la Banque centrale (BCC) est le gendarme du système bancaire. Son nom doit évoquer rigueur et sérieux. Avec son service d’audit, elle peut mettre au pas des banques commerciales comme la BGFIBank.

Règle #1 : Trouver une banque favorable à votre projet

Toutes ces sociétés liées à M. Jagtani ont établi leur compte à la BGFI Bank en 2011 et ce n’est sans doute pas un hasard. À l’époque, Services Air décroche pour plus de quatre millions de commande de fret aérien dans le cadre de l’organisation de la présidentielle et des législatives de 2011.

L’enquête Congo Hold-up a établi qu’une partie des fonds alloués aux élections de 2011 avait directement ou indirectement bénéficié non seulement à IFI, mais aussi à sa grande sœur Modern Construction, dont Harish Jagtani est l’un des actionnaires. Créée en 2009 avec trois autres hommes d’affaires indien, cette société de construction a ses propres projets, Modern Paradise et l’imposant Congo Trade Center (CTC), idéalement situé sur les rives du fleuve Congo.

Sur le compte de Modern Construction en dollars, un total de 32 millions sont crédités entre janvier 2011 et avril 2015. Plus de 2 millions sont des erreurs d’écriture. 1,9 million y est versé en liquide. On y retrouve aussi les virements de Services Air et de Serve Air Limited, qui proviennent indirectement de la centrale électorale congolaise. Il y a enfin des fonds virés depuis des comptes logés à la Clariden Leu. Cette banque reprise depuis 2012 par le Crédit suisse avait été épinglée par Public Eye, l’une des ONG partenaires de Congo Hold-up, dans une sombre affaire de commissions versées au Congo-Brazzaville voisin.

Congo Hold-up: comment se servir dans le budget des élections?

  Congo Hold-up: comment se servir dans le budget des élections? En République démocratique du Congo, les deux derniers cycles électoraux ont coûté chaque fois plus cher à l’État congolais, et leurs résultats chaque fois plus contestés. Ces hausses vertigineuses des dépenses ont été justifiées par l’urgence des mesures à prendre, après des préparatifs bloqués pendant des mois par des crises politiques, et par une amélioration technique du processus. Mais la fuite de millions de documents et transactions à la BGFIBank révèle qu’au moins 3,8 millions ont été versés sur les comptes de sociétés liées à l’ancien président Joseph Kabila. Enquête réalisée avec Médiapart, PPLAAF, Public Eye, the Sentry.

Depuis cette banque suisse, un compte intitulé « KAMAL NANDLAL RAWTANI AND RHEA » vire à Modern Construction près de 840 000 dollars. Kamal Nandlal Rawtani est le véritable nom de « Kenny » Rawtani, le beau-frère de Harish Jagtani. Entre mars et juin 2017, avant l’arrivée des fonds de la centrale électorale, cet apport familial est la principale source de financement du compte en dollars de Modern Construction. M. Harish Jagtani, lui, explique la provenance de cet argent par la vente d’un terrain.

Le reste des sommes créditées sur ce compte de Modern Construction en dollars est le fruit de prêts et lignes de crédit de la BGFI Bank et du remboursement d’une caution de 10 millions de dollars dont nous avons pu tracer la provenance.

► À lire aussi: Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents

Comment ces prêts ont-ils été obtenus ? Modern Construction commence l’année 2011 en demandant une ligne de crédit de 2,5 millions de dollars à la BGFI Bank RDC. Sept mois plus tard, elle en décroche une autre, dix fois plus importante du groupe BGFI. Le siège au Gabon et différentes filiales lui accordent 25 millions de dollars de ligne de crédit. Entre les deux, la relation entre M. Jagtani, co-actionnaire de Modern Construction, et M. Kinduelo, président du conseil d’administration de la banque à Kinshasa, s’est formalisée au sein de la société Industrie financière et immobilière (IFI). Services Air a commencé, sans même un contrat, à recevoir des centaines de milliers de dollars de la centrale électorale. M. Jagtani a le vent en poupe à la BGFI.

RDC: les réactions se multiplient après les révélations de l'enquête Congo Hold-up

  RDC: les réactions se multiplient après les révélations de l'enquête Congo Hold-up Depuis vendredi dernier, 19 médias partenaires dont RFI et 5 ONG vous relèvent les dessous du détournement de 138 millions de dollars au profit de l’ancien président Joseph Kabila et de son premier cercle. Les réactions se sont multipliées, surtout en RDC, alors qu’à l’international, seule l’ancienne puissance coloniale a réagi au plus haut niveau. Il n’a pas fallu attendre longtemps. 24 heures à peine après les premiers papiers qui ont mis en lumière ce scandale qui ébranle l’ancien président Joseph Kabila et son entourage, le ministre de la justice de RDC, Rose Mutombo, a réagi au quart de tour.

Cette importante ligne de crédit n’est pas accordée sans garanties. Elles sont mêmes multiples. Modern Construction doit déposer sur un compte bloqué à la BGFI 10 millions de dollars. Mais il y a aussi l’hypothèque d’un immeuble d’une « valeur expertisée de 19,88 millions de dollars », un « compte séquestre équivalent à un mois de cash-flow prévisionnel », une « domiciliation irrévocable des recettes mensuelles à hauteur de 4 millions ». C’est ce qui était prévu sur le document officialisant le 21 septembre 2011 l’obtention de cette ligne de crédit de 25 millions de dollars et ce, pour un an, de la part du groupe BGFI. Il est signé de la main du PDG du groupe BGFI Bank, Henri-Claude Oyima, et de Harish Jagtani lui-même.

Règle #2 : Identifier les bons associés

Trois mois plus tard, le 13 décembre 2011, un dépôt de 10 millions de dollars de caution est bien effectué sur un compte créé pour cette opération : « BGFIBANK OPERATIONS MC ». Serve Air Limited, une société de M. Jagtani basée en Suisse, y verse 5 millions de dollars alors qu’elle n’a pas de lien officiel avec Modern Construction. Ces cinq millions représentent l’apport de deux de ses associés, Harish Jagtani et Gidwani Sachin Mohanlal, qui ont chacun, à titre personnel, 25% des parts de cette société. Ils sont également associés dans le groupe Services Air.

Congo Hold-up: comment transférer des millions à l’étranger?

  Congo Hold-up: comment transférer des millions à l’étranger? Le Trésor américain a déjà sanctionné des acteurs étrangers opérant en République démocratique du Congo pour corruption et blanchiment d’argent. L’enquête Congo Hold-up révèle l’existence d’un autre réseau suspecté de transferts de fonds illicites. Alors que des détournements massifs s'opèrent, ce réseau a réussi, en quatre ans, à transférer près de 350 millions de dollars sur des comptes à l’étranger. Enquête réalisée avec PPLAAF, Mediapart et le réseau EIC. Nizal, Nil Shop, Aliya, SMB, Boboto, Mapendo business, Tuendeleye, DK Doing Business et Karibu.

Une mystérieuse société domiciliée sur l’île Maurice, Overseas Juline Ltd, verse les 5 millions restants. C’est au début des années 2000 que cette petite île située dans l’océan Indien est devenue une destination prisée pour la création de sociétés offshore. Et les associés de M. Jagtani en semblent friands. Overseas Juline Ltd y a été enregistrée en 2003. Celui qui est devenu son directeur en 2009, Nazim Charania, est un inconnu au Congo. C’est pourtant à Kinshasa qu’il fonde avec des amis l’une des associations les plus florissantes de l’Afrique centrale, bien qu’inconnue: le Sanzi Group. Depuis 2012, Nazim Charania a créé Noble Group, avec sa chaîne de magasins, Angola Mart. Il s’est imposé comme l’un des principaux importateurs du pays.

Comme Harish Jagtani, M. Charania a immigré à Kinshasa dans la deuxième moitié des années 90. Il a d’abord travaillé dans le secteur de l’informel sur les marchés et dans les entrepôts de la capitale. C’est là qu’il rencontre Harish Jagtani, de même que ceux qui deviendront ses associés au sein de Group SNS: Sajid Dhrolia et Salim Kamani. Le nom de Group SNS vient d’ailleurs de l’initiale de leurs prénoms : Nazim, Sajid, Salim. Mais seul Sajid Dhrolia est officiellement associé à Modern Construction avec 25% des parts. Le quatrième associé, Aziz Answar Kamani, le frère de Salim, possède le dernier quart.

► À lire aussi: RDC: Harish Jagtani, l’homme d’affaires indien «ami» des Kabila?

Quand on évoque avec M. Jagtani le rôle de Group SNS dans le financement de Modern Construction et de ses tours, il nie tout lien : « Le partenariat était personnel avec M. Sajid Dhrolia qui était un partenaire minoritaire. Ce partenariat s’est terminé en 2015 ». Interrogé sur le fait que la BGFI Bank le présente en 2011 comme un associé du Sanzi group, devenu Group SNS, M. Harish Jagtani dément.

Congo hold-up: trois millions de dollars d’argent public retirés en cash par le directeur financier de Kabila

  Congo hold-up: trois millions de dollars d’argent public retirés en cash par le directeur financier de Kabila L’enquête Congo Hold-up révèle que sur les 43 millions de dollars détournés dans le cadre du scandale Egal, 3,3 millions ont atterri sur un compte de la Présidence de la République démocratique du Congo. Ce virement a permis de compenser un retrait d’espèces effectué par le directeur financier du président Joseph Kabila. Enquête avec Médiapart, BBC, PPLAAF et le réseau européen EIC. Le scandale Egal éclabousse directement l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et son premier cercle.

Son ancien associé Sajid Dhrolia explique, lui, sans détour avoir prêté le montant de la caution à Modern Construction et que Overseas Juline Ltd est une société qu’il partage avec ses amis du Sanzi Group, mais que leur association n’était pas à cette époque-là formalisée. « Le Sanzi Group est une dénomination informelle qui n’a pas fait l’objet d’un enregistrement en tant que tel », explique M. Dhrolia. « Il existait plutôt des sociétés contenant le nom de Sanzi ».

Comme l’avait révélé une enquête de Radio France Internationale (RFI) en 2020, Messieurs Jagtani et Dhrolia n’ont rien à envier aux succès de Nazim Charania en Angola. Depuis 2011, comme lui, ils ont fait du chemin et sont devenus des acteurs incontournables dans le secteur du bâtiment en construisant des dizaines de tours et résidences de luxe non seulement à Kinshasa, mais aussi à Lubumbashi et Kolwezi, les deux principales villes minières congolaises. Les associés de Modern Construction ont décidé de se séparer, mais leur trajectoire est similaire. Quand en 2019, « Harry » signe un contrat avec la chaîne hôtelière américaine Hilton pour un hôtel à Kinshasa, le second surnommé « Saju » décroche un contrat pour construire trois hôtels pour la marque française Accor et construit le premier parc aquatique du Congo.

Règle #3 : Ne jamais manquer de liquidité

Avant même le dépôt de la caution de 10 millions de dollars, le crédit de la BGFI commence à être débloqué. Sur les 25 millions initialement promis par le groupe BGFI, Modern Construction en reçoit à peine plus de 11 millions. Les décaissements s’arrêtent même très vite, le 15 juin 2012. À en croire les courriers internes échangés au sein de la BGFI à ce propos, seule la BGFI Brazzaville aurait fourni sa part sur les 25 millions promis à Modern Construction. Les autres antennes du groupe n’ont pas tenu leurs engagements pour une raison jusqu’ici inconnue, la BGFI ayant décidé de ne pas commenter l’enquête Congo Hold-up, malgré nos nombreuses questions.

Congo-Brazzaville: l’opposant Marcel Makomé ne décolère pas de son arrestation par l'ANR en RDC

  Congo-Brazzaville: l’opposant Marcel Makomé ne décolère pas de son arrestation par l'ANR en RDC Une semaine après son retour à Paris, l’opposant Marcel Makomé dénonce le rôle joué par les services secrets de Brazzaville dans son arrestation à Kinshasa où il s’était rendu en octobre dernier sur invitation du maire de Kinshasa, pour y assurer des formations. Il est arrêté par l’ANR (services de renseignements congolais) le 30 octobre dernier, juste à la fin de sa mission, alors qu’il est déjà à l’Aéroport international de Ndjili, où il attend l’avion qui doit le ramener en France. Arrêté fin octobre dernier, Marcel Makomé est enfermé dans une prison secrète de l’ANR à Kinshasa, d’où il sortira mi-novembre.

Malgré cela, le montant de la caution est maintenu et Modern Construction a accepté de bloquer en caution 10 millions pour s’en voir prêter 11 seulement. Quand un an plus tard, une réunion interne à la BGFI se tient pour étudier la pertinence du renouvellement de ce prêt, plusieurs services, dont celui de la conformité, s’y opposent. « Au niveau local, les confrères de la Conformité BCDC et Standard Bank indiquent que les demandes d’ouverture de compte introduites auprès de leur institution par l’associé Jagtani Harish ont été rejetées par leurs directions générales respectives pour absence de fiabilité quant à l’origine des fonds et à la moralité de ce dernier », peut-on lire dans un rapport daté du 5 décembre 2012 et adopté à l’issue de cette réunion.

À l’époque, Jean-Jacques Lumumba, premier lanceur d’alerte à la BGFI Bank et petit-neveu du héros de l’indépendance, Patrice Lumumba, est numéro 2 du crédit et il participe à cette réunion. « On commençait déjà à voir qu’il y avait de mauvaises pratiques à la BGFI et on essayait de le dénoncer en interne », raconte-t-il. Pour le cas de l’homme d’affaires indien Harish Jagtani, M. Lumumba dit se souvenir que « des banques correspondantes (nous) avaient fait part de leurs soupçons sur ses activités de blanchiment d’argent ». Plusieurs problèmes avaient été soulevés au cours de cette rencontre. Mais l’ancien banquier de la BGFI pointe surtout que les garanties fournies par Modern Construction vont bien au-delà du montant de ces lignes de crédit et qu’il investit beaucoup de fonds propres dont on ne connaît pas la provenance.

Interrogé sur l’origine de ces fonds, Harish Jagtani assure tirer son argent de prêts en banque. Au Congo, il dit avoir travaillé avec la Rawbank, Ecobank, FNB Bank et Access Bank. Il affirme par ailleurs avoir reçu 13,65 millions de la BGFI dans le cadre de cette ligne de crédit de 25 millions de dollars et avoir financé sa part de la caution avec des prêts contractés auprès d’autres « banques extérieures ».

Harish Jagtani assure faire des opérations de financement « tout à fait classiques ». L’homme d’affaires indien estime que « parler de blanchiment relève de la diffamation ». Pour ce qui est de l’interruption de la ligne de crédit, M. Jagtani déclare que la BGFI l’aurait informé que « du fait de restrictions prudentielles de la Banque centrale du Congo », elle « ne pouvait plus décaisser d’autres montants ».

► À lire aussi: Congo Hold-up: la caisse noire de la Banque centrale du Congo

Cette interruption pourrait aussi s’expliquer par la dégradation des relations entre M. Kinduelo et son associé indien qui aboutira à leur rupture. C’est aussi à cette période que le vieux banquier congolais commence à se plaindre des factures présentées par son jeune associé. Il ira jusqu’à expertiser le montant des travaux réalisés sur la construction de Kiyo Ya Sita. L’analyse des comptes de leur société commune Industrie financière et immobilière (IFI) montre que M. Kinduelo investit dans ce projet près de 3 millions de dollars. Son associé indien, lui, n’y verse que 350 000 dollars par virement. M. Jagtani confirme que son associé a « demandé un audit de la valeur de ces matériels par un cabinet mandaté par ses soins » et assure qu’il y avait le compte.

Il y a plus d’un témoin pour raconter cette histoire car les deux protagonistes se sont plaints l’un de l’autre auprès des plus hautes autorités du pays. Dans ce différend, le président du conseil d’administration de la BGFI perd la bataille. Pourtant lui aussi est réputé proche de Joseph Kabila. Il finit par tout revendre à Harish Jagtani et ses jeunes associés de Modern Construction à l’époque pour la plupart inconnus. Son terrain et sa tour Kiyo Ya Sita.

Contacté, Pascal Kinduelo n’a pas donné suite.

Congo-Brazzaville: l’opposant Marcel Makomé ne décolère pas de son arrestation par l'ANR en RDC .
Une semaine après son retour à Paris, l’opposant Marcel Makomé dénonce le rôle joué par les services secrets de Brazzaville dans son arrestation à Kinshasa où il s’était rendu en octobre dernier sur invitation du maire de Kinshasa, pour y assurer des formations. Il est arrêté par l’ANR (services de renseignements congolais) le 30 octobre dernier, juste à la fin de sa mission, alors qu’il est déjà à l’Aéroport international de Ndjili, où il attend l’avion qui doit le ramener en France. Arrêté fin octobre dernier, Marcel Makomé est enfermé dans une prison secrète de l’ANR à Kinshasa, d’où il sortira mi-novembre.

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