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Monde: A Calais, « quand on lacère leurs tentes, on pousse les migrants à prendre tous les risques pour partir »

Kurdes, d'autres convergent dans le camp français, cherchant à atteindre le Royaume-Uni

 Kurdes, d'autres convergent dans le camp français, cherchant à atteindre le Royaume-Uni Paris (AP) - au moins 1 500 migrants vivent dans des tentes sur un lot boueux dans le nord de la France en tant que nombre croissant de personnes fuyant l'Irak, l'Afghanistan et d'autres pays cherchent à traverser La chaîne anglaise et rejoignez le Royaume-Uni, selon les travailleurs de l'aide. © Fourni par un fichier de presse associé - Personniers de police Patrol près d'un camp de migrant à Calais, du Nord de la France, du jeudi 14 octobre 2021.

  A Calais, « quand on lacère leurs tentes, on pousse les migrants à prendre tous les risques pour partir » © Copyright 2021, L'Obs

« Quand on lacère les tentes et les cuves d’eau, quand on gaze parfois la nourriture, on pousse les personnes à prendre tous les risques pour partir. » Alors que 27 migrants se sont noyés dans la Manche pendant leur tentative de rejoindre l’Angleterre, le journaliste Louis Witter, qui documente depuis plusieurs mois le sort des migrants à Calais pour le média Actualités Sociales Hebdomadaires, dénonce la responsabilité de la France dans la multiplication de ces traversées périlleuses.

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Les 33 derniers kilomètres

Malgré la dureté de l’hiver dans le Nord, les migrants continuent d’arriver à Calais, et les traversées se poursuivent. Pourquoi ? Les quelques dizaines de kilomètres qui séparent les exilés de l’Angleterre ne représentent qu’une infime partie du voyage qu’ils ont dû faire pour arriver jusque-là, explique Louis Witter.

Naufrage d’un bateau de migrants au large de Calais : ce que l’on sait du drame qui a fait 31 morts

  Naufrage d’un bateau de migrants au large de Calais : ce que l’on sait du drame qui a fait 31 morts Dans la Manche, une embarcation de migrants souhaitant rejoindre la Grande-Bretagne a chaviré. Ce drame est le plus meurtrier depuis l’envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche. Selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin arrivé sur place, l’embarcation comptait 33 migrants. Ils tentaient de rejoindre la Grande-Bretagne. Parmi les victimes figurent au moins cinq femmes et une fillette, a précisé le ministre.Deux personnes ont pu être secourues. Leurs jours « sont en danger », selon Gérald Darmanin.

« Quand les personnes ont fait parfois plus de 6 000 kilomètres pour se construire une nouvelle vie en Angleterre, ce ne sont pas les derniers 33 kilomètres qui leur font peur. Au contraire, ils vont tout faire pour essayer de passer. »

Quitte, même, à prendre la mer, bien que la traversée soit très dangereuse.

Des démantèlements toutes les 48 heures

Ce qui pousse les migrants à partir, selon le photojournaliste, c’est la manière dont ils sont traités par l’Etat, et plus particulièrement par les forces de l’ordre. « Toutes les 48 heures, les forces de l’ordre procèdent à des évacuations et à la confiscation des tentes qui se trouvent sur les terrains vagues de Calais », alors même qu’elles contiennent parfois de l’argent liquide, des papiers d’identité, des demandes d’asile ou des médicaments. Le but de ces évacuations est d’éviter l’émergence d’une « nouvelle jungle » comme celle de 2016 qui a abrité jusqu’à 10 000 personnes.

« Ici, je meurs à petit feu » : depuis cette plage du Nord, des migrants s’élancent dans la mer au péril de leur vie

La France, dans sa manière d’accueillir les migrants de Calais, est donc aussi responsable des départs soudains et dangereux des exilés qui tentent de rejoindre l’Angleterre, estime Louis Witter. « Aujourd’hui, la police républicaine et l’Etat font subir à ces exilés ce qu’on n’imagine pas subir, et qu’on ne veut faire subir à personne. »

Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin ont-ils menti à propos des lacérations de tentes des migrants ? .
Plusieurs sources indiquent à «CheckNews» que, ces derniers jours encore, les tentes des migrants étaient lacérées sous les yeux des forces de l’ordre à Calais et à Grande-Synthe.Votre question porte sur les récentes déclarations politiques suite au naufrage ayant entraîné la mort de 27 personnes dans la Manche, le 24 novembre. Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, était interpellé sur le plateau de C l’hebdo (diffusé par France 5), trois jours plus tard, au sujet des pratiques des forces de l’ordre dans les campements de migrants, régulièrement démantelés à Calais et Grande-Synthe. Et notamment sur la lacération des tentes des personnes exilées.

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