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Monde: A Lesbos, le pape dénonce la politique migratoire de l’Europe et le «naufrage de la civilisation»

Arrivée du pape à Chypre, la question migratoire au coeur de sa visite

  Arrivée du pape à Chypre, la question migratoire au coeur de sa visite Le pape François est arrivé jeudi après-midi à Chypre pour une visite de deux jours lors de laquelle il entend attirer l'attention sur l'accueil desIl s'agit de la deuxième visite d'un pape sur l'île majoritairement peuplée de chrétiens orthodoxes après la venue de Benoît XVI en 2010.

Le pape François a fustigé sur l’île grecque de Lesbos «le repli sur soi et les nationalismes», qui conduisent au rejet des migrants, évoquant ainsi une dérive inquiétante pour les démocraties européennes.

«Il est facile de mener l’opinion publique en diffusant la peur de l’autre. Pourquoi, au contraire, ne pas parler avec la même vigueur de l’exploitation des pauvres, des guerres oubliées et souvent largement financées, des accords économiques conclus aux dépens des populations, des manœuvres secrètes pour le trafic et le commerce des armes en provoquant leur prolifération ?» a martelé le pape François ce dimanche sur l’île grecque de Lesbos, devenue célèbre pour avoir été, en particulier depuis 2015, l’épicentre de l’exode des réfugiés et migrants venus des côtes turques situées à une trentaine de kilomètres.

Visite du pape à Lesbos : «Il voit des situations indignes et il essaie d'y répondre»

  Visite du pape à Lesbos : «Il voit des situations indignes et il essaie d'y répondre» Le pape François arrive ce samedi matin à Athènes à la rencontre des chrétiens orthodoxes de Grèce, une première en deux décennies. Son séjour de deux jours et demi sera également marqué dimanche par une nouvelle visite éclair à Lesbos, emblématique de la crise migratoire. Invitée de Jean-Pierre Elkabbach samedi matin, Valérie Régnier, présidente de la communauté Sant'Egidio en France, est revenue sur les motivations du souverain pontife. Après deux jours à Chypre, le pape François arrive samedi matin à Athènes à la rencontre des chrétiens orthodoxes de Grèce, une première en deux décennies dans la capitale grecque placée sous haute sécurité en raison du c

Alors que la «question migratoire» empoisonne la vie politique des pays européens, l’évêque de Rome s’est ému du sort de ceux qui sont abandonnés «à la merci des vagues, dans le clapotis de l’indifférence, parfois même justifié au nom de prétendues valeurs chrétiennes». La Méditerranée est en train de «devenir un cimetière froid sans pierres tombales», s’est inquiété le pape qui s’était déjà rendu à Lesbos en 2016.

Plus de 1 300 migrants ont péri en 2021, contre 513 en 2020, dans «cette “mare nostrum”», a-t-il rappelé, qui «se transforme en une désolante mare mortuum». Avant de supplier : «Ne laissons pas cette “mer des souvenirs” devenir la “mer de l’oubli”. Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation !»

Miséricorde et surenchère


Vidéo: Devant des migrants de Lesbos, le pape François appelle à la fin du "naufrage de civilisation" (France 24)

A Athènes, le pape François charge les « égoïsmes nationalistes »

  A Athènes, le pape François charge les « égoïsmes nationalistes » En déplacement en Grêce et à Athènes, le pape François s'est une nouvelle fois exprimé sur la crise migratoire, appelant à la solidarité.Arrivé à l'aéroport d'Athènes à 11h, heure française, le pape François n'a pas attendu longtemps avant de tenir un tel discours, regrettant que « l'Europe persiste à tergiverser » quant à l'accueil inconditionnel des migrants. Au contraire, l'évêque de Rome souhaiterait que le vieux continent devienne « un moteur de solidarité ».

Le pape François a fait du sort des candidats à l’asile, de plus en plus malmenés et ostracisés, l’un des points d’orgue de son pontificat. Mais ce serait une erreur de ne voir dans ce combat que l’expression d’une miséricorde induite par sa fonction de chef religieux. Car le prélat, lui-même fils de migrants italiens installés en Argentine, semble mesurer parfaitement la menace que cette politique intransigeante et cruelle fait en réalité peser par ricochets non seulement sur la civilisation, mais d’abord sur les démocraties, en particulier en Europe.

Citant le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel («Lorsque des vies humaines sont en danger, lorsque la dignité humaine est en danger, les frontières nationales deviennent sans objet»), et dénonçant ces «cœurs sourds aux besoins des autres», il a fustigé les dirigeants européens, regrettant de les voir «proposer, comme solution, l’utilisation de fonds communs pour construire des murs, pour construire des fils barbelés».

migrants sur Lesbos espère que le pape "prennent la voix à World"

 migrants sur Lesbos espère que le pape avant la visite historique du pape en Grèce, environ 20 demandeurs d'asile du camp de Mavrovouni ont été autorisés à assister à la messe à l'église catholique de Lesbos, à la distanciation sociale à l'intérieur du culte ensemble.

Et si le migrant, le réfugié, l’exilé n’était que le bouc émissaire de dirigeants poussés à la surenchère populiste pour camoufler leur impuissance face aux frustrations économiques et sociales ? Et si cette stigmatisation ne faisait que refléter une dérive des politiques européennes qui bafouent de plus en plus ouvertement les droits de l’homme ?

Généralisation des «pushback»

A l’instar du pape, nombreux sont ceux qui s’en inquiètent. Comme ces ONG qui dénoncent la généralisation des pushback, ces renvois totalement illégaux de candidats à l’asile auxquels on ne donne aucune chance de justifier les raisons de leur fuite. En Grèce justement, ces pratiques violentes ont augmenté de 97% en un an, selon l’ONG Aegean Boat Report. Et moment même où la liberté de la presse se restreint, l’action des ONG qui aident les migrants est drastiquement limitée. L’Europe se tait, encourageant, et même finançant, la construction de camps fermés sur les îles grecques où les candidats à l’asile se retrouvent isolés, condamnés à une interminable attente pour l’instruction de leurs dossiers.

Réfugiés: nouvelle visite symbolique du pape François à Lesbos

  Réfugiés: nouvelle visite symbolique du pape François à Lesbos Au cœur d’une visite de trois jours en Grèce, pays orthodoxe, le pape fait une escale ce dimanche dans le camp de réfugiés de Lesbos où vivent actuellement un peu plus de 2000 demandeurs d’asile. Après 2016, il s’agit de la deuxième visite du souverain pontife sur cette île grecque, symbole des flux migratoires, qui a notamment abrité le camp de Moria -longtemps le plus grand d’Europe- détruit par un incendie en septembre 2020. avec notre envoyé spécial à Lesbos, Joël BronnerUn des motifs de cette deuxième visite du pape en Grèce en cinq ans semble être de tenter d’améliorer les relations entre l’Église catholique et le clergé orthodoxe, deux différentes familles de la relig

L’obsession migratoire des dirigeants européens dresse une nouvelle ligne de clivage politique en Europe entre ceux qui font du rejet des migrants une priorité absolue et à n’importe quel prix, et ceux qui résistent à ce durcissement inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. A l’instar de ce souverain pontife dont les paroles ont donné, le temps d’un discours, une fragile lueur d’espoir aux quelque 2 000 réfugiés et migrants, maintenus prisonniers dans un ancien camp militaire sur l’île de Lesbos.

Le pape François lors de sa visite sur l'île de Lesbos, ce dimanche. © Louisa Gouliamaki Le pape François lors de sa visite sur l'île de Lesbos, ce dimanche.

Le pape François achève sa visite en Grèce, marquée par son soutien aux migrants .
Après une visite historique de deux jours et demi en Grèce, où il a rencontré des jeunes d'une école catholique, le pape François a quitté le pays, lundi. Sur l'île de Lesbos, il a lancé un vibrant appel à une meilleure intégration des migrants en Europe. Le pape François a quitté la Grèce, lundi 6 novembre, clôturant une visite de deux jours et demi marquée par un passage sur l'île de Lesbos, où il a lancé un appel, vibrant en faveur d'uneLe pape François a quitté la Grèce, lundi 6 novembre, clôturant une visite de deux jours et demi marquée par un passage sur l'île de Lesbos, où il a lancé un appel, vibrant en faveur d'une meilleure intégration des migrants en Europe, thème central de son pontificat.

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