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Monde: Au Congo-Brazzaville, la sorcellerie et la justice aux «Ordalies, le tribunal de l’invisible»

#marquepage du 19 janvier 2021 : échos des livres glanés par Anne-Marie Revol

  #marquepage du 19 janvier 2021 : échos des livres glanés par Anne-Marie Revol Découvrez en trois minutes, trois idées de livres, à dévorer… tout en vous amusant ! © Fournis par Franceinfo Un nouveau numéro de Marque-Page : l’écrivain qui se dissimule derrière ses quatre photos n’a pas la langue dans sa poche. Aude Marzin, libraire à Paris, spécialiste de la littérature jeunesse, nous invite à découvrir Les étincelles invisibles d’Elle McNicoll publié à L’Ecole des Loisirs. Quant aux Bookstragrammeurs, ils ont jeté leur dévolu sur un magnifique recueil de nouvelles inédites du grand Carlos Ruiz Zafon, La ville vapeur, édité chez Actes Sud.Mais...

« Ordalies, le tribunal de l’invisible », un documentaire réalisé par Corto Vaclav et Hadrien La Vapeur au Congo-Brazzaville. © Fipadoc 2022 « Ordalies, le tribunal de l’invisible », un documentaire réalisé par Corto Vaclav et Hadrien La Vapeur au Congo-Brazzaville.

Bienvenue au Congo-Brazzaville. « La sorcellerie est aussi une source de poésie, de mysticisme et d’identité », s’enthousiasme Corto Vaclav. Le jeune cinéaste français montre dans « Ordalies, le tribunal de l’invisible » une justice basée sur des pratiques très mystiques qui se retrouve au cœur d’un système de réconciliation aussi surréaliste qu’efficace. Une pépite cinématographique présentée au Festival international du documentaire (Fipadoc), à Biarritz.

Assassinat du président haïtien Jovenel Moïse: inculpation aux États-Unis d'un deuxième suspect

  Assassinat du président haïtien Jovenel Moïse: inculpation aux États-Unis d'un deuxième suspect Une deuxième inculpation a eu lieu aux États-Unis pour complicité de meurtre dans l’enquête sur l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en juillet dernier. Arrêté le 7 janvier en République dominicaine, Rodolphe Jaar, 49 ans, a comparu devant un tribunal à Miami jeudi 20 janvier. Avec notre correspondant à Miami, David Thomson Le chef d’accusation de complicité de meurtre a été retenu contre Rodolphe Jaar durant sa comparution devant le tribunal de Miami. Cet Haïtiano-Chilien encourt la perpétuité aux États-Unis pour assistance matérielle ayant entrainé la mort.

RFI : On peut être subjugué ou terrifié par votre documentaire, en tout cas, les scènes sont tellement extraordinaires qu’on ne comprend pas grand-chose avec la tête. Vous et votre coréalisateur Hadrien La Vapeur, vous explorez depuis des années les univers de l’invisible et de la sorcellerie au Congo. Après Kongo, où vous avez suivi un guérisseur, vous nous plongez dans les Ordalies, le tribunal de l’invisible. Quel regard posez-vous dans votre nouveau film sur le Congo-Brazzaville ?

Paris : Submergé par les dossiers, le Tribunal judiciaire manque de juges et de moyens selon son président

  Paris : Submergé par les dossiers, le Tribunal judiciaire manque de juges et de moyens selon son président Jean-François Bohnert estime que les effectifs sont « totalement inadaptés » et évoque une situation « fortement dégradée » © Shutterstock/SIPA La pile de dossiers est toujours plus haute sur le bureau des magistrats. ALARME - Jean-François Bohnert estime que les effectifs sont « totalement inadaptés » et évoque une situation « fortement dégradée » Prévu pour fonctionner avec 366 magistrats, le Tribunal judiciaire de la capitale n’en compte que 338. Le déficit peut ne pas sembler énorme dit comme ça, mais même en tournant à plein régime, la charge de travail resterait impressionnante.

Corto Vaclav : Dans ce film, on a eu la possibilité d’être dans un tribunal qui gère des affaires de sorcellerie. C’était l’endroit idéal pour faire une photographie de la société, dont ses croyances qui s’inscrivent dans la société moderne, dans le monde d’aujourd’hui. C’était le moyen d’attaquer un problème assez complexe : la sorcellerie, la magie, qui sont omniprésentes au Congo. Nous montrons cette omniprésence. Nous n’avons pas voulu rester attachés à une version sombre de la sorcellerie, parce que c’est pour nous aussi une source de poésie, de mysticisme et d’identité. Et on a eu la chance d’avoir des histoires difficiles, mais aussi des histoires beaucoup plus lumineuses, par exemple liées aux « sirènes ». Nous voulions montrer que la spiritualité aujourd’hui, dans le monde contemporain, peut être une source de créativité.

Marseille : L'Etat condamné à verser 1.000 euros aux éboueurs grévistes et FO

  Marseille : L'Etat condamné à verser 1.000 euros aux éboueurs grévistes et FO Le syndicat Force ouvrière estime avoir gagné la bataille judiciaire contre l’Etat, qui avait réclamé la réquisition des agents, et demande l’ouverture des négociations © Mathide Ceilles / 20 Minutes Illustration de la grève des poubelles à Marseille CONFLIT SOCIAL - Le syndicat Force ouvrière estime avoir gagné la bataille judiciaire contre l’Etat, qui avait réclamé la réquisition des agents, et demand Une semaine après le début de la grève des éboueurs à Marseille, la bataille devient judiciaire.

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Qu’est-ce que c’est un tribunal de l’invisible et une juridiction coutumière dans ce quartier populaire de Makélékélé à Brazzaville ?

Une juridiction coutumière, c’est une juridiction qui est en complément des tribunaux d’instance. Il faut savoir, au Congo, tout est calé sur le code légal français et la Constitution de la Ve République. Mais cela crée un conflit avec les règles traditionnelles, si ce n’est que sur l’héritage. La tradition au Congo est matrilinéaire et la loi congolaise moderne est patrilinéaire. Donc, cela crée énormément de conflits. Et les juridictions traditionnelles sont là pour rendre la justice au regard de la tradition, lorsque les gens savent que la justice des « Blancs » - comme ils l’appellent – ne leur rendra pas justice.

Quels conflits sont jugés devant ce tribunal de l’invisible ?

Décès de Monique Blin, légendaire cofondatrice des Francophonies à Limoges

  Décès de Monique Blin, légendaire cofondatrice des Francophonies à Limoges Le théâtre francophone et notamment africain lui doit beaucoup. Pendant seize ans, Monique Blin a été directrice artistique du grand Festival des théâtres francophones à Limoges, en France. Beaucoup d’auteurs, metteurs en scène et troupes de théâtre aujourd’hui célèbres sont « nés » grâce à elle : du Congolais Sony Labou Tansi au Libanais Wajdi Mouawad en passant par le Canadien Robert Lepage. Elle est décédée lundi 24 janvier à Paris, à l'âgeElle a porté très haut les couleurs de la francophonie.

Il y a beaucoup d’affaires d’accusation de meurtres. Par exemple, quand il y a des successions de décès dans une famille, on va se demander qui est à l’origine de tous ces malheurs. Les gens dans une famille vont s’entre-accuser. La fonction du tribunal va être de démasquer le sorcier, mais, au fond, de réconcilier les familles. C’est le plus dur, de réparer les tissus déchirés par les accusations de sorcellerie. Une autre affaire montrée dans notre film est une sorte de détresse amoureuse d’un homme qui était marié avec un esprit, un esprit d’une sirène. Un jour il s’est fait voler, kidnapper, sa femme-sirène. Donc, il vient porter plainte au tribunal, pour qu’on puisse la lui rendre. Il y a tout ce large panel d’affaires.

Que se passe-t-il quand quelqu’un refuse de se soumettre au tribunal et n’accepte pas le jugement ?

Ouganda: les parlementaires refusent des crédits à l'armée pour la mission en RDC

  Ouganda: les parlementaires refusent des crédits à l'armée pour la mission en RDC Mardi, la Commission parlementaire chargée du Budget a bloqué une demande de financement militaire. Cet argent était destiné à l’opération militaire de l’armée ougandaise dans l’est du Congo baptisée Shujaa. Les soldats sont officiellement entrés en RDC le 3 décembre afin d’attaquer le groupe rebelle ougandais ADF. Mais le ministère de la Défense n’a pas consulté les parlementaires au préalable, entraînant la colère des élus qui lui infligent un camouflet. Les Parlementaires n’ont pas du tout apprécié d’être mis devant le fait accompli lorsque les soldats ougandais sont entrés au Congo.

Les juges ont un seul outil légal réel, à part d’imposer des amendes. Ils ont le droit d’émettre un mandat d’amener auprès de la police. Si quelqu’un ne vient pas aux convocations ou si quelqu’un ne veut pas appliquer ce qui a été dans les réquisitions et les jugements, alors ils ont le droit d’envoyer la police. Et la police doit faire appliquer leur jugement. Ils ne peuvent pas emprisonner ou appliquer la peine de mort directement, etc.

Au Rwanda, une entreprise transforme le gaz du "lac tueur" en électricité

  Au Rwanda, une entreprise transforme le gaz du Au Rwanda, l'entreprise KivuWatt opère une centrale qui fabrique de l'électricité à partir des immenses quantités de gaz piégées dans les profondeurs du lac Kivu. Des gaz qui font de lui une menace mortelle pour ses riverains. Quand en mai dernier le volcan Nyiragongo a craché une énorme coulée de lave et secoué de sa colère toute la région du lac Kivu, les ingénieurs de KivuWatt ont dû, malgré "la peur", garder leur sang-froid.

Avec quel genre de juges avons-nous affaire dans votre film : des magistrats, des sorciers, des médecins ésotériques ?

Argentine. Des milliers de personnes dans la rue pour réclamer une réforme de la justice

  Argentine. Des milliers de personnes dans la rue pour réclamer une réforme de la justice Des milliers d’Argentins ont défilé dans les rues de Buenos Aires pour soutenir le gouvernement de centre gauche et réclamer une réforme de la justice qu’ils estiment instrumentalisée par la droite. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Buenos Aires (Argentine) pour une réforme de la justice, en soutien au gouvernement de centre gauche qui, avec l’opposition, s’accusent mutuellement de politiser l’institution judiciaire.

Pour moi, ce sont des sages, des personnes qui maitrisent la tradition. Ils sont un peu comme le roi Salomon. Ils savent rendre des jugements dans des situations impossibles. Ils savent couper la poire en deux. Ils ont cette sensibilité humaine et cette sagesse de pouvoir trouver vraiment l’épine qui crée tous ces problèmes autour, et de résoudre et de réconcilier les familles. Ils sont tout à la fois : des médecins ésotériques, des sages, des juges, des avocats… Et ils sont vraiment en mission pour aider le peuple à trouver des solutions aux problèmes.

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En revanche, les méthodes employées semblent également être très « sorcières ». En même temps, ils réussissent d’avoir des résultats étonnants, voire troublants : des ennemis jurés qui se réconcilient, se donnent la main, s’embrassent, trinquent ensemble. Avez-vous eu le sentiment que cette jurisprudence coutumière fonctionne ?

Je crois que cela marche vraiment. Leur mission est essentielle. Ils permettent aux gens de ne pas se rendre justice eux-mêmes. Pour beaucoup d’affaires de familles, d’affaires traditionnelles ou mystiques, à l’époque, on brûlait arbitrairement les sorciers ou celui qu’on accusait d’être sorcier. Maintenant, ce n’est plus possible, grâce à ce tribunal. Ce sont eux qui prennent en charge la « mise à mort » symbolique du sorcier, grâce à un instrument magique. Le rituel du « mortier » est l’épreuve finale, l’ordalie finale, qui permet de réintégrer le sorcier, puisqu’il ne peut plus nuire. En fait, ils neutralisent les sorciers au lieu de les tuer. Ce qui permet aux gens de continuer à vivre ensemble.

À la fin, les juges vont sacrifier devant vous un chèvre pour assurer la réussite de ce « film réalisé par les Blancs ». Qu’est-ce que cela change pour votre film et votre regard sur cette pratique ancestrale ?

Quand on arrive au Congo et qu’on veut travailler sur une dimension de l’invisible, c’est-à-dire mystique, etc., on demande l’autorisation aux hommes. Mais il faut surtout demander l’autorisation aux esprits à travers les hommes. Ce rituel qu’on voit à la fin du film, ce sacrifice d’un cabri, ce n’est pas nous qui l’avons demandé, ce sont les juges qui l’ont imposé pour qu’on se présente aux esprits des anciens juges. C’est-à-dire les ancêtres qui étaient les juges dans ce tribunal. Maintenant ils sont désincarnés, mais ils continuent à gouverner depuis l’autre monde, car au Congo, les morts ne sont pas morts. Pour cela, il faut toujours demander l’autorisation aux morts pour n’importe quel projet.

Au Congo-Brazzaville, les Congolais eux-mêmes ont-ils réalisé des films sur ces pratiques et leur juridiction coutumière ? Ou est-ce votre regard extérieur qui les met face à leurs pratiques ?

Les Congolais font assez peu de films sur la sorcellerie, parce que, pour eux, ce n’est pas quelque chose où on va par curiosité. Ils vont consulter un magicien quand ils ont vraiment un problème. Ils n’y vont pas comme ça pour lui poser des questions. C’est la raison pour laquelle il y a assez peu de films. Il y en a un film, qui a été fait il y a très longtemps sur le tribunal. En revanche, il suivait seulement une affaire qui n’était pas vraiment liée à l’invisible, le sujet n’a pas été abordé. Même du côté Kinshasa, dans le documentaire, il y a assez peu de films sur la magie et la spiritualité, parce que c’est quelque chose qui fait peur, même aux Congolais. Nous aussi, cela nous fait peur, mais comme nous sommes un peu plus un pas de côté, nous sommes moins impliqués dans ces angoisses d’être attaqué nous-mêmes.

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Argentine. Des milliers de personnes dans la rue pour réclamer une réforme de la justice .
Des milliers d’Argentins ont défilé dans les rues de Buenos Aires pour soutenir le gouvernement de centre gauche et réclamer une réforme de la justice qu’ils estiment instrumentalisée par la droite. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Buenos Aires (Argentine) pour une réforme de la justice, en soutien au gouvernement de centre gauche qui, avec l’opposition, s’accusent mutuellement de politiser l’institution judiciaire.

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