Monde: Liban : un homme prend en otage les clients d'une banque... et devient une figure de la lutte contre la crise

"Il y a encore beaucoup de travail" : deux ans après l'explosion du port de Beyrouth, la lente reconstruction de la ville

  Deux ans après l'explosion du port de Beyrouth, la reconstruction est lente et le pays s'enfonce dans dans une crise politique et sociale sans précédent. © Fournis par franceinfo Il y a deux ans, le 4 août 2020, une explosion secouait le port de Beyrouth, au Liban faisant 218 morts, plus de 6 500 blessés, et des milliers de bâtiments détruits. "La première priorité reste la formation d'un gouvernement" , déclarait Emmanuel Macron il y a pile un an, devant la population libanaise, sans gouvernement depuis près de douze mois.

Retournement de situation en pleine prise d'otages au Liban. Jeudi, un homme armé a pris en otage pendant de longues heures clients et personnel d'une succursale de la Federal Bank de la capitale libanaise, menaçant de s'immoler par le feu si on ne lui donnait pas accès à la totalité de l'argent sur son compte en banque. Outre la frayeur des sept otages, c'est le désespoir de l'homme de 42 ans qui a frappé les Beyrouthins : devant la banque, des dizaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir Bassam el-Cheikh Hussein dans sa lutte contre la restriction qui fait enrager les Libanais depuis trois ans.

Santander et Natwest écrivent à des millions de clients sur les craintes du coût de la vie cet hiver

 Santander et Natwest écrivent à des millions de clients sur les craintes du coût de la vie cet hiver Santander a contacté plus d'un million de clients qui pourraient risquer de prendre du retard avec les factures comme morsures de compression du coût de la vie. La décision très inhabituelle de la High Street Bank est en réponse à une aggravation des perspectives économiques et à une crise qui a laissé de nombreux ménages qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Des mesures « aussi drastiques qu'illégales », rappelle L'Orient-Le Jour, conséquences directes de l'effondrement de l'économie libanaise et de la gestion de la crise par les gouvernements successifs, dans un pays frappé par la corruption et toujours marqué un an après l'explosion du port de Beyrouth. « Nous sommes tous des déposants ! », ont-ils scandé, à l'appel de l'association Cri des déposants, qui milite contre la fin de cette règlementation prévue pour éviter des retraits massifs et l'effondrement des banques.

Atef, le frère du preneur d'otages, a expliqué sa situation à la presse réunie devant la banque : « Mon frère dispose de 210 000 dollars et veut retirer toute cette somme. Il n’est pas entré armé dans la banque, mais a saisi une arme qui se trouvait sur place. Il porte toutefois de l’essence et est prêt à s’immoler par le feu ou à mettre le feu à la banque si ses revendications ne sont pas satisfaites », a-t-il raconté, précisant qu'il avait lui-même dû s'endetter pour payer les frais médicaux de l'hospitalisation de leur père malade, précise Ici Beyrouth. Le système de santé libanais a été particulièrement frappé par la crise, provoquant pénurie de nombreux médicaments et explosion des prix.

Liban. Une trentaine de détenus s’évadent d’une prison à Beyrouth

  Liban. Une trentaine de détenus s’évadent d’une prison à Beyrouth Plus de trente détenus se sont évadés d’une prison à Beyrouth, au Liban, dimanche 7 août 2022. La sécurité intérieure et les sources judiciaires ont indiqué qu’ils s’étaient échappés par une fenêtre, à l’aide d’un outil entré clandestinement dans leur prison. Ils sont recherchés par les forces de sécurité. Plus de 30 détenus se sont évadés tôt dimanche 7 août 2022 à Beyrouth, la capitale du Liban, en s’échappant par une fenêtre après avoir fait entrer clandestinement un outil dans leur prison, ont rapporté des sources sécuritaires et judiciaires.

Rami Ollaik Rami Ollaik, l'avocat de Bassem al-Cheikh Hussein, répond aux questions d'une journaliste à Beyrouth, le 12 août 2022. Elisa Gestri/SPUS/ABACA © Fournis par Vanity Fair Rami Ollaik Rami Ollaik, l'avocat de Bassem al-Cheikh Hussein, répond aux questions d'une journaliste à Beyrouth, le 12 août 2022. Elisa Gestri/SPUS/ABACA

« C'est de la légitime défense »

Actuellement, les Libanais ne peuvent retirer que 400 dollars par mois de leurs comptes. Sandy Chamoun, une artiste de 35 ans interrogée par le Washington Post, s'est rendue devant la banque jeudi : « Nous avons tous été volés de tous les côtés, par les banques et le gouvernement. Je pense que nous devrions tous être là pour le soutenir, pour qu'il n'abandonne pas, qu'il ne se sente pas seul ou assiégé. » « C'est de la légitime défense », a estimé la jeune femme, dont les deux parents étaient employés de banque. Sa mère retraitée -son père est décédé- est elle aussi paralysée par les restrictions. « Quoi de plus insultant pour quelqu'un qui, comme elle, a travaillé toute sa vie pour une banque ? »

Guerre en Ukraine : Mais où va le navire Razoni, rempli de céréales ?

  Guerre en Ukraine : Mais où va le navire Razoni, rempli de céréales ? Le bateau, qui transporte la première cargaison de céréales ukrainiennes depuis l'accord, est bloqué au large des côtes turques © CHINE NOUVELLE/SIPA Le navire Razoni, transportant la première cargaison de céréales ukrainiennes, est blo en attente d'un acheteur.

Après plusieurs heures de négociation avec les autorités, Bassam el-Cheikh Hussein a obtenu que 35 000 dollars, sur les 210 000 qui se trouvent sur son compte en banque, soient remis à son frère en échange de sa reddition. C'est sous les applaudissements que l'homme s'est rendu, aux environs de 18 heures, avant d'être embarqué à bord d'un van blanc. « Nous sommes les victimes, pas les criminels », a assuré Dina Abou Zour, avocate de l'Union des déposants. Selon la chaîne LBCI, un mandat d'arrêt a été émis à l'encontre de Bassam el-Cheikh Hussein.


Vidéo: Prise d'otage au Liban : dans un pays en ruine un épargnant réclame son argent (Dailymotion)

Liban: le désormais célèbre braqueur de Beyrouth a été libéré et ne devrait pas être poursuivi .
Il avait pris en otage le personnel et les clients d'une banque de Beyrouth, excédé de ne pouvoir accéder à ses économies gelées, et s'était transformé en héros aux yeux d'autres Libanais se trouvant dans la même situation que lui. Finalement, Bassam al-Sheikh Hussein ne sera pas poursuivi. Un juge a même ordonné sa libération. Est-ce un épilogue heureux ? La Federal Bank a abandonné les charges retenues contre Bassam al-Sheikh Hussein, unEst-ce un épilogue heureux ? La Federal Bank a abandonné les charges retenues contre Bassam al-Sheikh Hussein, un épargnant libanais excédé qui s'était rendu coupable d'un braquage, dans l'espoir d'obtenir justice pour son cas.

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