Monde: Pourquoi plus de 50 pays ont-ils refusé de signer une résolution de l'ONU condamnant le nazisme ?

Guerre en Ukraine. L’ONU rejette une demande russe, drones iraniens… Le point sur la nuit

  Guerre en Ukraine. L’ONU rejette une demande russe, drones iraniens… Le point sur la nuit Le Conseil de sécurité a rejeté une demande d’enquête de la Russie sur l’utilisation d’armes biologiques de la part des forces ukrainiennes. L’Iran est pour sa part accusé de se rapprocher la Russie, à laquelle elle livrerait des drones. Retour sur les événements qui ont marqué la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 novembre.Le Conseil de sécurité a rejeté mercredi 2 novembre 2022 une résolution rédigée par la Russie réclamant une enquête sur ses accusations concernant l’implication de Washington dans le développement présumé d’armes biologiques en Ukraine.

Plus de cinquante pays, dont la France, se sont prononcés contre une résolution condamnant la "glorification du nazisme", présentée par la Russie à l'Assemblée générale de l'ONU. Pour de nombreux pays, ce texte est utilisé par Moscou pour justifier sa guerre contre l'Ukraine.

La Russie a soumis, vendredi 4 novembre 2022, un projet de résolution devant l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) à l'occasion de la 77e session de la commission des affaires sociales, humanitaires et culturelles. Son objet ? La "lutte contre la glorification du nazisme, du néo-nazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée."

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  En mer Noire, les drones navals bousculent les intérêts stratégiques de la Russie L’attaque de drones navals, fin octobre, contre la flotte russe en mer Noire, dans le port annexé de Sébastopol en Crimée, a conduit au retrait de Moscou de l’accord sur l'exportation de céréales et à sa réintégration quelques jours plus tard. Une volte-face humiliante infligée par une nouvelle technologie dite low-tech. Un coup de bluff de la part des Russes. Et des Ukrainiens qui rivalisent d’audace pour saper la position diplomatique de leur ennemi sur la scène mondiale. La Russie a essuyé, samedi 29 octobre, une attaque sur sa flotte dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée, qu'elle a imputée à l'Ukraine et à au Royaume-Uni.

Cette résolution a été adoptée par 105 pays. Quinze se sont abstenus et 52 ont voté contre. Parmi ces derniers, la France et l'ensemble des pays de l'Union européenne. L'année dernière, seuls deux pays avaient voté contre ce texte : les États-Unis, qui s'y opposent systématiquement, et l'Ukraine.

Car la Russie, depuis 2005, soumet inlassablement à l'Assemblée générale des résolutions condamnant le "caractère inacceptable de certaines pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée". À partir de 2012, les termes de "glorification du nazisme" y ont fait leur apparition.

Comme beaucoup de pays occidentaux avant cette année – et la guerre en Ukraine, la France s'est toujours abstenue de voter ces textes. Contrairement aux résolutions du Conseil de sécurité, les résolutions de l’Assemblée générale sont à portées purement déclaratives et sont, donc, non contraignantes. Elles possèdent néanmoins une portée symbolique, souligne CheckNews, et peuvent servir d’argument aux États dans leurs politiques internationales.

Dans le Caucase et l'Asie centrale, la Russie en perte d'influence

La résolution russe contre le nazisme, "le comble de l'hypocrisie" pour l'Ukraine

C'est justement au nom de "la lutte contre l'antisémitisme et le racisme", que la France "ne saurait soutenir un texte qui manipule grossièrement cette notion à des fins de justification d’une agression armée et des crimes qui l’accompagnent, dont certains pourraient être constitutifs de crimes contre l’humanité, comme l’a relevé la Cour pénale internationale", s'est défendu le ministère des Affaires étrangères à CheckNews, estimant que la résolution "adopte une approche sélective et révisionniste du combat contre le racisme et l’antisémitisme".

Pourquoi la France et 51 autres pays ont voté contre la résolution de l’ONU condamnant le nazisme

  Pourquoi la France et 51 autres pays ont voté contre la résolution de l’ONU condamnant le nazisme Depuis 2012, la Russie soumet à chaque session un texte dénonçant la « glorification du nazisme ». Cette année, alors que Moscou a justifié son invasion de l’Ukraine par sa volonté de « dénazifier » ce pays, de nombreux Etats ont décidé de voter contre. Comme chaque année depuis 2012, la Fédération de Russie a soumis, vendredi 4 novembre, un projet de résolution devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) contre la glorification du nazisme, exhortant à la vigilance face aux formes modernes de la xénophobie et de la réhabilitation du IIIe Reich.

L'espace, l'autre front de la guerre en Ukraine

Dans une déclaration expliquant son vote contre la résolution, l'Union européenne condamne "fermement l’abus de l’argument de la lutte contre le nazisme" et rappelle qu'elle "plaide depuis des années pour que la lutte contre l’extrémisme et la condamnation de l’idéologie méprisable du nazisme ne soient pas détournées et cooptées à des fins politiques qui cherchent à excuser de nouvelles violations et violations des droits de l’homme".

L'Ukraine a, elle, vu dans ce texte "le comble de l'hypocrisie", estimant que le projet de résolution "n’a rien à voir avec l’intitulé de la résolution, mais est, au contraire, un prétexte utilisé par la Russie pour justifier sa guerre brutale contre son pays et les crimes abjects commis contre l’humanité", note un communiqué de presse publié sur le site de l'ONU. C'est à partir de 2014, année de l'annexion de la Crimée et du début de la guerre du Donbass, que Kiev a commencé à voter systématiquement contre cette résolution. Une position utilisée par le Kremlin pour présenter le gouvernement ukrainien comme "pro-nazi" et justifier son "offensive spéciale" en brandissant sa "dénazification" du pays.

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Préalablement au vote de la résolution, l'Australie, soutenue par le Japon, le Liberia et la Macédoine du Nord, a réussi à faire adopter un amendement (63 voix pour, 23 voix contre et 65 abstentions) selon lequel l'Assemblée générale des Nations unies "constate avec inquiétude que la Fédération de Russie a cherché à justifier son agression territoriale contre l'Ukraine en invoquant l'élimination du néo-nazisme, et souligne qu'invoquer le néo-nazisme comme prétexte pour justifier une agression territoriale compromet sérieusement les mesures prises pour combattre réellement ce fléau". La Russie a regretté une approche non constructive, tandis que les délégations syrienne, chinoise, burundaise et égyptienne, co-autrices de la résolution, ont accusé l'amendement de la "politiser".

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CARTE. En 2050, dans quels pays la population aura-t-elle le plus augmenté ? .
La population mondiale atteint 8 milliards d'habitants mardi 15 novembre. Une croissance "sans précédent" selon l'ONU, qui va continuer ces prochaines décennies. © Fournis par franceinfo La Terre compte huit milliards d'habitants depuis mardi 15 novembre, selon l'estimation officielle des Nations unies. L'ONU voit dans "cette croissance sans précédent" le résultat "d'une augmentation progressive de la durée de la vie grâce aux progrès réalisés en termes de santé publique, de nutrition, d'hygiène personnelle et de médecine".

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