Monde: L'Algérie veut intégrer les Brics: un projet à prendre au sérieux?

(Multimédia) LEAD Xi Jinping rencontre le président sud-africain Ramaphosa

  (Multimédia) LEAD Xi Jinping rencontre le président sud-africain Ramaphosa Le président chinois Xi Jinping rencontre le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à Bali, en Indonésie, le 15 novembre 2022. (Xinhua/Shen Hong) Le président chinois Xi Jinping a rencontré mardi après-midi à Bali, en Indonésie, le président sud-africain Cyril Ramaphosa. BALI (Indonésie), 15 novembre (Xinhua) -- Le président chinois Xi Jinping a rencontré mardi après-midi à Bali, en Indonésie, le président sud-africain Cyril Ramaphosa. NotantLe président chinois Xi Jinping a rencontré mardi après-midi à Bali, en Indonésie, le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Le 7 novembre dernier, un porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé que le pays demandait de manière officielle à rejoindre l'organisation supranationale des pays émergents dite «Brics», qui regroupe jusqu'ici cinq pays: le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. Beaucoup d'Algériens réagissent à cette déclaration de manière très sarcastique.

«On touche à l'absurde. Le pays ne produit pas une aiguille [autrement dit, l'Algérie ne produirait rien, ndlr] sans le pétrole... Ce serait un retour au Moyen Âge, avec charrettes et animaux de la basse-cour», ironise par exemple sur le coup un internaute. Sur la même lancée, de nombreux commentateurs tentent d'en faire un sujet de tartufferie, en imaginant le nouveau nom que devrait porter l'organisation après l'entrée de l'Algérie: «Bricas ou Bricsa?»

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Les Brics, plus utiles que la Ligue arabe?

Cela dit, cette ambition de jouer dans la cour des grands a aussi ses fervents défenseurs, et pas forcément que dans les cercles du pouvoir. Soufiane Djilali, chef du parti d'opposition Nouvelle génération (Jil Jadid), l'exprime sans complexe dans un post sur sa page Facebook: «Excellente initiative, l'Algérie dans les Brics lui donnera un nouvel élan.»

Interrogé par Slate.fr, il explique que «l'Algérie doit s'intégrer à un programme de développement multilatéral qui lui donnerait un rôle interactif avec des partenaires importants. Il pourrait y avoir des investissements rentables avec une configuration marchande anticipée.» Pour le politique, Alger pourrait, avec les Brics, rompre son isolement qui l'a, selon lui, transformé en simple consommateur «tant qu'il y a des hydrocarbures».

L’Algérie approuve le doublement de son budget militaire

  L’Algérie approuve le doublement de son budget militaire En 2023, plus de 22 milliards de dollars devraient être alloués aux questions de défense, selon le projet de loi de finance adopté par l'Assemblée nationale algérienne mardi 22 novembre. Cette hausse du budget militaire, annoncée pour la première fois en octobre, s'explique notamment par la nécessité de renouveler les équipements militaires, relève Akram Kharief, journaliste algérien spécialiste des questions de défense. « Ces équipements ont besoin de mises à jour et améliorations, surtout ceux qui ont été achetés lors du gros accord de 2007, avec la Russie. Il s’agit de la flotte d’avions de chasse, de sous-marins, d’équipements anti-aériens.

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Des arguments que partage Nadir, correcteur dans un quotidien francophone paraissant à Alger. «Seule notre adhésion aux Brics est en mesure de nous prémunir des influences occidentales qui freinent l'essor de l'Algérie et des pays du Sud», estime-t-il.

Vue sous un autre angle, la nouvelle tombe à point pour ceux, nombreux au sein de l'opinion, qui désirent que l'Algérie quitte la Ligue arabe, surtout depuis le dernier sommet organisé à Alger le 1er novembre dernier, marqué par le boycott d'une demi-douzaine de chefs d'État et de monarques arabes. Et ce bien qu'en réalité, l'adhésion de l'Algérie aux Brics ne l'empêche guère de continuer à siéger au sein de cette organisation panarabe.

«Voilà une idée d'association très intéressante, sérieuse et qui a de l'influence, contrairement à la Ligue arabe qui ne sert absolument à rien ou, pire, à attiser des différents déjà dramatiques et compliqués», écrit ainsi Abdelhakim Khoulali, chef de bloc opératoire au CHU d'Alger.

Algérie ont des résultats à mort au sujet des tirs de forêt Lynching: Media

 Algérie ont des résultats à mort au sujet des tirs de forêt Lynching: Media Les condamnations de Un tribunal algérien a condamné jeudi 49 personnes à mort au sujet du lynchage d'un homme à tort accusé de commencer des incendies de forêt mortels lors d'une vague de chaleur prolongée l'année dernière, ont rapporté les médias d'État.

Un rêve de grandeur

Ce sentiment de (pouvoir) appartenir à une organisation regroupant un certain nombre de grandes nations, abstraction faite des différences culturelles ou de leur politique extérieure respective –parfois belliciste, comme dans le cas de la Russie–, constitue pour nombre d'Algériens une source de fierté. Mais encore faut-il savoir l'exprimer, car cela risque de conforter le discours officiel qui, depuis quelques mois, aime présenter l'Algérie comme une «force de frappe».

Cette expression a été utilisée la première fois en septembre 2021 par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui affirmait alors que «le monde entier reconnaît que l'Algérie est une force de frappe, sauf certains Algériens», avant d'être défendue par l'Armée nationale populaire pour répondre à l'«hostilité» marocaine. Elle a ensuite été largement reprise pour vanter le poids, réel ou rêvé, du pays sur l'échiquier géopolitique régional. Mais de nombreux opposants s'en sont également emparés pour railler le pouvoir au moindre couac ou scandale.

Algérie: 49 condamnations à mort suite à un lynchage lors des incendies de Kabylie en 2021

  Algérie: 49 condamnations à mort suite à un lynchage lors des incendies de Kabylie en 2021 En août 2021, un homme, soupçonné à tort d'être un pyromane, avait été lynché par une foule en Kabylie. La région était alors ravagée par des feux qui avaient fait des dizaines de morts en moins d'une semaine. Une centaine de personnes, interpellées dans plusieurs régions du pays, étaient poursuivies. La justice a rendu son verdict jeudi 24 novembre. Des extraits de vidéos sont projetés dans la salle, pendant le procès. Des images du lynchage de Djamel Bensmail... diffusées par les accusés sur les réseaux sociaux, au moment des faits.En août 2021, cet homme de 38 ans se porte volontaire pour aider à éteindre les feux de forêt qui ravagent la Kabylie.

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C'est dans ce contexte qu'Abdelmadjid Tebboune a émis, dès le mois de juillet, le vœu que son pays intègre les Brics, arguant que cela «protégera l'Algérie des frictions entre les deux pôles». À l'époque, personne n'y avait cru et nul n'en parlait, y compris dans les médias pro-gouvernementaux.

D'autres pays en attente

En effet, le débat ne fait que commencer, mais intéresse surtout, pour l'instant, les experts. Loin des positions tranchées et des réactions épidermiques, des questions reviennent régulièrement. Parmi elles: l'Algérie a-t-elle vraiment les moyens de sa politique, avec une économie qui dépend de façon toujours aussi outrageuse (à 97%) de ses exportations du gaz et du pétrole, une sécurité alimentaire toujours aussi fragile, comme en témoignent les pénuries récurrentes de certains produits de large consommation tels que l'huile, le lait ou la semoule, pour oser se mettre au même niveau que des puissances comme la Chine ou la Russie?

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Autres interrogations: une éventuelle adhésion aux Brics pourrait-elle enfin permettre à l'économie algérienne le décollage promis depuis des décennies? Pourrait-elle réellement lui assurer une plus grande invulnérabilité internationale? Si oui, quelles sont les garanties? Quelles incidences sur les futures relations, notamment avec la France, partenaire devenu incontournable de l'Algérie? Autant de questions qui restent sans réponse.

Soudan: l'armée veut prendre exemple sur l'Algérie pour gérer la transition

  Soudan: l'armée veut prendre exemple sur l'Algérie pour gérer la transition Le chef d'état-major de l'armée soudanaise, Mohamed Othman al-Hussein, s'est rendu à Alger à la tête d’une haute délégation militaire, le 22 novembre. Il y a rencontré son homologue Saïd Chengriha et les discussions ont porté surtout sur des questions sécuritaires. L'expérience politique récente en Algérie et au Soudan possède quelques points communs : c'est l'armée qui a destitué les deux présidents dans les deux pays après les larges vagues de contestation populaire. Au Soudan, Omar El-Béchir a été obligé de quitter le pouvoir neuf jours après Abdelaziz Bouteflika.

Le débat a commencé à prendre une tournure plus sérieuse depuis que les deux principaux membres des Brics, la Chine et la Russie, ont réagi favorablement à la demande algérienne. Mais il faut savoir que d'autres pays du tiers-monde, notamment du continent africain, autrement plus costauds que l'Algérie, comme l'Égypte (105 millions d'habitants) et le Nigeria (211 millions), ont déposé des demandes d'adhésion aux Brics et sont, eux aussi, dans l'attente du quitus de ce groupe.

Les plus sceptiques estiment que le poids démographique relativement faible de l'Algérie (45 millions d'habitants) risque de lui être défavorable dans la décision finale. Sur ce point, il faut espérer un rebond miraculeux à la publication, attendue dans les semaines prochaines, des résultats du recensement général achevé le 9 octobre.

Le raï, la baguette, la harissa… L’Unesco désigne ses lauréats du patrimoine immatériel .
La baguette française, le raï algérien, la slivovitz serbe, la harissa tunisienne… Depuis lundi 28 novembre l’Unesco examine à Rabat les candidatures d’inscription aux listes du patrimoine immatériel de l’humanité et publie au fur et à mesure les résultats. Le comité est réuni jusqu’à samedi. Depuis quatre jours, le Comité du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, présidé par le Maroc, examine 56 demandes d’inscription. Un retour en présentiel après deux sessions annuelles successives (2020 et 2021) tenues en ligne en raison de la pandémie de Covid-19.

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