Monde: Mali: soldats maliens, russes et chasseurs dozos accusés de vols massifs de bétail

Mali: après les retraits britanniques et ivoiriens, quel avenir pour la force de la Minusma?

  Mali: après les retraits britanniques et ivoiriens, quel avenir pour la force de la Minusma? Au Mali, après le Royaume-Uni, c'est la Côte d'Ivoire qui va retirer progressivement ses soldats de la Minusma. Les deux pays cesseront de contribuer à la force onusienne de maintien de la paix, et ils cesseront de le faire plus tôt que prévu. Ces deux retraits en annoncent-ils d'autres ? Que disent-ils de l'avenir de la Minusma et de ses plus de 13 000 Casques bleus au Mali ? Les retraits du Royaume-Uni et de la Côte d'Ivoire ne sont qu'uneLes retraits du Royaume-Uni et de la Côte d'Ivoire ne sont qu'une demi-surprise. Ils surviennent plus tôt que prévu et constituent clairement une rupture avec les autorités de Bamako, mais après une série de précédents récents.

(Illustration) Des accusations de vol de bétail par l'armée, ses supplétifs russes et les chasseurs dozos émergent au Mali. © David Baché/RFI (Illustration) Des accusations de vol de bétail par l'armée, ses supplétifs russes et les chasseurs dozos émergent au Mali.

Au Mali, les opérations antiterroristes de l'armée se poursuivent, tout comme les allégations d'exactions. Ces dernières semaines, un nouveau mode opératoire émerge dans les régions de Mopti et de Bandiagara notamment : le vol massif de bétail. Les soldats maliens, les chasseurs traditionnels dozos qui les accompagnent ainsi que les supplétifs russes de l'armée malienne, sont mis en cause.

Dans les communes de Fakala, Sio, Pignari, Doucombo, Fatoma ou encore Sofara, depuis plusieurs semaines, de nombreuses sources locales alertent sur des vols massifs de bétail par l'armée malienne et ses supplétifs : chasseurs traditionnels dozos et combattants russes. Ces derniers sont de simples formateurs selon Bamako et des mercenaires du groupe Wagner, selon un grand nombre de pays européens, africains ou américains.

Mort de Morgan Keane: deux chasseurs jugés à Cahors

  Mort de Morgan Keane: deux chasseurs jugés à Cahors Morgan Keane, 25 ans, a été tué alors qu'il coupait du bois chez lui, dans un village du Lot: le procès du chasseur qui a tiré et du directeur de la battue a débuté jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Cahors. Jugés pour "homicide involontaire", l'auteur du tir mortel et le directeur de battue, un chasseur expérimenté de 51 ans, encourent jusqu'à trois ans d'emprisonnement, 75.000 euros d'amende, l'interdiction de détenir une arme pendant cinq ans ou le retrait définitif de leur permis de chasse.Pour Audrey Tindilière, il faudrait notamment une meilleure formation des chasseurs et "des peines plus dissuasives".

Les chiffres sont difficiles à recouper avec précision, mais, selon ces sources, le cumul des vols représente en tout cas plusieurs milliers de vaches, et pas moins de moutons et de chèvres.

Le vol de bétail n'est pas nouveau : à chaque fois que des opérations antiterroristes de l'armée malienne sont entachées d'accusations d'exactions, comme des exécutions collectives, ces allégations incluent presque systématiquement des destructions et des vols de bijoux, meubles, céréales ou animaux.

Mais il apparaît aujourd'hui que certaines opérations n'ont en fait pour principal objectif que de dépouiller certains villages de leur bétail. Une ressource vitale pour les populations d'éleveurs. Des représentants communautaires, associatifs et des chercheurs, tous maliens, s'interrogent : s'agit-il d'affamer des populations soupçonnées de collusion avec les jihadistes ? Ou tout simplement de se payer, littéralement, sur la bête en revendant les animaux, vivants ou en boucherie, comme l'indiquent certains témoignages ?

Fin octobre, les jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, affirmaient dans un communiqué avoir récupéré du bétail volé par les Fama et leurs supplétifs russes à Bogolo, près de Bandiagara. L'armée malienne, qui n'a pas donné suite aux sollicitations de RFI, indique quant à elle dans un communiqué avoir récupéré 600 têtes de bétail le 10 novembre dernier « des mains des terroristes » à Somadougou, dans la région de Mopti. Elle précise les avoir restituées aux habitants.

Guerre en Ukraine : Poutine confronté à des mères de soldats russes .
Le président russe affirme partager la « douleur » des mères de soldats endeuillées. « Nous savons que rien ne peut remplacer la perte d'un fils. »Il a pour autant appelé à ne pas croire les « mensonges » diffusés à la télévision et sur Internet sur l'offensive russe en Ukraine, alors que les revers militaires, et donc les pertes, se sont multipliés pour Moscou ces derniers mois. Il s'agissait de la première rencontre entre Vladimir Poutine et des mères de militaires envoyés en Ukraine. Des voix critiques ont toutefois dénoncé une réunion soigneusement chorégraphiée, sans discussion sur le fond.

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