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Monde: Chine: comment Xi Jinping a dû faire volte-face sur le Covid

Chine. Le principal organe de sécurité appelle à la « répression » après les manifestations

  Chine. Le principal organe de sécurité appelle à la « répression » après les manifestations Mardi 29 novembre 2022, des manifestations ont été empêchées en Chine, alors que le principal organe de sécurité du pays appelle à « la répression » des « forces hostiles ». Depuis deux jours, des manifestants descendent dans la rue pour demander la fin des restrictions sanitaires extrêmement stricte, Le principal organe de sécurité chinois a appelé mardi 29 novembre à la « répression » des « forces hostiles », deux jours après des manifestations contre les restrictions sanitaires et pour plus de libertés inédites depuis 1989.Lire aussi : ENTRETIEN.

Un employé du métro retire une affiche liée au Covid-19 à l'entrée d'une station de métro à Guangzhou en Chine, le 7 décembre 2022 © - Un employé du métro retire une affiche liée au Covid-19 à l'entrée d'une station de métro à Guangzhou en Chine, le 7 décembre 2022

Il y a quelques semaines encore, le "zéro Covid" était la norme en Chine. Mais des manifestations d'une ampleur inédite et une économie asphyxiée par les restrictions sanitaires ont forcé le président Xi Jinping à faire volte-face.

Image tirée d'une vidéo d'un témoin oculaire diffusée via l'AFPTV, le 27 novembre 2022, d'une manifestation contre la politique anti-Covid à Shanghai, en Chine © - Image tirée d'une vidéo d'un témoin oculaire diffusée via l'AFPTV, le 27 novembre 2022, d'une manifestation contre la politique anti-Covid à Shanghai, en Chine

Le dirigeant en avait pourtant fait sa marque de fabrique, assurant qu'en faisant ainsi, Pékin avait privilégié "la population et les vies humaines".

Stratégie zéro-Covid: Pékin pris au piège de la contestation

  Stratégie zéro-Covid: Pékin pris au piège de la contestation Inédit depuis Tian’anmen, le mouvement de colère qui s’est propagé à travers la Chine vise la stratégie zéro-Covid de Xi Jinping. Les mesures sanitaires pourraient s’alléger. Mais aucune ouverture démocratique n’est en vue. Manifestations et veillées spontanées, actes de résistance individuels, appels à la démission de Xi Jinping... Le temps d’un week-end, samedi 26 et dimanche 27 novembre, la Chine s’est embrasée, de Shanghai à Pékin en passant par Canton et Wuhan.

Mais le ton a changé de façon spectaculaire mercredi, quand les autorités sanitaires ont annoncé un assouplissement général des restrictions anti-Covid, pour "être en phase avec les temps qui changent".

Des temps qui changent, mais aussi une population qui a perdu patience: fin novembre, le pays a été secoué par une vague de manifestations de colère contre les mesures sanitaires, certains exigeant même le départ de Xi Jinping.

Des personnes sont assises à l'extérieur d'un restaurant dans le quartier de Jing'an à Shanghai, le 7 décembre 2022 © Hector RETAMAL Des personnes sont assises à l'extérieur d'un restaurant dans le quartier de Jing'an à Shanghai, le 7 décembre 2022

Ces rassemblements "ont probablement inquiété les dirigeants et les ont conduits à la conclusion que le mécontentement augmentait dangereusement", estime Jane Duckett, directrice du Centre écossais de recherche sur la Chine à l'université de Glasgow.

Comment la Chine s’y prend-elle pour censurer 1,4 milliard d’habitants sur internet ?

  Comment la Chine s’y prend-elle pour censurer 1,4 milliard d’habitants sur internet ? Depuis quelques jours, une vague de désobéissance civile inédite bouscule le gouvernement chinois, qui s’évertue à bâillonner sa population. La censure est un instrument clé du régime communiste de Xi Jinping. Voici comment elle s’organise. Depuis le mois de novembre 2022, la Chine crépite. Des manifestations inédites – de facto interdites – ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Une partie de la population chinoise n’en peut plus des restrictions drastiques imposées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Cette vague de désobéissance est sans précédent depuis l’accession au pouvoir de Xi Jinping en 2012.

L'allègement des restrictions qui a suivi est donc la réponse "à une situation changeante qui commençait à ressembler à un défi à l'autorité de Xi et du (Parti communiste), c'est pourquoi la réponse est aussi rapide et forte", dit aussi Steve Tsang, directeur de l'Institut de Chine SOAS à l'Université de Londres.

Une combinaison de protection gît sur le sol près d'une zone résidentielle, à Pékin, le 7 décembre 2022 © Noel CELIS Une combinaison de protection gît sur le sol près d'une zone résidentielle, à Pékin, le 7 décembre 2022

Pour les autorités chinoises, hors de question de perdre la face.

Un homme en combinaison de protection conduit un scooter dans une rue du quartier de Jing'an à Shanghai, le 7 décembre 2022 © Hector RETAMAL Un homme en combinaison de protection conduit un scooter dans une rue du quartier de Jing'an à Shanghai, le 7 décembre 2022

"Le parti (communiste au pouvoir, ndlr) cherche maintenant à s'approprier ce changement de l'opinion publique, et ainsi à renforcer sa légitimité aux yeux de la population", explique à l'AFP Dan Macklin, analyste politique basé à Shanghai.

Suicides liés aux restrictions, incendie, accidents… En Chine, de nombreux morts liés au zéro Covid

  Suicides liés aux restrictions, incendie, accidents… En Chine, de nombreux morts liés au zéro Covid De l’incendie meurtrier à Urumqi qui a poussé les Chinois à protester dans la rue, aux suicides incalculables durant les nombreux confinements, les trois années de politique zéro Covid en Chine ont causé un très lourd bilan humain. À tel point que dans certaines régions, les restrictions ont causé plus de morts que le coronavirus. Le Covid tue mais en Chine, le zéro Covid tue aussi. Alors que le pouvoir a mis en place une dure stratégie de gestion de l’épidémie visant à éliminer totalement les contaminations depuis début 2020, les restrictions mises en place ont causé un terrible bilan humain.

"En résumé, il veut être vu comme étant à l'origine de la nouvelle direction, plutôt que réagissant à la vague de mécontentement".

Conséquence: malgré des chiffres de contaminations en hausse, la consigne désormais, pour les autorités, est d'afficher un discours rassurant sur le virus.

- Réveil brutal -

Un autre facteur important, dans ce revirement, est la mauvaise santé économique de la Chine.

La croissance et un certain niveau de vie pour les habitants constituaient deux piliers du "rêve chinois" vanté par Xi Jinping.

Mais alors que le pays s'achemine cette année vers sa plus faible croissance en quatre décennies, le réveil se révèle brutal.

Des agents de santé attendent de tester des passagers pour le Covid-19 à la gare de Hongqiao à Shanghai, le 6 décembre 2022 © Hector RETAMAL Des agents de santé attendent de tester des passagers pour le Covid-19 à la gare de Hongqiao à Shanghai, le 6 décembre 2022

Mercredi, de nouveaux chiffres alarmants ont été publiés, montrant un commerce extérieur au plus bas depuis début 2020.

"Les effets économiques des politiques en vigueur jusque-là sont devenus de plus en plus visibles", observe Bert Hofman, de l'Université nationale de Singapour.

China's Xi sur la visite de la «fabrication d'époches» en saoudien sous le nom de riyadh chafes à la censure américaine

 China's Xi sur la visite de la «fabrication d'époches» en saoudien sous le nom de riyadh chafes à la censure américaine par Aziz el Yaakoubi et Eduardo Baptista © Thomson Reuters Président chinois Xi Jinping arrive à Riyadh Riyadh (Reuters) -Chinese Président Xi Jinping a commencé Mercredi, une visite en Arabie saoudite qui a déclaré que Pékin a déclaré sa plus grande initiative diplomatique dans le monde arabe, alors que Riyad élargit les alliances mondiales au-delà d'un partenariat de longue date avec l'Occident.

Cette débâcle économique - plus que les manifestations - se trouve être le principal facteur qui a poussé la Chine à amorcer sa sortie du "zéro Covid", estime Allen Wu, professeur à l'école de médecine de l'université de Nankin, et ancien conseiller pour l'OMS.

"Traditionnellement, le gouvernement chinois est toujours très prudent... il a tendance à être lent dans la prise de décisions ou le changement de politique", rappelle-t-il.

Les autorités ont aussi vu avec soulagement que la hausse des cas depuis quatre mois n'a pas entraîné de pic d'hospitalisations.

"Je pense que cela a donné au gouvernement, mais aussi aux habitants, la confiance dans la capacité (de la Chine) à affronter le virus", estime M. Wu.

- "Opportun politiquement" -

Mais changer de politique du jour au lendemain n'est pas sans danger.

"Il y a certainement un risque pour le parti que la population voie cela comme une capitulation face à la pression publique, ce qui pourrait encourager la population à manifester plus à l'avenir", juge Dan Macklin.

"Cependant, je pense que le gouvernement cherche sincèrement à répondre au changement de l'opinion publique, et beaucoup vont en être reconnaissants".

Pour M. Tsang, tout dépendra si le système de santé chinois est débordé ou non par la hausse prévisible des cas.

"Si cela arrive, cela aura un impact négatif majeur sur la réputation de Xi et du parti".

Le moment choisi est "opportun politiquement", note Leong Hoe Nam, un expert en maladies infectieuses basé à Singapour, même si l'hiver n'est pas forcément la meilleure saison pour alléger les restrictions sanitaires.

"Je n'ouvrirais pas le pays maintenant. Il est clair que nous choisissons le pire moment" du point de vue sanitaire, affirme-t-il.

Les autorités "ont probablement calculé qu'ils pouvaient gérer ce changement, maîtriser le discours (autour du virus) et aussi contrôler le nombre de décès signalés", souligne Jane Duckett.

"Mais cela reste un moment risqué pour le régime".

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L'Arabie saoudite rassemble le XI de la Chine avec les dirigeants arabes dans la «nouvelle ère» des liens .
par Maha el Dahan et Aziz el Yaakoubi © Thomson Reuters Saudi Prince héritier Mohammed bin Salman avec le président chinois Xi Jinping dans Riyadh Riyadh (Reuters) -La président du chinois Xi Jinping a rencontré les dirigeants arabes du Golfe à Riyad vendredi dans le premier des deux sommets arabes "marquants" présentant le prince héritier de l'Arabie saoudite, Mohammed bin Salman en herbe en herbe du Moyen-Orient et partenaire clé pour les pouvoirs mondiaux.

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