Monde: Conflit au Karabakh: le jeu des puissances étrangères

Combats au Karabakh : l'UE appelle au « retour immédiat des négociations »

  Combats au Karabakh : l'UE appelle au « retour immédiat des négociations » Ce dimanche 27 septembre, des combats ont éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste du Nagorny-Karabakh soutenue par Erevan. Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués. L'Azerbaïdjan a annoncé avoir conquis une demi-douzaine de villages sous contrôle arménien lors de combats le long de la ligne de front, informations démenties par son ennemi arménien.

Carte localisant en Azerbaïdjan la région séparatiste du Nagorny Karabakh © Jonathan WALTER Carte localisant en Azerbaïdjan la région séparatiste du Nagorny Karabakh

Les combats meurtriers opposant l'Azerbaïdjan et les séparatistes du Nagorny Karabakh, soutenus par l'Arménie, se déroulent dans une région à la jonction de zones d'influences de puissances concurrentes.

Le point sur les acteurs internationaux et leur rôle éventuel dans la résolution de la crise.

- La Turquie -

Depuis la reprise des affrontements, Ankara a exprimé un soutien total à son allié azerbaïdjanais, laissant craindre une intervention directe de l'armée turque.

Pourquoi l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent dans le Haut-Karabakh

  Pourquoi l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent dans le Haut-Karabakh Cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan a proclamé son indépendance à la chute de l’Union soviétique, en 1991. Elle est désormais au centre d’un conflit régional. © Fournis par Le Monde Des civils dans un abri de Stepanakert, la capitale de la république du Haut-Karabagh, le 28 septembre 2020. Pour le troisième jour consécutif, des combats meurtriers ont eu lieu, lundi 28 septembre, entre les forces du Haut-Karabakh, soutenues par l’Arménie, et les troupes d’Azerbaïdjan dans la région séparatiste du Haut-Karabakh, peuplée de 150 000 habitants, majoritairement arméniens.

L'Arménie a déjà accusé la Turquie d'avoir abattu un de ses appareils avec un chasseur turc basé en Azerbaïdjan, et de soutenir Bakou avec des mercenaires syriens, des experts militaires et des pilotes de drones, ce que dément Ankara.

Vingt-huit soldats séparatistes de la région caucasienne du Nagorny Karabakh ont été tués lundi dans les combats avec l'Azerbaïdjan, a annoncé le ministère de la Défense de cette province soutenue par l'Arménie. localisation en videographie. VIDEOGRAPHIE © Stéphane Koguc Vingt-huit soldats séparatistes de la région caucasienne du Nagorny Karabakh ont été tués lundi dans les combats avec l'Azerbaïdjan, a annoncé le ministère de la Défense de cette province soutenue par l'Arménie. localisation en videographie. VIDEOGRAPHIE

Le soutien turc s'inscrit dans "le projet historique" d'union des peuples turcophones, comme les Azéris, défendu par les nationalistes turcs, rappelle à l'AFP l'expert français Jean Radvanyi.

Des Turcs tenant des drapeaux d'Azerbaïdjan manifestent en soutien à ce pays dans le conflit du Karabakh le 29 septembre 2020 à Istanbul © Ozan KOSE Des Turcs tenant des drapeaux d'Azerbaïdjan manifestent en soutien à ce pays dans le conflit du Karabakh le 29 septembre 2020 à Istanbul

"C'est aussi un moyen de montrer que la Turquie est une puissance régionale grandissante pouvant agir sur plusieurs théâtres d'opération", explique-t-il, citant les récentes implications turques en Syrie et Libye.

Karabakh: Bakou et Erevan affirment s'infliger de lourdes pertes

  Karabakh: Bakou et Erevan affirment s'infliger de lourdes pertes L'Azerbaïdjan et les séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh affirment mardi s'être infligé de lourdes pertes, au troisième jour de combats meurtriers les opposant dans cette enclave, malgré des efforts internationaux pour y mettre fin. Plusieurs dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi soir, pour tenter d'éviter unePlusieurs dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi soir, pour tenter d'éviter une guerre ouverte entre Erevan et Bakou qui risquerait de déstabi

Il s'agit d'entretenir une "mobilisation patriotique" pour rassembler l'électorat nationaliste autour du président Recep Tayyip Erdogan, pour qui l'Arménie est une menace régionale et un adversaire historique, les deux pays s'opposant toujours sur la question du génocide arménien à l'époque ottomane.

Une médiation de la Turquie sunnite semble très improbable du fait du parti pris d'Ankara.

- La Russie -

Depuis la fin de l'URSS, la Russie entretient de bonnes relations avec les ex-républiques soviétiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan, livrant même des armes aux deux pays.

Selon Gela Vasadze, un analyste géorgien, la stagnation du conflit du Karabakh, avec ses éruptions de violence ponctuelles, profite à Moscou qui peut "y maintenir son influence" en tant qu'arbitre.

Nouveaux combats au Karabakh, la Turquie accusée d'attiser le conflit

  Nouveaux combats au Karabakh, la Turquie accusée d'attiser le conflit Les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais sur le front du Nagorny Karabakh faisaient rage vendredi, et les griefs se multipliaient contre la Turquie, accusée d'avoir "franchi une ligne rouge" avec l'envoi de "jihadistes" en soutien à l'Azerbaïdjan. Dans la nuit, les combats ont continué, chaque camp affirmant infliger des pertes importantes à l'autre. A Stepanakert, capitale du Karabakh, les habitants ont dû se mettre à l'abri plusieurs foisLes combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais sur le front du Nagorny Karabakh faisaient rage vendredi, et les griefs se multipliaient contre la Turquie, accusée d'avoir "franchi une ligne rouge" avec l'envoi de "jihadistes" en soutien à l'Azerbaïdjan.

Vladimir Poutine a insisté sur un cessez-le-feu.

Mais cette position russe est "mise en péril" par le soutien grandissant d'Ankara à Bakou, en mesure de "bouleverser l'équilibre des forces", souligne M. Radvanyi.

L'expert évoque des frustrations de Bakou envers Moscou, qui livre des armes "plus perfectionnées" à Erevan, membre d'une alliance militaire avec la Russie, l'Organisation du traité de sécurité collective.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a critiqué cette "préférence russe pour l'Arménie", pointe l'expert.

Cela étant, Moscou conserve de "nombreux leviers pour les négociations" grâce à des liens économiques conséquents avec Erevan et Bakou, qui possèdent chacun une importante diaspora en Russie.

- L'Iran -

Frontalier des deux belligérants, l'Iran aimerait servir de médiateur. Mais ce rôle est loin d'être acquis.

L'Azerbaïdjan, pays chiite comme l'Iran mais laïc, se méfie du prosélytisme religieux de Téhéran et de ses ambitions régionales. En retour, l'Iran regarde avec appréhension les liens qu'entretient Bakou avec l'importante minorité azerbaïdjanaise vivant dans le nord iranien, par crainte de mouvements nationalistes.

Haut-Karabakh: les combats s'intensifient sur la ligne de front, les civils fuient vers l’Arménie

  Haut-Karabakh: les combats s'intensifient sur la ligne de front, les civils fuient vers l’Arménie Les combats continuent pour le septième jour consécutif, ce samedi, dans le Haut-Karabakh. Les autorités arméniennes assurent que l’Azerbaïdjan a lancé une grande offensive. Touchée à plusieurs reprises la veille par des bombardements azerbaïdjanais, Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, a vécu une nuit plus calme mais les affrontements ont été violents ce samedi sur la ligne de front, selon les autorités arméniennes et séparatistes. LeTouchée à plusieurs reprises la veille par des bombardements azerbaïdjanais, Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, a vécu une nuit plus calme mais les affrontements ont été violents ce samedi sur la ligne de front, selon les autorités arméniennes et séparatistes.

Téhéran voit aussi d'un mauvais oeil la coopération militaire entre Israël et l'Azerbaïdjan.

Pour ces raisons, le pouvoir iranien mise sur une relation privilégiée avec les Arméniens, pourtant chrétiens, participant notamment au développement d'infrastructures routières et gazières pour désenclaver le territoire arménien.

Pour l'analyste géorgien Gela Vasadze, la proposition iranienne de médiation a donc peu de chances d'aboutir.

- L'Occident -

Les principales capitales occidentales ont appelé à la cessation des hostilités. La France et les Etats-Unis sont impliqués depuis près de 30 ans dans la résolution du conflit en tant que co-dirigeants, avec la Russie, du Groupe de Minsk. Sans succès jusqu'ici.

Les opinions publiques américaine et française sont par ailleurs influencées par les importantes diasporas arméniennes vivant dans chaque pays.

Mais il existe aussi un intérêt énergétique pour les Occidentaux qui s'approvisionnent partiellement via des gazoducs reliés à l'Azerbaïdjan, riche en hydrocarbures, où y développent des gisements.

Jean Radvanyi affirme que depuis des années, les Occidentaux ne font "pas vraiment fait pression sur Erevan et Bakou" car leur conflit n'est pas au "sommet des agendas". Reste à voir si le regain de violence va conduire à un activisme diplomatique renforcé.

rco/alf/at

Début des négociations pour le Nagorny Karabakh, mais les combats continuent .
Alors que des discussions doivent avoir lieu entre les chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise, des combats ont encore eu lieu ce vendredi dans le Nagorny Karabakh. 1/12 DIAPOSITIVES © Stringer / Reuters Dégâts de la cathédrale Ghazanchetsots à Shushi, dans le Nagorny Karabakh, le 8 octobre 2020. Dégâts de la cathédrale Ghazanchetsots à Shushi, dans le Nagorny Karabakh, le 8 octobre 2020. 2/12 DIAPOSITIVES © Vahram Baghdasaryan / Photolure / Reuters Dégâts de la cathédrale Ghazanchetsots à Shushi, dans le Nagorny Karabakh, le 8 octobre 2020.

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