Monde: Birmanie. Des violences à Rangoun, Facebook ferme les comptes liés à l’armée

Birmanie: des milliers de Birmans dans les rues, crainte d'une escalade des violences

  Birmanie: des milliers de Birmans dans les rues, crainte d'une escalade des violences La mobilisation anti-junte se poursuit mercredi en Birmanie avec des milliers de manifestants à Rangoun malgré la crainte d'une escalade des violences, le rapporteur de l'ONU ayant été informé de déploiements de troupes dans la ville. Pour le moment, aucune présence significative de militaires et de véhicules blindés n'était visible, d'après des journalistes de l'AFP. Mais le rapporteur des Nations Unies Tom Andrews craint un regain de violences après avoir été informé de l'envoi de soldats "depuis des régions périphériques vers Rangoun".

Des manifestations à Naypyitaw, en Birmanie, ici le 8 février 2021. © STRINGER / REUTERS Des manifestations à Naypyitaw, en Birmanie, ici le 8 février 2021.

Les manifestations sont toujours en cours en Birmanie après le putsch du 1er février. La tension monte à Rangoun et Facebook a annoncé fermer tous les comptes liés à l’armée birmane.

Des militants pro-junte armés de tuyaux et de lance-pierres se sont confrontés ce jeudi 25 février à des habitants de Rangoun dans une soudaine montée de la tension en Birmanie tandis que Facebook a annoncé fermer tous les comptes liés à l’armée birmane.

La colère du peuple birman contre les généraux auteurs du putsch du 1er février secoue le pays, des centaines de milliers de manifestants descendant dans la rue quotidiennement pour réclamer la libération d’Aung San Suu Kyi, ex-cheffe du gouvernement civil et le retour à la démocratie.

Birmanie. La junte continue d’ignorer les condamnations internationales, au lendemain d’un premier décès

  Birmanie. La junte continue d’ignorer les condamnations internationales, au lendemain d’un premier décès Malgré le décès de Mya Thwate Thwate Khaing, une manifestante de 20 ans qui a reçu une balle dans la tête au cours d’une manifestation violemment réprimée, et les sanctions internationales, la junte militaire continue de faire la sourde oreille. Multiplication des arrestations, nouvelle coupure internet : la junte continue ce samedi à faire la sourde oreille aux condamnations internationales au lendemain de la mort d’une jeune épicière, première victime de la répression militaire devenue une icône pour les manifestants pro-démocratie en Birmanie.

Jeudi, des centaines de partisans des militaires, portant des pancartes sur lesquelles était inscrit : « Nous soutenons nos forces de Défense » ont défilé dans le centre de la plus grande ville de Birmanie.

Les autorités leur ont donné accès à l’emblématique pagode Sule, un carrefour clé de Rangoun qui ces derniers jours a été barricadé pour empêcher les manifestants anti-coup d’État de s’y rassembler.

Affrontements

Les riverains ont commencé à frapper sur des casseroles et des marmites, un acte devenu symbole de la résistance anti-junte, pour protester contre la manifestation pro-militaire.

À midi, des affrontements ont éclaté aux abords de la gare centrale de Rangoun.

Des partisans des militaires – certains armés de bouts de tuyaux, de couteaux et faisant usage de lance-pierres – se sont retournés contre les habitants qui les huaient.

Deux morts en Birmanie. La France condamne les violences contre les manifestants

  Deux morts en Birmanie. La France condamne les violences contre les manifestants Paris condamne avec la plus grande fermeté les violences commises par les forces de sécurité birmanes contre les manifestants. Deux personnes ont été tuées ce samedi à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, lors d’affrontements entre la police et des manifestants dénonçant le coup d’État militaire du 1er février et l’arrestation d’Aung San Suu Kyi. Deux personnes ont en effet été tuées dans la deuxième ville de Birmanie lors d’affrontements entre la police est des manifestants dénonçant le coup d’État militaire du 1er février et l’arrestation de la dirigeante élue Aung San Suu Kyi.Lire aussi : Coup d’État en Birmanie.

« Ils nous ont visés avec des lance-pierres depuis une voiture… une dizaine de personnes ont été blessées à la tête », a raconté à l’AFP Aung Zin Lin, 38 ans, qui vit à proximité.

Surpassant en nombre les partisans des militaires, les habitants ont riposté et en ont arrêté certains qui étaient équipés de matraques, de couteaux de poche et de frondes, a-t-il dit.

Lorsque la police est arrivée, des femmes et des enfants se sont tenus par le bras pour constituer un bouclier humain, craignant que les forces de l’ordre ne tentent d’arrêter des habitants.

Mais après un moment de tension, la police a finalement écarté les assaillants.

« Ce sont des brutes »

« Je pense qu’ils (les partisans de l’armée) ont le droit de protester mais ils n’auraient pas dû utiliser d’armes », a déclaré à l’AFP Zaw Oo, blessé aux côtes dans les affrontements.

« Ce sont des brutes » a-t-il ajouté.

Des images de caméras de surveillance circulant sur les réseaux sociaux montraient un homme armé d’un couteau poursuivant des habitants dans le centre-ville.

Les Birmans sous le choc au lendemain des violences les plus meurtrières depuis le coup d'État

  Les Birmans sous le choc au lendemain des violences les plus meurtrières depuis le coup d'État Près de trois semaines après le putsch du 1er février, la mobilisation pro-démocratie ne faiblit pas en Birmanie, où les forces de sécurité ont ouvert le feu samedi sur des manifestants, faisant deux morts. Plusieurs milliers de protestataires défilaient encore dimanche, alors que le pays se prépare aux funérailles de la première victime de la répression militaire. La Birmanie se prépare, dimanche 21 février, aux funérailles de la première victime de la répression militaire.

Autour des principales artères de circulation, les habitants de Rangoun brandissaient des poignées de billets au passage des militants pro-militaires, les accusant d’être payés par l’armée pour manifester.

Plus loin dans la ville, sur le campus verdoyant de l’Université de Rangoun, les étudiants ont défilé pacifiquement, portant les drapeaux rouges de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi.

La lauréate du prix Nobel de la paix, 75 ans, tenue au secret depuis son arrestation, est inculpée pour des motifs non politiques, accusée d’avoir importé « illégalement » des talkies-walkies et d’avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes naturelles. Une audience est prévue le 1er mars.

Jeudi, Facebook a annoncé avoir fermé tous les comptes restants liés à l’armée birmane, en raison de l’utilisation par la junte de « violences meurtrières » contre les manifestants pro-démocratie.

La Banque Mondiale suspend ses aides

« Les événements depuis le coup d’État du 1er février, y compris des violences meurtrières, ont précipité la nécessité de cette interdiction », a expliqué Facebook dans un communiqué.

Birmanie : intenses pressions sur la junte, poursuite des manifestations

  Birmanie : intenses pressions sur la junte, poursuite des manifestations Les États-Unis, l'Union européenne et le G7 ont adopté des sanctions pour condamner les violentes répressions du régime à l'encontre des manifestants, qui étaient toujours massivement mobilisés en Birmanie, mardi, contre le coup d'État. La pression continuait de s'accentuer sur la junte birmane, mardi 23 février. Le G7, les États-Unis et l'Union européenne ont adopté des sanctions contre le recours à la force des généraux tandis que desLa pression continuait de s'accentuer sur la junte birmane, mardi 23 février. Le G7, les États-Unis et l'Union européenne ont adopté des sanctions contre le recours à la force des généraux tandis que des manifestations massives se poursuivent depuis le coup d'État du 1er février.

Les pages des institutions gouvernementales désormais gérées par la junte ne sont pas affectées.

« Cette interdiction ne couvre pas les ministères et agences du gouvernement engagés dans la fourniture de services publics essentiels », dit le communiqué.

Depuis le début du mois de février, la police a utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc contre les manifestants. Des tirs isolés à balles réelles ont également eu lieu.

Le nombre de morts depuis le coup d’État est monté à cinq mercredi, après le décès d’un homme de 20 ans qui a succombé à ses blessures à Mandalay (centre).

L’armée de son côté a signalé qu’au moins un policier avait trouvé la mort.

De nouvelles sanctions contre la junte ont été décidées jeudi. La Banque mondiale a annoncé suspendre toutes ses aides à la Birmanie, qui se sont élevées à environ 900 millions de dollars en 2020.

Les montants demandés par le pays depuis le 1er février, date du putsch, ne seront pas honorés, a écrit l’organisme international dans un courrier que l’AFP s’est procuré.

« La banque peut également demander le remboursement des fonds qu’elle estime ne pas être nécessaires pour le moment pour la réalisation des projets », a averti Mariam Sherman, directrice de la Banque mondiale en Birmanie.

Birmanie : nouvelles manifestations, appel à un embargo sur les armes .
Le Rapporteur spécial de l'ONU a appelé à imposer « un embargo mondial » sur les livraisons d'armes aux militaires alors que la répression se poursuit.Dans un rapport rendu public jeudi, Thomas Andrews, un expert indépendant mandaté par l'ONU, souligne que « même si l'avenir de la Birmanie est déterminé par son peuple, la communauté internationale doit agir de manière urgente et décisive pour le soutenir ».

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