Cuisine: Psychologie & alimentation : qu'est-ce qu'un mangeur compulsif ?

Régime cétogène, régime low carb : connaissez-vous vraiment la différence ?

  Régime cétogène, régime low carb : connaissez-vous vraiment la différence ? Régime cétogène, keto, low carb… Ces termes, qui semblent synonymes, désignent pourtant des diètes bien différentes. Si elles consistent à diminuer, pendant un temps, la consommation de glucides, elles ne reposent pas sur les mêmes mécanismes. © iStock Une assiette de recettes cétogènes. Les diètes low carb et cétogènes ont un point commun : elles consistent à réduire les glucides, essentiellement au profit des lipides. Seulement, si elles sont souvent confondues, certaines subtilités les différencient.

Parfois on se dit qu’on est gourmand, mais ça peut aussi aller au-delà et se transformer en compulsion alimentaire. Pour y voir plus clair sur cet état de « mangeur compulsif », on a demandé à Isabelle Siac, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, de nous éclairer.

Bip Bip et Coyote © Pictorial Press Ltd / Alamy / Abaca Bip Bip et Coyote

Souvenez-vous, on vous a déjà parlé des différents types de mangeurs : internes, externes, restreints, et intuitifs. Chacun ayant un profil à part. Pourtant, la compulsion alimentaire est un phénomène particulier qui peut toucher n’importe quel type de mangeur. Aussi « sérieux » soit-il !

garçon, 12, seulement mangé pain blanc et munch yaourts de bunch

 garçon, 12, seulement mangé pain blanc et munch yaourts de bunch © Fourni par courrier quotidien mailonline logo Un écolier a passé plus de dix ans de plus que de la vie de pain blanc et de munch yaourts avant d'être diagnostiqué avec une phobie alimentaire . Ashton Fisher, 12 ans, de Norfolk, deviendrait peur et pleurerait s'il était nourri autre que les Warburtons tranchés du pain blanc et de la fraise et des yaourts de bouchons de bouchons.

Qu’est-ce qu’un mangeur compulsif ?

Isabelle Siac. C'est du même ordre que les joueurs compulsifs, c'est quand on ne peut pas s'empêcher de manger, que la pulsion est plus forte. Est-ce que ça amène forcément à beaucoup manger ? Un peu. La pulsion étant, par définition, imprévisible, elle n’arrive pas forcément quand on a faim, ni sur des aliments recommandables.

Comment se traduit la compulsivité alimentaire ?

IS. Quand le mangeur compulsif passe devant une boulangerie, ou un supermarché, c'est comme s'il y avait un gâteau au chocolat qui lui faisait de grands signes et lui disait « Viens me manger, tu vas voir comme c'est bon ». Ce sont des clignotants qui s'allument, se connectent avec la pulsion et l'excitation à l'idée de manger.

Bien manger à la cantine: ces communes ont relevé le défi

  Bien manger à la cantine: ces communes ont relevé le défi Déjà la rentrée et pour des millions d'élèves, le retour à la cantine. De nombreuses collectivités ont relevé le défi de leur proposer des repas sains, variés et équilibrés. Viande caoutchouteuse, légumes baignant dans une sauce figée, desserts industriels... Chacun a le souvenir de plats peu appétissants à la cantine. Même des députés s'en sont émus dans un rapport en 2018, demandant l'amélioration de la qualité nutritionnelle des repas en milieu scolaire et plaidant pour une alimentation saine, comportant moins de produits transformés.

Comme pour ceux qui ont des péchés mignons, les mangeurs compulsifs ont des aliments qui les excitent particulièrement.

Comment différencier la compulsion de la gourmandise ?

IS. La gourmandise ne s’apparente pas à la pulsion irrépressible, la gourmandise c'est aimer des choses différentes, ça ne se porte pas sur quelque chose en particulier. Être gourmand, c'est aimer manger. La compulsion, elle, se concentre sur un type d'aliments. Il y a des gens qui ont des compulsions avec de la viande, d’autres des gâteaux ou certains bonbons.

Quelles peuvent être les conséquences néfastes sur la santé ?

IS. On peut être un mangeur compulsif sans forcément être boulimique. La boulimie, c'est une pathologie qui est balisée en termes symptomatiques : c'est le « binge eating » ça consiste à manger beaucoup en un temps limité.

La compulsion alimentaire, en général, se traduit par ce qu'on appelle l’hyperphagie, c'est-à-dire trop manger de manière globale, ce qui peut entraîner de la prise de poids, etc.

Joueur de rugby français banni pendant six mois sur «Mangeur de bananes» Commentaires racistes

 Joueur de rugby français banni pendant six mois sur «Mangeur de bananes» Commentaires racistes Joueur de rugby de rugby français Ludovic Radosavljevic a été interdit jeudi pendant 26 semaines pour abuser racial d'un joueur camerounais dans le second niveau PROD2. © Remy Gabalda Ludovic Radosavljevic a remporté le top 14 français avec Castres en 2018 Radosavljevic de Rugby de Provence 2018, 32 ans, a reconnu avoir abusé de l'ailier camerounais d'ailier christian Ambadiang et ne sera pas capable de jouer avant le 25 avril 2022.

Il y a aussi les gens qui gèrent ça par des vomissements ou des périodes de restriction. Mais dans ce cas-là, on n’est plutôt dans l'ordre de la pathologie, du trouble du comportement alimentaire. La compulsion alimentaire ne dérive pas systématiquement en trouble du comportement alimentaire (TCA). Malheureusement, ça peut être une porte d'entrée au TCA.

Quelles sont les causes de cette dépendance à la nourriture ou à un type d'aliments ?

IS. La compulsion alimentaire est toujours associée à une émotion. On ne naît pas tous égaux. Il y a des gens qui ont un rapport à l'oral, au fait de manger, particulier. C’est leur côté enfantin qui reste. Manger les rassure, leur fait du bien. Il y a des gens pour qui la compulsion porte sur un aliment particulier parce que c'est associé à une émotion de leur enfance. Pas forcément au manque. Au contraire, ça peut être un souvenir très positif. Comme l’histoire de la madeleine : à chaque fois qu’on en mange, ça fait du bien, ça rassure.

En termes de mécanismes psychologiques, l’hyperphagie comble un vide intérieur, alors que la compulsivité réactive des émotions d'enfance. La compulsion peut être positive, et n’est pas systématiquement pathologique. Elle répond à un besoin. On n'est pas compulsif pour le plaisir d'être compulsif !

eu un mangeur difficile à la maison? Ce livre d'activité mignon peut être ce que le médecin a commandé

 eu un mangeur difficile à la maison? Ce livre d'activité mignon peut être ce que le médecin a commandé © Stephan Guittet Soulevez votre main si vous avez déjà caché les épinards de votre enfant quelque part dans une cuillerée à la cuillerée de leur plat de pâtes préférées. (Hey, ils ont besoin de manger leurs verts, non?) Ou si votre enfant en bas âge a sous-visé sur Cheerios pour le dîner plus de fois que vous ne pouvez compter. Une alimentation difficile est courante, experts nous disent , mais cela ne le rend pas moins frustrant pour les parents en traitant.

Le manque, c'est un autre type de compulsion, ça comble un vide, ce n'est pas du même ordre. Ça a des conséquences néfastes quand ça remplit un vide. C'est comme remplir un puits sans fond. Là, ça devient pathologique. Ce qu’il faut traiter, c'est cette sensation de vide intérieur. Ceux qui arrivent à s’arrêter sont des hyperphagiques à peu près « normaux », et ceux qui n’y arrivent pas sont des hyperphagiques boulimiques.

Quand on est mangeur compulsif, n’a-t-on qu’un seul type de compulsion ?

IS. La compulsion alimentaire s’accompagne souvent d’autres compulsions : alcool, cigarette, achats… Le remplissage concret fait office de remplissage affectif, la personne ayant beaucoup de mal à se laisser nourrir affectivement. Sa terreur de la dépendance affective se « déporte » sur des objets qu’elle peut contrôler totalement. Mais la dépendance est ainsi entretenue : tant que la compulsion remplit cette fonction (assouvir le manque affectif par des choses qu’on peut contrôler), elle ne peut pas cesser. C’est la spirale de l’addiction.

Parlez-nous davantage du vide intérieur.

IS. La peur du vide intérieur se réfère à une difficulté de conscience de soi (innée ou acquise) : il faut que le corps soit actif (qu’il digère, fasse du sport, travaille…) pour qu’on se sente exister. Du coup, les « vraies » sensations du corps (faim, fatigue, lassitude…) sont d’autant plus mal perçues : parce qu’à la base on ne les reconnaît pas, et que les stratégies mises en place pour exister les écrasent.

Alimentation: savoir déchiffrer les étiquettes

  Alimentation: savoir déchiffrer les étiquettes Avec leurs messages attractifs et souvent trompeurs, les étiquettes de nos produits alimentaires méritent d’être lues avec soin. Your browser does not support this video Nom et origine du produit, liste des ingrédients, valeurs nutritionnelles… Les produits alimentaires préemballés doivent respecter un étiquetage obligatoire. Ces informations ne sont pas toujours faciles à décrypter pour le consommateur. D’autres mentions – allégations santé ou nutritionnelles… sont, elles, à la discrétion du fabricant, et ont parfois tendance à nous rouler dans la farine.

J’en reviens à l’alimentation intuitive : de même que faim et satiété sont des régulateurs qu’il faut perturber au minimum, écouter ses papillons dans le ventre vaut mieux que de les étouffer.

Comment contrôler ces crises ?

IS. Il y en a qui pratiquent un sport et se dépensent pour compenser. Il y en a qui font attention et savent quel aliment les excite, ils essayent donc de se contrôler. Par exemple, le pain est un aliment qui est très sujet à compulsion alimentaire. Vous en mangez un petit peu, c'est hyper bon et là, ça y est, je pense à la fameuse phrase « foutu pour foutu » et je m'enfile la baguette.

Il y a des gens qui naissent avec une excitation particulière concernant l'alimentation, on voit ça même chez les bébés. Il y a des bébés qui sont de gros mangeurs et d'autres que ça n’intéresse pas tellement. Il y a aussi des environnements qui sont très nocifs. Par exemple, certains parents font trop attention à ce que leurs enfants mangent. Mais les enfants qui sont élevés avec une espèce d’hyper-vigilance, sont soumis à un bon terrain de mangeur compulsif et aux troubles alimentaires, parce que c’est surinvesti. L’alimentation devient un truc trop important. Il y a un interdit, du coup c’est encore plus excitant.

Vers qui se tourner, quel traitement ?

IS. Je conseille les thérapies comportementales et cognitives : on n'a pas encore fait mieux en matière de troubles du comportement alimentaire. Et les régimes, dans ce cas, ne servent à rien. Il y a des gens qui peuvent avoir une alimentation tout à fait saine, avec trois repas par jour, et complètement vriller entre les repas ou se faire des gros apéros.

Hot Dog Manger Champion Joey Chestnut Heads à LSU pour la pizza Manger Concours

 Hot Dog Manger Champion Joey Chestnut Heads à LSU pour la pizza Manger Concours Joey Chestnut a un grand appétit. Le mangeur professionnel est surtout connu pour avoir remporté le célèbre concours de restauration de Hot Dog Dog Dog Dog ANNUEL 14 fois. Si vous avez accordé dans la spéciale sur ESPN en dernier jour de l'indépendance, vous savez peut-être que la châtaigne a gobbled 76 Franks (Bun Inclus!) En seulement 10 minutes.

La compulsion est un mélange de comportement, d’idées, et d’émotions associées. Elle n’a évidemment jamais rapport avec la faim, c’est vraiment un besoin affectif.

Comment changer son rapport à l'alimentation ?

IS. Il faut traiter à la fois le symptôme et ce qu’il y a en dessous. Traiter le symptôme en aidant les gens à trouver des stratégies pour limiter la compulsion. Chacun peut trouver des stratégies mais il n’y a pas une seule stratégie qui marche pour tout le monde.

Et puis il faut traiter le sous-jacent, soit c'est plutôt d'ordre positif et à ce moment-là, c'est plus facile et ça permet d’apaiser les choses. Mais si c'est pour combler le vide, on va plutôt se tourner vers un travail de psychothérapie.

Je vous donne un exemple de stratégie : j’ai une patiente qui ne pouvait pas s'empêcher d'acheter une variété précise de bonbons quand elle allait faire ses courses au supermarché. Comme elle culpabilisait, elle les mettait au fond de son placard quand elle rentrait – si elle arrivait à ne pas les manger. Mais quand c’était dans son placard, c’était encore plus excitant et elle n’arrivait pas à tenir. Je lui ai proposé d’essayer de laisser le sachet en évidence sur la table pour voir ce que ça donnerait. Sous-entendu, vous pouvez le prendre quand vous voulez, le paquet ne va pas s'envoler. Dans la compulsion, il y a cet état complètement inconscient « il faut que je le mange tout de suite, sinon il va partir, et je n’en aurai plus ». Finalement, en l’ayant en permanence sous le nez en se disant qu’elle pouvait en manger quand elle voulait, c'est spectaculaire, mais ça a arrêté sa compulsion. C’était fini !

J’ai une autre patiente qui appelait une copine ou sa mère quand elle sentait la compulsion arriver. Elle avait même un code avec sa mère, elle envoyait un message et sa mère la rappelait tout de suite, ça détournait son attention.

Un préjugé à ne plus avoir concernant la compulsion ?

IS. La compulsion alimentaire n'a rien à voir avec l’image qu’on s’en fait souvent. Ça peut concerner tout le monde. Vous avez des gens mariés avec leurs enfants, un couple stable, une famille aimante, mais ils ont des compulsions. Ce n'est pas l'image du ou de la célibataire qui mange sans pouvoir s'arrêter. La compulsion alimentaire, tout ce qui touche, à l'alimentation, à l'oralité, ce sont des comportements archaïques qui résonnent avec le petit enfant qui est en nous.

Retrouvez tous les conseils d’Isabelle Siac sur son site http://troublesalimentaires.net

Emmerdale à revisiter le désordre de l'alimentation de Priya Kotecha Storyline .
Votre navigateur ne prend pas en charge cette vidéo Emmerdale Spoilers Suivre. Emmerdale est défini sur Revisiter le trouble de l'alimentation de Priya Kotecha dans des scènes à venir, alors qu'elle lutt pour faire face à sa participation dans le récent maïs Maze Fire . © ITV Emmerdale à revenir sur les troubles de l'alimentation de Priya Kotecha Les insécurités de Priya sur les cicatrices qu'elle a subies dans le feu de labyrinthe lui causent l'inquiétude.

Voir aussi